Les avocats ont contacté Gino Odjick

Gino Odjick à l'époque où il portait les... (Photo Ryan Remiorz, PC)

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Gino Odjick à l'époque où il portait les couleurs du Canadien de Montréal.

Photo Ryan Remiorz, PC

Déprimé, confus et fatigué, Gino Odjick vit entre les murs d'un hôpital de Vancouver depuis un mois. L'ancien joueur du Canadien est là pour traiter ce qu'il estime être les séquelles des huit commotions cérébrales subies au cours de sa carrière.

«Quand on a trop de commotions, ça vire en maladie mentale. Et aujourd'hui, je dois vivre avec ça», lance Odjick au bout du fil.

Lorsqu'il va sortir, l'ancien dur à cuire entend bien rencontrer l'un des avocats chargés du recours collectif contre la LNH. Et s'il est convaincu par sa démonstration, il serait prêt à s'ajouter à la liste des 13 joueurs nommés dans le recours contre la Ligue.

«L'avocat Mel Owens m'a appelé. lls m'ont demandé d'être l'un des joueurs debout, en avant. S'ils sont capables de me prouver que la Ligue savait, connaissait les dangers, alors je pourrais. Dans la NFL, ils ont prouvé que les médecins et les équipes savaient mais qu'ils faisaient jouer les joueurs quand même. Je ne sais pas si c'était la même chose dans la LNH.»

Gino Odjick se rappelle sa première commotion. C'était en 1991, à sa première saison dans la Ligue. Il jouait alors avec les Canucks. Un soir, contre les Penguins de Pittsburgh, un dur à cuire chargé de protéger Mario Lemieux lui a donné un coup vicieux.

«Il s'appelait Jay Caufield. Il m'a frappé avec un coup de coude sournois. Il m'avait brisé la joue, raconte Odjick. Après, on aurait dit que je marchais sur l'eau. J'étais déséquilibré. Ce n'était pas un bon feeling. Quand je dormais, je suais.»

Des symptômes qui empirent

Il en a subi sept autres au cours de ses 12 saisons dans la LNH. Chaque fois, les symptômes se sont aggravés. Quelques années plus tard, à Philadelphie, il est tombé tête première sur la glace à la suite d'un bête accident durant le camp d'entraînement.

«C'est là que j'ai vraiment su que les choses n'allaient plus. C'était rendu grave. Je suais dans la nuit. Je devais passer mon temps dans une chambre dans la noirceur totale. Je savais que j'aurais des séquelles. Ce n'était plus agréable, rendu là.»

Sa dernière commotion cérébrale a eu lieu à Montréal. À l'été 2002, il se préparait à disputer sa deuxième campagne dans l'uniforme du Canadien. Il a passé la saison morte à s'entraîner avec plusieurs joueurs québécois. Un tir frappé dévié sur un poteau l'a atteint derrière la tête.

Il pensait que ce n'était pas bien grave. Mais une fois rentré chez lui, il s'est mis à vomir. Il a cru que les symptômes disparaîtraient. Mais au camp d'entraînement de l'équipe, un petit coup à la tête a mis fin à sa carrière.

Il ne dormait plus la nuit, ne se sentait pas bien. Les symptômes avaient duré six semaines à Philadelphie. Cette fois-ci, à Montréal, ils semblaient ne pas vouloir disparaître. Odjick a donc consulté plusieurs spécialistes. L'un d'eux lui a recommandé de mettre fin à sa carrière. Il a écouté et n'a plus jamais joué de match dans la LNH.

Un examen du cerveau

Le joueur de descendance algonquine a pris sa retraite en pensant qu'il en avait fini avec les commotions cérébrales. Mais sa carrière terminée, elles n'ont pas arrêté de le hanter.

«J'ai vérifié, et il n'y a personne dans ma famille qui souffre de maladie mentale. Mes problèmes ont juste commencé en 2007. C'est dur à prouver scientifiquement, mais il n'y a pas beaucoup d'autres raisons», explique l'ancien joueur aujourd'hui âgé de 43 ans.

Odjick va maintenant subir un examen de tomodensitométrie pour connaître l'étendue de ses dommages au cerveau. «Je veux savoir», dit-il.

Ensuite, il va réfléchir à la poursuite contre la Ligue. Il se demande si la situation de la LNH est comparable à celle de la NFL, où d'anciens joueurs ont obtenu une compensation de 765 millions de dollars. Il ne sait pas, mais il a cette phrase: «Quand je jouais pour les Islanders, notre médecin travaillait aussi pour les Jets de New York.

«Dans notre temps, ça ne paraissait pas. Si on n'avait pas une main cassée, on jouait. Je me rappelle que j'avais reçu un coup de hockey sur la tête à San Jose et le lendemain, j'étais sur la glace. Ce n'était pas connu comme aujourd'hui, ça, c'est sûr.»

Gino Odjick sait qu'il pourrait subir des conséquences s'il se joignait à la poursuite. Mais ça ne pèse pas dans la balance. «Les avocats vont venir me voir à Vancouver. Je n'ai jamais eu l'habitude de me cacher si je crois en quelque chose», lance-t-il.

Et si les avocats derrière le recours parvenaient à le convaincre? «Si c'est le cas, je vais aller avec les gars, ça, c'est sûr.»




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