P.K. Subban sous la loupe

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Quand Marc Bergevin en est à répondre à des questions lui demandant s'il songe ou non à échanger P.K. Subban, c'est qu'il y a certainement un malaise perçu par plus d'un observateur.

C'est pourtant ce qu'a eu à faire le directeur général du Canadien, hier, lors du bilan de la saison à Brossard.

Alors, Marc Bergevin, P.K. Subban est-il un intouchable au sein de la formation?

«Wayne Gretzky a été échangé. Est-ce que j'essaie d'échanger Subban, Price? Non. Pacioretty? Non. Est-ce mon travail d'améliorer mon équipe? Oui. Pour échanger ces joueurs, ça prend quelque chose de très spécial. En tant qu'homme de hockey, je dois regarder mes options et si je ne les regarde pas, je ne fais pas mon travail.»

Malaise et questions contournées

Ainsi, il y a eu des dizaines et des dizaines de questions sur la relation entre P.K. Subban et ses coéquipiers. Chacun sera libre d'interpréter les réponses - voire les câlins. Soit on a vanté Subban, comme l'a fait Brendan Gallagher, soit on a contourné habilement la question, comme l'a fait Tomas Plekanec.

Par contre, c'est un peu plus limpide en ce qui concerne la relation entre Subban et l'entraîneur-chef Michel Therrien: ce ne sont pas les plus grands amis du monde. Mais c'est parfaitement assumé.

Prenez cette réponse de Subban, à qui le collègue Stu Cowan a demandé sa réaction par rapport au retour de Therrien (la nouvelle n'avait pas encore été officialisée, mais la présence annoncée de l'entraîneur au bilan de la saison le confirmait essentiellement). Subban était aussi interrogé sur sa relation avec Therrien.

«Les résultats font foi de tout dans cette ligue. Les entraîneurs doivent s'assurer que l'équipe est prête à jouer avec intensité. Quand il y a des hauts et des bas, il y a toujours des rumeurs. Je suis content d'être simplement un joueur. Mon travail est de m'entraîner et d'avoir un bon été pour connaître une bonne saison l'an prochain. Je n'ai pas encore entendu le bilan de Marc [Bergevin], mais on verra ce qui va se passer.»

Comme appui à un entraîneur, on a déjà vu plus convaincant...

Sauf que Bergevin, lui, n'a pas du tout été décontenancé quand il a été mis au courant de cette réponse.

«En tant qu'ancien joueur, [je sais que] ton entraîneur a un travail à faire, et ce n'est pas d'être aimé par 23 joueurs. C'est d'être respecté. Parfois, ça se fait à la dure [tough love]. Je ne dis pas que P.K. aime Michel ou pas. Mais depuis que Michel est là, P.K. a gagné un trophée Norris, a été finaliste pour un autre, est notre joueur le plus utilisé et son jeu s'est amélioré. Sous Michel Therrien, P.K. Subban est devenu un très bon défenseur.»

Therrien, lui, a tenté de désamorcer la crise.

«Dans les quatre dernières années, il a progressé, a observé l'entraîneur. Quand il s'est blessé, il était notre meilleur marqueur. On lui donne beaucoup de responsabilités, offensivement et défensivement. C'est un travaillant, un passionné. C'est le fun, travailler avec P.K. Subban.»

La date encerclée

D'ici au 1er juillet, Marc Bergevin devra déterminer si cette relation entre Subban et Therrien est au moins empreinte de respect, à défaut d'être le grand amour.

Pourquoi le 1er juillet? Parce que c'est à cette date que la clause de non-échange de Subban entre en vigueur. S'amorcera alors la troisième année du contrat de huit ans et 72 millions qui lie Subban au Canadien.

Après cette date, Bergevin aura les mains liées s'il estime que Subban doit changer d'adresse. Et à écouter parler le joueur, ce n'est pas lui qui demandera de partir!

«J'ai été assez clair sur ce que je pense de cette ville et de cette organisation, a rappelé le numéro 76. Ça ne changera jamais, je serai toujours attaché à Montréal et je voudrai toujours jouer ici. J'aime tout de cette ville. Mais je sais aussi que nous évoluons dans un business. Je croise les doigts pour rester ici aussi longtemps que l'organisation et la ville voudront que je reste.»

Le meilleur et le pire de Subban

Au cours des dernières semaines, on a beaucoup entendu parler des côtés moins flatteurs de Subban.

Encore hier, sa déclaration voulant qu'il ne se remette «jamais» en question en a fait sursauter plusieurs. La semaine dernière, il a aussi lancé: «même à 80 % de mes capacités, je peux faire des choses que plusieurs joueurs ne peuvent pas faire».

De tels commentaires engendrent des questions sur sa relation avec ses coéquipiers, scrutée à la loupe. Le fait que les joueurs du CH aient voté pour Max Pacioretty, plutôt que pour Subban, pour le trophée King-Clancy, qui récompense le leadership et l'engagement communautaire, n'est pas passé inaperçu. La promesse de don de 10 millions de dollars que Subban et sa fondation ont fait à l'Hôpital de Montréal pour enfants aurait pu lui assurer une nomination pour ce trophée.

Mais Subban étant Subban, il a étouffé la controverse comme lui seul sait le faire.

«Le gars méritait le prix, j'ai même voté pour lui! Je ne comprends pas pourquoi tout le monde en fait un plat! [...] Je peux venir ici, dire que Max et moi, on s'apprécie, dois-je aller l'embrasser? Katia [la femme de Pacioretty] aura peut-être un problème avec ça! Peut-être un câlin, c'est le mieux que je puisse faire», a lancé Subban, avant d'effectivement traverser le vestiaire pour enlacer son capitaine.

Cette maîtrise des relations publiques n'est qu'un des aspects positifs de Subban. Il y a aussi son jeu sur la patinoire, où les chiffres ne mentent pas.

Quand Subban s'est blessé, le Canadien avait marqué 181 buts. Subban était sur la patinoire pour 109 de ces buts, soit 60,2%. Ces chiffres se comparent avantageusement à ceux d'autres défenseurs d'élite de la LNH: Erik Karlsson (57%), John Klingberg (53,9%), Brent Burns (53,2%) et Drew Doughty (47,1%).

Le CH avait aussi accordé 187 buts, Subban étant sur la patinoire pour 84 d'entre eux (44,9%), et ce, même s'il est plus utilisé en désavantage numérique que tous ces défenseurs, sauf Doughty. Ce chiffre correspond essentiellement à la proportion des minutes que joue Subban en moyenne (26:21).

Bref, les chiffres ne laissent aucun doute quant à l'utilité de Subban pour le Canadien. Et Bergevin connaît certainement cette réalité, même s'il n'a pas voulu qualifier Subban d'«intouchable».

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