Travis qui?

Recrue de l'année dans la Ligue junior de... (Photo Bernard Brault, La Presse)

Agrandir

Recrue de l'année dans la Ligue junior de l'Ontario, Travis Konecny a grandi dans l'ombre de Connor McDavid.

Photo Bernard Brault, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Peterborough) Normalement, il aurait dû y avoir Connor McDavid. Il aurait dû y avoir des caméras. Il aurait dû y avoir de la fébrilité dans l'air comme chaque fois que se pointe celui qui est décrit comme «le prochain Sidney Crosby».

Sauf qu'il n'y avait rien de cela: ni fébrilité, ni caméras, ni Connor McDavid. L'as s'est blessé à la main droite dans une bagarre mardi. Il sera absent de cinq à six semaines. Il n'était donc pas du match opposant les meilleurs joueurs de la Ligue junior de l'Ontario à une sélection d'étoiles russes, hier à Peterborough.

Quand Travis Konecny est sorti du vestiaire après l'entraînement du matin, il n'y avait dans les entrailles du Peterborough Memorial Center qu'une poignée de journalistes sous une lumière blafarde. Un seul a demandé à lui parler.

«Je ne m'attarde pas à l'attention médiatique que j'ai par rapport à certains autres joueurs, lance Konecny en esquissant un sourire. Ça ne servirait à rien.»

Remarquez que le jeune centre est habitué. Comme d'autres espoirs de l'Ontario nés en 1997, il a grandi dans l'ombre de McDavid.

Il a pourtant un talent incroyable. Les agents se l'arrachaient à 14 ans. Des journalistes l'encensaient à 15 ans. L'année dernière, il a amassé 70 points à sa première saison dans le hockey junior majeur. Il a été nommé recrue de l'année dans l'OHL.

Si un tel joueur était né une autre année, qui sait l'intérêt qu'il aurait pu susciter. Sauf que McDavid a tout éclipsé sur son passage. Si Konecny, qui joue avec les 67's d'Ottawa, a pu être nommé recrue de l'année la saison dernière, c'est que McDavid l'avait été la saison précédente, grâce à un statut spécial de «joueur exceptionnel» qui lui a permis d'entamer son parcours junior majeur à... 15 ans.

Konecny ne s'en formalise pas. Le calme du jeune homme de 17 ans étonne. Il vous regarde dans les yeux, n'a pas l'air blasé pour un sou et prend tout son temps pour répondre aux questions.

«Certains voient surtout le hockey d'un point de vue business. Mais ceux qui le font trop risquent gros. On doit se rappeler que le hockey est avant tout un plaisir. On doit se rappeler pourquoi on a commencé à jouer au hockey», explique celui qui devrait être sélectionné dans la première moitié du premier tour au prochain repêchage de la LNH.

«Pour moi, le hockey était avant tout un prétexte pour m'amuser avec mon frère, pour aller à la patinoire en souriant et pour rire avec les autres dans le vestiaire. Je pense que ces souvenirs et l'amour du sport, c'est ce qui me motive encore aujourd'hui.»

Les Leafs et Gallagher

Ceux qui connaissent Konecny ne tarissent pas d'éloges à son endroit. Scott Walker, ancien joueur des Canucks de Vancouver, des Predators de Nashville et des Hurricanes de la Caroline, a été nommé entraîneur de l'équipe de l'OHL contre les Russes pour la super série Subway.

«Travis est un joueur avec un tir de qualité professionnelle, un jeune rapide, au jeu hargneux et qui va toujours à fond la caisse. Il n'a pas un énorme gabarit mais son jeu, lui, est énorme. Il n'y a pas beaucoup d'équipes qui n'aimeraient pas avoir un joueur comme ça.»

À 5 pi 10 po et 170 lb, Konecny est loin d'être un géant. La poussée de croissance que plusieurs attendaient au début de son parcours junior majeur tarde à venir. Ça pourrait expliquer son glissement dans les repêchages simulés, qui le placent autour du dixième rang.

«Moi, mon credo, c'est de gagner toutes les batailles pour la rondelle et de travailler fort tous les soirs. J'ai des habiletés, mais si je ne travaille pas fort tous les soirs, je n'arriverai à rien», explique celui qui, midget, était perçu comme un phénomène tout juste en deçà de McDavid.

«Si je me comparais à des joueurs de la LNH, je dirais que pour les habiletés et la vision, je ressemble à Jeff Skinner et que pour mon éthique de travail et mon ardeur, je ressemble à Brendan Gallagher», illustre Konecny, qui a grandi dans un bled entre London et Detroit et dans l'adoration des Maple Leafs de Toronto.

Jusqu'à présent cette saison, Konecny peine. Il a 11 points en 16 matchs, et les 67's connaissent des difficultés.

Il n'est certainement pas un candidat évident pour une place dans l'équipe canadienne au Mondial junior. Sauf que cette blessure de McDavid pourrait lui permettre de s'illustrer contre les Russes.

«Connor est un jeune incroyable. Je suis déçu qu'il ne puisse être de ces matchs contre les Russes. Il est lui-même le premier déçu, note l'entraîneur Scott Walker. Mais son absence représente une occasion pour un autre jeune, que ce soit Travis Konecny ou un autre. Ce tournoi est justement le moment où des joueurs se lèvent et méritent une place avec Équipe Canada.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer