La question des hooligans russes tourne à l'incident diplomatique

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L'interpellation de 43 supporters russes, dont onze ont depuis été remis en liberté, a provoqué mercredi des tensions entre Moscou et Paris.

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Thierry MASURE, Maxime POPOV
Agence France-Presse
Lille et Moscou

Six Russes impliqués dans les violences de samedi à Marseille en marge de l'Euro-2016 ont été interpellés dans le Nord, ont annoncé les autorités françaises mercredi soir, au terme d'une journée marquée par des tensions diplomatiques autour d'autres supporters interpellés mardi.

Ces six interpellations ont été menées grâce à la «coopération entre les services de la police de Marseille et ceux de Lille», a indiqué dans un communiqué les autorités du nord quelques heures après le match Russie-Slovaquie (1-2) à Lille.

C'est à ce match qu'allaient se rendre 43 autres supporters russes lorsqu'ils ont été arrêtés mardi à Mandelieu-la-Napoule (sud de la France), dans l'enquête sur les graves violences de samedi. Ils y résidaient après avoir assisté à Angleterre-Russie à Marseille, en marge duquel les affrontements ont eu lieu.

L'interpellation de ces 43 premiers supporters russes, dont onze ont depuis été remis en liberté, a provoqué mercredi des tensions entre Moscou et Paris.

C'est «un incident absolument inadmissible», a tonné le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant la Douma (chambre basse du Parlement).

En déplacement en Allemagne, son homologue français, Jean-Marc Ayrault, a assuré en fin de journée que les supporters russes étaient soumis aux mêmes règles que les autres et que «la justice française (les) traite de la même façon». «Il s'agit de ne montrer personne du doigt, aucun pays en particulier», a-t-il insisté.

Ambassadeur convoqué 

Moscou a également convoqué l'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, pour protester. «L'attisement des sentiments antirusses (durant l'Euro) est susceptible d'aggraver considérablement l'atmosphère des relations franco-russes», a menacé le ministère des Affaires étrangères après cette convocation.

Les 43 Russes interpellés ont été placés en garde à vue puis transférés à Marseille mardi. Onze ont été remis en liberté et les trente-deux autres étaient toujours en garde à vue mercredi après-midi, pour un maximum de 48 heures.

Alexandre Chpryguine, président de l'Association des supporters russes et collaborateur du député Igor Lebedev, membre du parti d'extrême droite LDPR, affirme être parmi eux, mais sa présence n'a jamais été confirmée par les autorités françaises.

Chpryguine a multiplié les tweets rageurs mardi pour dénoncer une arrestation abusive. Cet homme, qui a déjà été vu en compagnie du président Vladimir Poutine, a été photographié par le passé en train de faire un salut nazi en compagnie d'un rocker d'extrême droite russe.

Les hooligans russes, «extrêmement entraînés» selon les autorités, étaient en première ligne lors des rixes à Marseille samedi, mais aucun n'avait été arrêté, ce qui a valu des critiques aux forces de l'ordre. La France, elle, a reproché à la Russie de les avoir laissé quitter le pays pour aller à l'Euro.

Les craintes de nouvelles violences étaient vives avant Russie - Slovaquie. Plus de 3900 agents étaient mobilisés mercredi dans le département du Nord dont plus de 1900 policiers de la sécurité publique, des CRS et des gendarmes.

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En fin de journée, une heure après le match, des échauffourées qui ont fait au moins un blessé ont éclaté entre supporters britanniques et forces de l'ordre dans le centre de Lille (photo ci-contre), mais sans commune mesure avec les graves violences de Marseille.

Gaz lacrymogènes 

Des CRS en grand nombre ont chargé des groupes de supporters britanniques et ont utilisé des gaz lacrymogènes. Ces Britanniques sont là pour Angleterre-pays de Galles, autre match à risques qui se déroulera jeudi à Lens, à une trentaine de km de Lille.

Un journaliste de l'AFP a vu un homme étendu au sol devant la gare, sans qu'on sache si cet incident était lié aux violences. Des secouristes lui prodiguaient un massage cardiaque. La tension est ensuite retombée en début de soirée.

De premiers heurts avaient déjà eu lieu mardi en fin d'après-midi. Parmi les personnes interpellées mardi, trois Russes et un Ukrainien font l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière, selon la préfecture. Deux ont été interpellés à cause des heurts, les deux autres pour détention d'arme.

«Seize personnes ont été interpellées au total» mercredi dans le nord, en lien avec le déroulement de l'Euro, a précisé la préfecture. Depuis mardi, le total des interpellations s'élève à 23.

En revanche, Russie-Slovaquie s'est achevé sans heurts dans le stade, malgré un fumigène allumé puis rapidement éteint après le but russe. Une bonne nouvelle pour la Russie, pays hôte du Mondial-2018, menacée de disqualification par l'UEFA au moindre nouvel incident dans un stade impliquant ses supporters.

Loin de cette ambiance électrique dans les rues des villes hôtes, la France, pays organisateur, disputait en soirée le match phare de mercredi, contre l'Albanie à Marseille.

Avant la rencontre, une minute d'applaudissements a été observée en hommage au policier et à sa compagne tués par un djihadiste lundi à Magnanville (région parisienne).

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