Impact: Sanna Nyassi, homme de famille

«Le soccer, c'est toute ma vie», dit Sanna... (Photo : Steven Senne, archives AP)

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«Le soccer, c'est toute ma vie», dit Sanna Nyassi.

Photo : Steven Senne, archives AP

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La récente journée de qualifications en vue de la Coupe du monde brésilienne, en 2014, a été synonyme de regrets pour Sanna Nyassi. Titulaire lors d'un déplacement en Côte d'Ivoire, il n'a rien pu faire pour empêcher la défaite de 3-0 de la sélection gambienne. Il n'a également pas pu profiter de ce bref séjour en Afrique, aussi constitué d'un mini-camp au Niger, pour faire un crochet par son pays natal.

Âgé de 24 ans, Nyassi reste fortement attaché à sa Gambie, petit pays de 1,7 million d'habitants enclavé dans le Sénégal. «Ma mère, mes frères, soeurs et cousins vivent encore là-bas. J'y vais à chaque saison morte pour passer au moins un mois avec eux», souligne-t-il.

Reconnu pour sa timidité et son filet de voix un peu monocorde, Nyassi ne passe, malgré tout, pas inaperçu. «Quand je vais à l'extérieur, je dois parfois me cacher ou prendre des chemins plus discrets. Je suis quelqu'un de timide, je ne veux pas être constamment sous la loupe. Je préfère faire les choses de mon côté.»

La réussite de Nyassi, c'est aussi celle partagée par des milliers d'Africains pour qui le soccer s'avère être autant une passion qu'un moyen d'atteindre une vie meilleure. Natif de Bwiam, petite ville de 3000 âmes, Nyassi avoue être issu d'une «famille pauvre» et «avoir traversé énormément d'épreuves», dont deux épisodes de malaria. Le ballon rond a toujours été «toute sa vie», révèle-t-il.

«À un moment donné, je voulais arrêter l'école, mais mes frères m'ont obligé à y rester. Ils me disaient que, même si je voulais être un joueur professionnel, je devais d'abord avoir une bonne instruction. J'ai réussi à finir l'école secondaire et puis je me suis concentré à 100 % sur le soccer.

«En venant de cet environnement, je sais réellement ce que les enfants du continent africain vivent. Maintenant, grâce à Dieu, je peux aider ma famille, mes cousins et mes voisins.»

La trajectoire de Nyassi se dessine en plusieurs étapes. Au niveau national, il a porté les couleurs du Gambia Ports Authority F.C. avec qui il a remporté un championnat et une Coupe domestique, en 2006 et 2007. C'est cette même année qu'il a participé à la Coupe du monde des moins de 20 ans, au Canada. Si la route gambienne s'est arrêtée en 16es de finale, elle a tout de même débouché sur quelques pistes internationales pour lui et son frère jumeau, Sanney.

«Juste après le Mondial, je suis allé en Norvège alors que mon frère a été mis sous contrat par le Revolution de la Nouvelle-Angleterre. En 2008, mon frère me manquait tellement - nous avons une relation très spéciale - que je suis venu aux États-Unis.»

Si le Revolution ne l'a pas recruté, il est devenu le troisième joueur mis sous contrat par les Sounders de Seattle, à l'aube de leur première saison dans la MLS. Prêté à la version USL du club de l'État de Washington, il avait alors foulé la pelouse du stade Saputo, un soir de septembre 2008. Sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde du soccer, il a, dès lors, démontré sa technique et sa fulgurante vitesse, mais aussi une propension à faire le mauvais choix au bout de ses actions.

»Un rêve»

La suite est plus connue. Après deux saisons à Seattle et un passage d'un an au Colorado, Nyassi a été choisi par Jesse Marsch au repêchage d'expansion de novembre 2011. Désormais citoyen américain, l'auteur de six buts, l'an dernier, ne cache pas son plaisir d'être à Montréal aux côtés de très grands joueurs.

«C'est un rêve qui devient réalité. Plus jeune, je regardais Alessandro Nesta à la télévision et, maintenant, je joue au sein de la même équipe que lui. C'est un honneur d'être ici.»

Et s'il avoue s'être bien adapté à la vie nord-américaine où il se sent «comme la maison», il a, en même temps, une constante pensée pour ses compatriotes. «Les Gambiens sont des gens très gentils et généreux envers leurs voisins lorsqu'ils en ont besoin.»

Et pour rien au monde, il ne passerait un hiver sans les côtoyer...

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