La NFL cause des maux de tête aux DG de la LCF

Duron Carter a accepté une offre des Colts... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Duron Carter a accepté une offre des Colts d'Indianapolis après deux saisons passées avec les Alouettes de Montréal.

Photo Bernard Brault, archives La Presse

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Joe Theismann, Warren Moon, Jeff Garcia, Duron Carter... Ce n'est pas d'hier que des joueurs décident de faire le saut dans la NFL après avoir brillé dans la LCF. Mais alors que le circuit américain semble jeter de plus en plus souvent un coup d'oeil au Canada pour dénicher des joueurs de talent, certains dirigeants de la Ligue canadienne s'inquiètent des conséquences de cet intérêt accru.

Dans une entrevue accordée au Winnipeg Sun la semaine dernière, le directeur général des Roughriders de la Saskatchewan, Brendan Taman, déplorait le fait que depuis que les équipes de la NFL peuvent compter jusqu'à 90 joueurs au cours de la saison morte, certaines d'entre elles viennent piger dans les rangs des clubs canadiens pour garnir leur alignement.

Selon M. Taman, ce phénomène complique drôlement la tâche des directeurs généraux de la LCF, qui doivent redoubler d'efforts pour convaincre leurs meilleurs éléments de demeurer au nord de la frontière.

Il craint que cette pression additionnelle de la part de la NFL, combinée à l'arrivée des contrats d'un an dans la LCF, entraîne un manque de continuité généralisé dans la ligue et, à plus long terme, une baisse d'intérêt des partisans, qui verront constamment leurs favoris partir pour les États-Unis.

«Je crois simplement qu'il est important pour notre ligue que nous gardions nos bons joueurs aussi longtemps que nous le pouvons. Si ce sont des joueurs autonomes, ils sont autonomes et peuvent aller dans la NFL, la LCF, ou peu importe. Mais la tendance, c'est que la NFL vient prendre nos bons joueurs», a déclaré Taman au journaliste Kirk Penton.

Coûteuse baisse du dollar

Ses doléances sont partagées par son homologue du Rouge et Noir d'Ottawa, Marcel Desjardins. En entrevue avec La Presse, celui-ci admet qu'il s'attend lui aussi à ce qu'un nombre croissant de joueurs de la LCF fassent le saut dans la NFL.

«Malheureusement, c'est quelque chose qui va se produire de plus en plus souvent, surtout si la NFL amène une ou deux équipes de plus, explique-t-il. De plus, les gens qui vont se rendre aux États-Unis seront généralement nos meilleurs éléments. Une fois qu'ils auront quitté l'équipe, ce sera plus difficile pour nos partisans.»

Autre facteur qui nuit au travail des DG de la LCF: le dollar canadien qui ne cesse de perdre de la valeur par rapport à la devise américaine ces jours-ci. À son avis, soit les athlètes américains qui jouent au Canada choisiront de quitter le pays, soit ils resteront tout simplement chez eux.

«Les meilleurs joueurs de notre ligue feront autant d'argent en étant membres d'une équipe d'entraînement dans la NFL», signale-t-il.

Contrats contraignants

Le directeur général des Alouettes, Jim Popp, ne voit pas exactement la situation du même oeil. D'abord, il ne sent pas que les équipes de la NFL observent celles de la LCF plus qu'à l'habitude pour trouver de nouveaux joueurs.

«Je dirais que la moitié des clubs de la NFL regardent beaucoup la LCF, tandis que l'autre moitié ne la regarde pas du tout. Et je ne crois pas qu'il y ait plus de gars qui partent qu'à la normale», a-t-il dit à La Presse.

Selon lui, c'est davantage l'obligation, pour un joueur qui fait son entrée dans la LCF, de signer un contrat d'une durée minimale de deux ans qui peut en refroidir certains. «Quand nous avions la possibilité d'offrir une fenêtre d'un an, c'était plus simple, indique-t-il. Les agents et les joueurs ne veulent pas être pris dans la LCF pour deux ans.»

Popp ne croit pas non plus que la dévaluation du dollar canadien ait une influence majeure sur l'exode observé par Brendan Taman.

«J'ai travaillé 24 ans dans cette ligue et le dollar a déjà atteint les 60 cents américains, fait-il remarquer. [...] Ça en touchera quelques-uns, mais la majorité des joueurs veulent jouer et veulent du travail. Ma philosophie a toujours été que si un joueur veut être avec vous, il va signer.

«Quand vous gagnez, de nouvelles étoiles naissent, poursuit Popp. Certains joueurs ne pourront jamais être remplacés, mais de nouvelles vedettes naîtront. Et si vous avez de vrais partisans, ils seront toujours derrière vous, même dans les temps difficiles.»

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