Penny Oleksiak, médaillée d'argent au 100 m papillon: «L'enfant» qui étonne

La nageuse de 16 ans a terminé l'épreuve... (AFP)

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La nageuse de 16 ans a terminé l'épreuve en 56,46 secondes, derrière la Suédoise Sarah Sjostrom.

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Simon Drouin

Envoyé spécial

La Presse

(Rio de Janeiro) La jeune sensation canadienne Penny Oleksiak a continué de surprendre aux Jeux olympiques de Rio en décrochant la médaille d'argent au 100 mètres papillon, dimanche.

Au centre national d'entraînement à Toronto, on la surnomme « L'enfant ». À 16 ans, Penelope Oleksiak est comme plusieurs adolescentes de son âge. Elle aime déconner et manger des chips et des pots de pâte à biscuits. Elle monte des factures de téléphone à faire frémir ses parents. Et il faut parfois lui tirer l'oreille pour lui faire faire ses devoirs.

Sauf qu'elle nage vite. Très, très vite. Au lendemain de sa médaille de bronze au relais 4 x 100 mètres, Oleksiak a écrit un nouveau chapitre d'une carrière qui s'annonce hors du commun, gagnant l'argent du 100 m, papillon, aux Jeux de Rio, dimanche soir.

Après avoir touché au mur, la Torontoise n'a pas regardé derrière. L'effort final l'avait trop privée d'oxygène. « Je n'étais même pas sûre que j'avais vraiment gagné une médaille jusqu'à ce que je lève la tête et que je voie les drapeaux canadiens », a-t-elle raconté.

Elle devenait ainsi la première nageuse canadienne médaillée olympique individuelle depuis Marianne Limpert en 1996. Elle est sortie de l'eau comme si elle venait de remporter une course aux Championnats de l'Est.

«J'ai vu mon père. Il s'est levé et m'a saluée. Il est littéralement la seule personne que j'ai vue dans la foule. Tout le reste était flou.»

Penelope Oleksiak

Les émotions l'ont gagnée quand elle a aperçu sa mère, sa soeur et son frère James, un défenseur des Stars de Dallas.

D'un calme désarmant dans les circonstances, Oleksiak a expliqué avoir ressenti une grande nervosité quelques heures avant sa finale. « Je tremblais et tout dans ma chambre. Après la médaille [samedi soir], je me disais que j'allais laisser tomber le Canada si je n'en gagnais pas une autre. »

Ses coéquipières et son entraîneur l'ont rassurée : « Ils m'ont tous dit que je devais être ici pour avoir du plaisir parce que j'ai encore les prochains Jeux olympiques pour gagner des médailles et tout. Ça m'a détendue ! »

Dans la chambre d'appel, entourée de la championne olympique et de la détentrice du record du monde, sa nervosité avait donc disparu.

STRATÉGIE

L'athlète de 6'1 a pensé au plan de match établi par son coach Ben Titley. Le Britannique nous l'a montré à la fin de la soirée : deux lignes gribouillées au stylo au bas de la liste de départ : « Jeanette Ottesen va se raidir. Suis-la jusqu'aux 75 mètres. Et puis go ! »

« C'est exactement ce qu'elle a fait », a fièrement souligné Titley en repliant la feuille. Réputée par ses débuts de course rapides, la Danoise Ottesen nageait dans la ligne voisine de la Canadienne. Elle a tourné deuxième, suivie d'Oleksiak qui, elle, ne fléchit jamais.

Oleksiak a bien vu Sarah Sjöström fin seule devant dans le couloir central, mais « tout le monde savait qu'elle gagnerait cette course ». La Suédoise a fait passer son record mondial à 55,48 secondes, vengeant ainsi sa quatrième place des JO de Londres. L'Américaine Dana Vollmer, tenante du titre, a arraché le bronze un an après la naissance de son premier enfant.

«Ma stratégie était d'avoir du plaisir, mais honnêtement, je ne pensais même pas durant la course. J'essayais de garder la tête en bas et de nager le plus vite que je pouvais.»

Penelope Oleksiak

Ça a donné un chrono de 56,46 s, presque trois dixièmes de mieux que les records canadien et mondial junior qu'elle détenait déjà.

Pensez qu'il y a cinq mois à Montréal, elle avait réussi un meilleur temps de 58,44 s. C'est la fois où elle avait mangé un pot de pâte à biscuits avant sa course. Elle avait alors battu Katerine Savard pour la première fois, prélude à ce qui se passerait quelques semaines plus tard aux sélections olympiques de Toronto.

« Avant les essais, je ne pensais même pas faire l'équipe », a assuré Oleksiak, qui a commencé la natation il y a sept ans. « Je suis juste heureuse d'être ici, et la médaille est un sentiment irréel. »

« L'enfant » n'a pas fini de s'amuser à Rio. Elle participera aussi au 100 m, style libre, et probablement aux deux autres relais. Deux nageuses canadiennes sont montées trois fois sur le podium aux mêmes JO : Elaine Tanner (1968) et Anne Ottenbrite (1984).

« Le 100 m, libre, sera plus difficile, a analysé Titley. Mais maintenant qu'elle a une médaille individuelle et au relais, qu'est-ce qu'une fille de 16 ans a à perdre ? Absolument rien. »

***

Résultat 100 m papillon féminin

Or: Sarah Sjostrom (SWE)

Argent: Penny Oleksiak (CAN)

Bronze: Dana Vollmer (USA)

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