Pat Quinn, monument au Canada anglais

Pat Quinn et Martin Brodeur en 2004.... (Photo Frank Gunn, archives PC)

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Pat Quinn et Martin Brodeur en 2004.

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On mesure peut-être mal au Québec l'ascendant que pouvait avoir Pat Quinn, décédé dimanche soir à la suite d'une longue maladie, sur le monde du hockey au Canada anglais.

Malgré une médaille d'or olympique, deux finales de la Coupe Stanley, deux trophées Jack-Adams remis au meilleur entraîneur, et 684 victoires, Quinn n'est jamais entré dans la légende dans la Belle Province.

«Il a dirigé des clubs que Montréal n'aimait pas, soit les Flyers de Philadelphie ou les Maple Leafs de Toronto, et c'étaient des clubs robustes, difficiles à affronter, pires que Boston à l'époque», confiait hier à La Presse Jacques Demers, encore secoué par le décès de son ancien rival, âgé de 71 ans.

Quinn a mené les Flyers vers un formidable record de 35 victoires consécutives en 1979-1980.

«Il devait être rendu à 33 ou 34 quand nous nous sommes amenés à Philadelphie avec les Nordiques de Québec, se rappelle Jacques Demers. Nous menions 4-1 après deux périodes. C'était un entraîneur imperturbable et il n'avait pas perdu son sang-froid. Je ne sais pas ce qui s'est dit entre la deuxième et la troisième période, mais sûrement qu'ils se sont juré de ne pas bousiller leur record contre un petit club qui arrivait dans la ligue...»

Quinn était un typique entraîneur de la vieille époque. «Il était franc et direct et te disait les choses en pleine face, poursuit Jacques Demers. Pas que ses joueurs le craignaient, mais il imposait le respect. Il avait la stature d'un Serge Savard, un autre homme imposant physiquement et parfois intimidant.»

Né à Hamilton, Pat Quinn a fait le saut comme entraîneur immédiatement après sa carrière de joueur, à titre d'entraîneur adjoint des Flyers, en 1977.

Il a été promu entraîneur-chef dès la saison suivante et a mené les Flyers à la finale contre les Islanders de New York en 1980.

Il a aussi dirigé les Kings de Los Angeles et les Canucks de Vancouver, qu'il a menés à la finale en 1994 lors des belles années de Pavel Bure, avant d'aboutir à Toronto. Les Maple Leafs ont atteint les séries éliminatoires une seule fois depuis son congédiement en 2006. Il aussi travaillé derrière le banc des Oilers d'Edmonton.

Amical avec les francos

À tort ou à raison, Quinn a eu la réputation de ne pas aimer les joueurs francophones puisqu'il en a dirigé très peu au cours de sa carrière.

Les francophones qui l'ont côtoyé jurent pourtant que ce ne fut pas le cas. Vincent Lecavalier a connu parmi ses plus grands moments sur la scène internationale sous ses ordres à la Coupe du monde en 2004. Il avait terminé au premier rang des compteurs de l'équipe même s'il n'était pas de la formation au départ.

«J'avais été invité à la dernière minute par l'équipe canadienne après le retrait de Steve Yzerman et il m'avait fait sentir à l'aise tout de suite et il m'a vite confié un rôle important, a dit Lecavalier au bout du fil en après-midi, hier. Je n'ai passé que deux semaines avec lui, mais ses discours avant les matchs étaient mémorables. Il savait comment nous motiver. Il imposait le respect, mais il a toujours été très amical avec moi.»

L'entraîneur Guy Boucher l'avait défendu avec véhémence auprès des francophones du Québec dans La Presse pour calmer une controverse qui avait éclaté en marge du Championnat mondial de hockey junior en 2008.

«Pat Quinn, c'est lui qui me voulait (pour diriger l'équipe avec lui), avait déclaré Guy Boucher à La Presse. À ce que je sache, je suis francophone. J'ai travaillé avec lui au Championnat mondial des moins de 18 ans et les francophones, il les a traités comme ses propres enfants. Angelo (Esposito) a réussi à obtenir un poste parce qu'il a amélioré sa combativité et son jeu défensif. S'il y avait 15 gars francophones québécois de calibre, talentueux, rapides et combatifs, ils resteraient avec l'équipe. Je mettrais ma réputation là-dessus.»

Quinn vient au cinquième rang de l'histoire de la LNH pour les victoires, derrière Scotty Bowman, Al Arbour, Joel Quenneville et Dick Irvin père. Il se classe sixième pour le nombre de victoires en séries éliminatoires, avec 94.

En bref, une légende est tombée, ironiquement, à quelques heures d'un autre entraîneur légendaire, le Russe Viktor Tikhonov.

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