Steven Butler est déçu et désolé

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C'était censé être le combat de la confirmation pour le jeune Steven Butler. Le Montréalais s'est plutôt retrouvé, samedi soir au Centre Bell, au coeur d'une des soirées de boxe les plus rocambolesques à avoir eu lieu au Québec.

Hier, le boxeur de 21 ans digérait encore très mal sa première défaite en carrière. Il s'est par ailleurs dit désolé pour un geste commis à l'endroit de son adversaire, Brandon Cook. La Régie des alcools, des courses et des jeux va d'ailleurs enquêter sur le coup de Butler survenu juste après l'arrêt du combat.

«Tout s'est passé très vite et avec beaucoup d'adrénaline», a expliqué Butler en entrevue avec La Presse.

L'arbitre Marlon Wright a arrêté le combat au septième round après une chute au tapis du Montréalais. Le combat fini, plutôt que de retourner dans son coin, le boxeur, qui semblait dans les vapes, s'est dirigé vers Cook et l'a bousculé.

Au même moment, des spectateurs sur le parterre ont lancé des objets sur le ring. Cook a été atteint. Des bagarres ont éclaté. Deux personnes ont été arrêtées et quatre ont été conduites à l'hôpital pour des blessures mineures.

«Je ne sais pas si c'est à cause de l'adrénaline, mais je ne savais pas que le combat était fini. À mes yeux, le combat continuait. Je le voyais devant moi et je l'ai bousculé. Mon entraîneur m'a crié que le combat était fini, alors j'ai arrêté.»

«Je n'étais pas sûr. L'arbitre a mis fin au combat, mais il m'a laissé là. D'habitude, il te ramène au coin, il te raccompagne», a ajouté Butler, qui dit être allé s'excuser à Cook après le combat.

Tout comme son promoteur, Camille Estephan, Butler a par ailleurs dénoncé les gestes de certains partisans qui ont lancé des bouteilles et un seau à glace sur le ring. «C'est inacceptable. Ça donne une mauvaise image de la boxe», a dénoncé le boxeur.

La Régie enquête

Ce genre de coup après la fin d'un combat est bien sûr interdit. La Régie a confirmé hier qu'elle allait revoir le geste et déterminer si des sanctions sont de mise.

«Je vais faire un rapport au contentieux de la Régie, qui va analyser les faits. Je vais parler aux témoins, à des gens qui ont vu ce qui s'est passé, a précisé le responsable des sports de combat à la Régie, Michel Hamelin. Le contentieux va décider s'il y a matière à convocation. Si c'est le cas, Steven Butler pourra présenter sa version des faits. Mais on n'est pas rendus là encore.»

Si la Régie estime qu'il doit être puni, Butler pourrait être suspendu. Dans un cas similaire en 2009, l'entraîneur Howard Grant avait essuyé une suspension de trois mois. La Régie lui avait reproché d'avoir poussé un arbitre, le même Marlon Wright qui officiait le combat de Butler.

À l'époque, Grant entraînait Librado Andrade. C'était le soir du fameux long compte de dix à Lucian Bute, à la fin du douzième et dernier round de leur premier combat. Grant, furieux que l'arbitre n'ait pas arrêté le match, avait poussé Wright. Il avait ensuite qualifié la victoire de Bute de «vol». Ironie du sort, Grant est aujourd'hui l'entraîneur de Bute.

«Je ne l'ai pas knocké, je l'ai poussé. Ce n'était pas pour mal faire», se défend Butler.

Brandon Cook a conservé samedi son titre NABA... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 2.0

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Brandon Cook a conservé samedi son titre NABA des super mi-moyens en plus de ravir la ceinture nord-américaine de l'IBF que détenait Steven Butler.

Photo Bernard Brault, La Presse

Encore confiant

Le Montréalais a dit respecter la décision de Wright d'arrêter le combat, même s'il croyait être en mesure de continuer.

«Je suis convaincu que j'aurais pu continuer. J'aurais eu une minute de repos parce que le round finissait, j'aurais pris le huitième round plus calmement, j'aurais bougé beaucoup et je serais revenu plus fort ensuite», a-t-il dit.

Butler était en avance sur les cartes des juges au début du septième round. «C'était un lucky punch. Je gagnais le combat haut la main, à mon avis», a lancé Butler, même si la plupart des observateurs ont vu un duel beaucoup plus serré.

Il dit avoir subi une baisse d'énergie à partir du quatrième round. «J'ai fait un bon camp d'entraînement, j'ai fait de bons sparrings de 12 rounds. Mais là, hier, après quatre rounds, j'ai manqué de jus, a-t-il expliqué. Je ne comprends pas pourquoi, parce qu'il ne me mettait pas tant de pression que ça. Ça allait à mon rythme, c'était facile, trop facile même.»

Le jeune boxeur veut maintenant garder le cap. Il dit avoir encore confiance en la possibilité de devenir champion du monde. «On devra faire des ajustements. Mais je ne compte pas changer mon entraîneur ou mon promoteur, assure Butler. On perd en équipe et on va finir par gagner en équipe.»




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