Série sur la Coupe Grey: réalisateurs anglos only

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Grand amateur de football et de la LCF, le cinéaste Philippe Falardeau est déçu que l'on ne lui ait pas proposé de participer à la série documentaire qui souligne les 100 ans de la Coupe Grey.

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Une grande série documentaire est diffusée ces jours-ci à TSN et à RDS pour souligner les 100 ans de la Coupe Grey. Parmi les huit réalisateurs du projet, aucun n'est francophone, ce que déplore le cinéaste Philippe Falardeau.

Grand amateur de football et de la LCF, Philippe Falardeau est déçu que l'on ne lui ait pas proposé de participer à la série Engraved on a Nation (Gravée dans l'histoire). Il aurait aimé contribuer à l'ambitieux projet, même si la dernière année a été bien remplie en raison du succès de son film Monsieur Lazhar, qui a notamment été en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger, en février dernier.

«J'ai été déçu de ne pas avoir été pressenti lorsque j'ai appris l'existence du projet, il y a quelques semaines. J'ai été parti pendant une bonne partie de l'année en raison de Monsieur Lazhar, mais c'est sûr que j'aurais accepté», a dit Falardeau, qui rate rarement un match des Alouettes au stade Percival-Molson.

Selon Katia Aubin, chef des communications et des relations publiques de RDS, la liste des réalisateurs qui ont été pressentis pour le projet a été établie à la suite d'un appel d'offres.

«C'est très simple, Bell Media voulait créer la série pour TSN et RDS, et elle a choisi les huit réalisateurs qu'elle considérait comme les meilleurs après un appel d'offres», a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique.

Il nous a toutefois été impossible de connaître les détails de l'appel d'offres, malgré plusieurs demandes. Or, selon M. Falardeau, il est plutôt rare qu'un producteur utilise cette formule afin d'embaucher un ou des réalisateurs.

Les huit documentaires ont été réalisés pour le compte de Bell Media Independant Productions. «La série était d'abord destinée au marché anglophone; la situation aurait été différente si elle avait été produite pour RDS», a souligné Mme Aubin.

C'est tout de même une situation que Philippe Falardeau s'explique mal, notamment en raison de la vogue que connaissent le football et les Alouettes au Québec.

«Il y a des noms costauds parmi les réalisateurs, des gens qui possèdent beaucoup d'expérience en documentaire, reconnaît-il. Mais la ligue soutient qu'elle représente le pays en entier, et aucun des huit documentaires n'a été réalisé par un francophone. C'est incohérent.»

Toujours selon Mme Aubin, la LCF n'est toutefois pas responsable de la situation. «Ce n'est pas la ligue qui a choisi les réalisateurs ou les sujets, mais Bell Media», a-t-elle expliqué.

La Coupe Grey de 1969, présentée à Montréal... (Photo: Michel Gravel, archives La Presse) - image 2.0

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La Coupe Grey de 1969, présentée à Montréal entre les Roughriders de la Saskatchewan et les Rough Riders d'Ottawa, a fait l'objet d'un documentaire, Playing a Dangerous Game.

Photo: Michel Gravel, archives La Presse

Coupe Grey sur fond de crise

RDS a déjà diffusé deux des huit documentaires: The Kid From La Puente, de Shelley Saywell, et Playing a Dangerous Game, du Montréalais John Walker.

Le premier raconte le parcours d'Anthony Calvillo et son enfance difficile dans un quartier défavorisé de Los Angeles. Le deuxième porte sur le match de la Coupe Grey de 1969, qui a été disputé à l'Autostade de Montréal pendant la crise du FLQ. Falardeau a vu les deux.

«C'est du documentaire qui s'approche beaucoup du reportage. Je trouve que c'est une très bonne idée d'enraciner ça sur le plan social. J'ai beaucoup aimé que la narration de The Kid From La Puente soit faite par l'un des frères de Calvillo. Playing a Dangerous Game est très journalistique», a analysé le réalisateur de Congorama.

Même si Falardeau aurait souhaité participer à la série, il aurait peut-être refusé de réaliser un documentaire avec la crise du FLQ en toile de fond.

«Je ne suis pas sûr que j'aurais accepté ce sujet-là. Ce qui m'a agacé, c'est qu'on présente ça comme s'il n'y avait pas de francophones qui aimaient le football à cette époque. Je croise souvent des gens qui suivaient le football et les Alouettes à l'époque de l'Autostade. On laisse entendre que le football n'intéressait pas les Québécois, et ce n'est pas tout à fait vrai.»

Falardeau rappelle que l'émergence du football au Québec depuis 10 ou 15 ans n'a pas son égal ailleurs au pays, et c'est sur cet aspect qu'il aurait voulu miser si ses services avaient été sollicités pour la série.

«Avoir eu carte blanche, j'aurais suivi une équipe d'école secondaire pendant toute une saison. L'engouement pour le football chez les jeunes est plus grand au Québec que n'importe où ailleurs au Canada. Je serais donc allé voir de quelle façon ça se vit dans une province qui n'en a souvent que pour le hockey.»

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