La pression monte à trois jours du coup d'envoi

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Des soldats ont été déployés un peu partout à travers le pays pour surveiller les stades de soccer et leurs alentours.

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Natalia RAMOS, Laurent THOMET
Agence France-Presse
Sao Paulo

La pression monte au Brésil à trois jours du coup d'envoi du Mondial à Sao Paulo, où la police a dispersé lundi avec des gaz des manifestants soutenant la grève du métro qui sème le chaos dans la mégapole.

Cette grève à l'origine d'embouteillages monstres menace de provoquer jeudi une belle pagaille dans la mégapole de 20 millions d'habitants pour le match d'ouverture Brésil-Croatie alors que les yeux du monde entier sont braqués sur le Brésil.

Au moins un milliard de téléspectateurs suivront le match auquel assisteront le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et onze chefs d'États dans un stade où les ouvriers s'affairent toujours aux dernières finitions.

Or lundi, après cinq jours d'une grève déclarée la veille illégale par la justice, le bras de fer entre les grévistes et le gouvernement de Sao Paulo s'est durci.

Alors que les sélections affluent au Brésil, la police a dispersé dans la matinée environ 150 manifestants soutenant la grève, qui avaient enflammé des pneus pour bloquer une des principales avenues de la ville.

Les protestataires, dont de nombreux «Sans Toit», se sont regroupés. En fin de matinée, un millier de personnes ont défilé aux cris de «Il n'y aura pas de Coupe, il y aura la grève!», accompagnés de tambours brésiliens et de vuvuzelas.

La direction du métro a licencié 60 grévistes «qui commettaient des actes de vandalisme, empêchaient physiquement (les non grévistes de travailler) et incitaient la population à sauter les tourniquets».

Une décision jugée «inadmissible» par le président du syndicat des employés du métro Altino Melo dos Prazeres.

«Cela va faire empirer la tension. Je ne pense pas que le gouvernement veuille gâcher la Coupe du monde. Nous voulons résoudre le problème. Je suis un fan de football, j'aime Neymar», a-t-il déclaré à l'AFP.

Plan anti-hooligans

Quelque 3000 grévistes étaient réunis dans la soirée en assemblée générale pour décider de la suite de leur mouvement.

Une réunion tendue a auparavant eu lieu entre leurs représentants et le gouverneur de Sao Paulo, Geraldo Ackmin, inflexible.

«C'est une affaire résolue, a-t-il affirmé. «Le tribunal du travail a jugé la grève abusive et même fixé un amende pour infraction. Il a même avalisé l'offre d'augmentation de (la direction du) métro. Ceux qui reprendront le travail ne seront pas licenciés».

Parallèlement à Brasilia, des représentants des polices des 32 pays qualifiés ont commencé à travailler dès lundi au Centre international de coopération policière pour le Mondial.

La police brésilienne va empêcher l'entrée dans le pays de 2100 supporteurs argentins, considérés comme violents et interdits de stade dans leur pays.

Le cas des hooligans européens, anglais, belges ou allemands ne se posera pas «car ils sont empêchés de quitter leur pays, leurs passeports ayant déjà été confisqués», a assuré à l'AFP le chef délégué d'Interpol Brésil, Luiz Eduardo Navajas.

Plus au sud, 77 villes de l'État du Parana ont été déclarées en état d'urgence en raison de pluies diluviennes qui ont fait neuf morts, six disparus et provoqué d'impressionnantes inondations.

Dans la capitale de cet État, Curitiba, l'une des douze villes hôtes du Mondial où l'équipe d'Espagne a pris ses quartiers dimanche, a été relativement épargnée. Cependant, 15 000 personnes ont eu, selon TV Globo, leur maison inondée.

Klose fêté par les Pataxos

Le Brésil enregistre l'arrivée des dernières équipes. Outre le Costa Rica, les États-Unis, l'Argentine et l'Uruguay, les Français sont arrivés lundi soir à leur camp de base de Ribeirao Preto, à 320 km de Sao Paulo, sans Franck Ribéry mais le moral au beau fixe après leur festin de buts contre la Jamaïque (8-0) dimanche à Lille en amical.

Entre deux entraînements, les joueurs des 32 équipes engagées dans le tournoi découvrent peu à peu les charmes du Brésil.

Les Néerlandais sont devenus les coqueluches de la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, où ils se promènent régulièrement souriants et décontractés.

A des milliers de kilomètres de là, l'attaquant allemand Miroslav Klose a fêté un 36e anniversaire exotique à Santo André: des Indiens Pataxos vêtus de tresses végétales, coiffures de plumes, arcs, ont dansé et chanté autour de l'avant-centre.

Par précaution, la police avait confisqué leurs flèches.




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