Alexandra Lojen: du feu dans les yeux

Passeuse des Carabins de l'Université de Montréal, Alexandra... (Photo : Bernard Brault, La Presse)

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Passeuse des Carabins de l'Université de Montréal, Alexandra Lojen a subi deux fois en cinq ans une déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche.

Photo : Bernard Brault, La Presse

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«Je n'ai jamais été aussi contente de me faire «varloper». Après la rencontre dans le vestiaire, j'ai ressenti beaucoup d'émotions: j'ai ri, j'ai pleuré. Je ne pensais pas revivre ça...»

Il y a quelques semaines, Alexandra Lojen est revenue au jeu avec l'équipe de volleyball de l'Université de Montréal. Un peu plus d'un an après avoir subi une déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche, l'athlète-étudiante et ses coéquipières des Carabins ont subi une défaite de 1-3 contre le Vert & Or de l'Université de Sherbrooke.

On l'a vu, le résultat n'a pas empêché Alexandra de fêter son retour au jeu. Retrouver le plaisir de jouer à un haut niveau, elle n'y croyait plus vraiment... «J'avais fermé des portes dans ma tête afin de ne pas être trop déçue, et ces portes se sont rouvertes», a expliqué la passeuse de 24 ans.

«Sur le coup, j'étais tout simplement heureuse d'être sur le terrain, avec mes amies. À Sherbrooke, on a mal joué et on a été dominées, mais cela n'a pas enlevé le sourire de mon visage!»

En fait, il faut savoir qu'Alexandra avait déjà subi une blessure identique, quatre ans plus tôt, lors de sa première saison avec les Carabins. Revenir au jeu après une telle déchirure ligamentaire est toujours problématique, mais une deuxième intervention chirurgicale est encore plus complexe et la rééducation est d'autant plus longue.

Longue route

En 2007, elle n'était qu'une recrue. Le diagnostic avait été long à tomber et Lojen avait raté pratiquement toute la saison. Toujours blessée, elle n'avait fait qu'un bref retour lors de la demi-finale du Championnat canadien pour secouer ses coéquipières et les aider à passer en finale, où elles ont finalement mis la main sur la médaille d'argent.

«Cela n'a pas été facile, mais j'étais encore un peu naïve: je pensais que ça redeviendrait comme avant et que je pourrais rapidement retrouver ma place, s'est souvenue Alexandra, la semaine dernière en entrevue. Cela a heureusement été le cas la saison suivante. J'ai pu jouer sans aucun ennui physique pendant trois saisons.»

Joueuse par excellence

La brillante étudiante en droit en a profité pour accumuler les honneurs, aussi bien sur le plan sportif que scolaire. Joueuse par excellence au Québec, deux fois dans la première équipe d'étoiles canadiennes, deux fois sélectionnée pour les Universiades, elle a aussi été nommée dans le top 8 académique du SIC.

L'automne dernier, alors qu'elle se préparait pour ce qui devait être sa dernière saison de volleyball, elle a ressenti une douleur après avoir fait un mouvement en apparence anodin. «J'ai tout de suite compris ce que c'était, a-t-elle expliqué. Comme la saison n'était pas officiellement commencée, j'ai pu conserver ma dernière année d'éligibilité. Il s'en est fallu de peu, mais j'ai pu reprendre ma place cette saison.»

Chaudes luttes

Le calibre de jeu progresse sans cesse au volleyball universitaire féminin et les Carabins (10-4) doivent affronter des rivales coriaces à Laval (12-2) et Sherbrooke (11-3). À la pause des Fêtes, le classement est serré. Le Vert & Or est de son côté déjà assuré d'une place aux championnats canadiens puisque l'équipe accueillera la compétition. Il n'y a donc qu'une place potentielle à prendre pour les autres équipes.

«Je suis revenue pour cette dernière saison parce que j'avais l'impression de ne pas avoir accompli tout ce que je voulais avec les Carabins, a noté Alexandra. Dans mon esprit, nous avons le potentiel pour très bien faire cette saison.»

«Je nous vois très bien remporter le titre provincial pour le championnat national. Pour l'instant, c'est un objectif personnel, mais j'espère que les autres filles de l'équipe vont aussi en faire leur objectif et que nous travaillerons toutes en ce sens. La lutte sera vive, c'est certain, et je ne ris plus après les défaites!»

Au volleyball, la passeuse est un peu le cerveau de l'équipe, celle qui détermine les stratégies en attaque et contrôle le rythme du jeu. En plus de sa taille (1,81 m) et de ses qualités athlétiques, Alexandra a évidemment la tête et la personnalité pour exercer ce rôle.

Après un baccalauréat réussi avec brio, elle a amorcé une maîtrise en droit international. «Je vais prendre une pause dans ma maîtrise après Noël pour aller faire mon barreau, explique-t-elle. Je ne voudrais pas attendre trop longtemps avant de régler ça.

«Par la suite, tout dépendra de cette saison. Je suis encore jeune et j'aimerais peut-être vivre l'expérience du volleyball professionnel en Europe. Je sais que ce n'est pas évident de s'adapter à certaines situations, avec des joueuses et des entraîneurs de plusieurs pays qui ne parlent pas tous la même langue, mais ce serait un beau défi...»

Et les défis, justement, Alexandra s'en fait maintenant une spécialité.

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