Dopage russe: décision imminente du CIO

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Le CIO pourrait laisser les fédérations sportives décider elles-mêmes du sort de la Russie.

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Stephen Wilson
Associated Press
LONDRES

Alors que s'est amorcé le compte à rebours vers la cérémonie d'ouverture à Rio de Janeiro, les dirigeants de l'olympisme international sont confrontés à un moment crucial.

Dans un contexte où la crédibilité de la lutte contre le dopage est en jeu, tout comme l'image du mouvement olympique, le Comité international olympique (CIO) tiendra une rencontre d'une importance vitale dimanche afin de déterminer si la Russie doit être complètement exclue des Jeux de Rio en raison d'un système de dopage organisé et appuyé par l'État.

Le CIO pourrait laisser les fédérations sportives décider elles-mêmes du sort de la Russie.

Cette crise représente l'un des défis les plus importants du CIO depuis les boycottages des années 80, et son dénouement pourrait bien définir l'héritage de Thomas Bach à la présidence de l'organisation.

Les 15 membres du conseil d'administration du CIO se réuniront par téléconférence pour peser le pour et le contre d'une exclusion globale de la Russie des Jeux de Rio, une sanction qui serait sans précédent.

Le temps presse alors que la cérémonie d'ouverture des Jeux se tiendra le 5 août. Déjà, les membres de l'équipe d'athlétisme ont été bannis par l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (AIFA) à la suite des allégations de dopage systémique, et cette décision a été maintenue par le Tribunal arbitral du sport (TAS) jeudi.

Les demandes pour une exclusion totale de la Russie ont pris de l'ampleur depuis lundi, après que Richard McLaren, un avocat canadien, eut produit un rapport dans lequel le ministère des Sports de la Russie était accusé de superviser un vaste programme de dopage de ses athlètes olympiques.

L'enquête de McLaren est basée en grande partie sur des informations venant de l'ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou, Grigory Rodchenkov. Ce dernier avait affirmé qu'il y avait eu manipulation des échantillons d'urine des athlètes russes lors des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi en 2014. L'enquête a aussi permis de découvrir que le dopage systémique avait impliqué 28 sports d'été et d'hiver entre 2011 et 2015.

Bach a avoué que ces conclusions représentaient «une attaque inouïe et sans précédent envers l'intégrité des sports et des Jeux olympiques», et déclaré que le CIO n'hésiterait pas à imposer les sanctions les plus sévères possible contre toute organisation ou tout individu impliqué.

La Russie pourrait aussi être exclue des Jeux paralympiques, qui doivent avoir lieu à Rio du 7 au 18 septembre. Faisant référence à des preuves de dopage de la part d'athlètes paralympiques russes dans le rapport McLaren, le Comité international paralympique a fait savoir vendredi qu'il prendra une décision le mois prochain quant à une éventuelle exclusion de la Russie.

Pour le CIO, la décision a de gigantesques ramifications sur le plan géopolitique.

Aucun pays n'a encore été exclu des Jeux olympiques en raison de cas de dopage. Et la Russie est une puissance du monde du sport, un immense pays qui tente de réaffirmer sa valeur sur la scène internationale, et un joueur important du mouvement olympique. De nombreux responsables olympiques et dirigeants de fédérations sportives ont d'étroits liens avec la Russie, qui considère que les demandes d'exclusion de ses athlètes font partie d'une campagne menée par les pays de l'Occident.

Vendredi, l'ex-leader de l'Union soviétique, Mikhaïl Gorbachev, a acheminé une lettre à Thomas Bach lui demandant de ne pas exclure tout le pays.

«Je suis préoccupé et très fâché d'apprendre qu'il existe une possibilité pour que la suspension qui a été imposée aux athlètes russes en prévision des Jeux olympiques touche autant ceux qui sont innocents que ceux qui sont coupables, a-t-il écrit dans sa lettre diffusée sur son site internet. Selon moi, le principe d'une sanction collective est inacceptable.»

Bach et d'autres membres ont fait allusion à la nécessité de maintenir un équilibre entre la «justice individuelle» et la «punition collective».

«C'est évident, a déclaré Bach la semaine dernière, que vous ne pouvez pas punir un joueur de badminton pour un non-respect des règles ou pour une manipulation de la part d'un officiel ou d'un directeur de laboratoire lors des Jeux d'hiver.»

Le Canadien Dick Pound, ancien président du laboratoire antidopage, a accusé Bach d'hésiter et de ne pas respecter sa politique de «tolérance zéro» sur le dopage.

«Vous ne pouvez pas afficher une tolérance zéro, mais dire bien sûr, c'est la Russie, a déclaré Pound à l'Associated Press. Vous devez défendre vos politiques plutôt que d'éparpiller la responsabilité dans toutes les directions.»

Selon Pound, le CIO pourrait faire face à de vives réactions s'il décide de ne pas exclure la Russie.

«Je crois que ce sera très mal vu. Je pense qu'il y aura une révolte des athlètes, du public, peut-être même des commanditaires. Il faut prendre le contrôle de la situation et montrer votre leadership. L'hésitation fait paraître la situation de pire en pire.»

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