L'amie imaginaire de Manti Te'o

Manti Te'o est un redoutable secondeur de ligne,... (Photo : archives La Presse)

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Manti Te'o est un redoutable secondeur de ligne, mais aussi un talentueux menteur.

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Le 22 septembre dernier, le footballeur américain Manti Te'o a joué en Indiana l'une des parties les plus difficiles de sa vie. Les funérailles de sa petite amie, Lennay Kekua, avaient eu lieu le matin même en Californie. Mais lui n'y était pas: minée par la leucémie, son amoureuse avait insisté pour qu'il reste en Indiana. Ce soir-là, Manti Te'o a intercepté deux passes, contribuant à une victoire éclatante devant une foule émue qui agitait des fichus à la mémoire de la petite amie du joueur étoile. Quatre mois plus tard, c'est la stupeur. Lennay Kekua n'avait pas la leucémie. Lennay Kekua n'est pas morte. Elle n'est pas née non plus. Lennay Kekua n'a jamais existé. Et pourtant, tout le monde y a cru. Même Manti Te'o...

Prologue

Une histoire simple et touchante, relayée dans de nombreux médias l'automne dernier. On y racontait que Manti Te'o et Lennay Kekua se sont rencontrés en 2009, alors qu'ils étaient étudiants à l'Université Stanford en Californie. Leur amitié s'est transformée en relation amoureuse en 2012.

ACTE UN

Le drame

Il est survenu quelque part au printemps dernier. Lennay a annoncé à Manti qu'elle avait été blessée dans un accident de voiture. Lors de son séjour à l'hôpital, en juin, elle a appris qu'elle souffrait de la leucémie, selon ce qu'elle a dit à Manti. Son état se détériore vers la fin de l'été. Te'o, maintenant joueur étoile de l'Université Notre Dame, raconte aux médias qu'il passe toute la nuit au téléphone avec elle, lui en Indiana, elle en Californie.

ACTE DEUX

Le héros s'écroule

Après une longue maladie, la grand-mère de Manti Te'o meurt à Hawaï le 12 septembre. Lennay Kekua exprime ses condoléances par texto aux parents Te'o. Plus tard dans la journée, Manti apprend par quelqu'un qui dit être le frère de Lennay que la jeune femme a succombé à des complications causées par la leucémie.

ACTE TROIS

Le héros se relève

Lennay Kekua l'avait dit à Manti: s'il lui arrivait quoi que ce soit, il devait d'abord penser à son équipe. Manti reste en Indiana et se défoule sur le terrain. À Notre Dame, plusieurs milliers de dollars sont récoltés pour financer la recherche contre la leucémie. Les médias nationaux s'emparent de l'histoire du joueur endeuillé qui combat sa peine en plaquant l'adversaire.

ACTE QUATRE

L'enquête débute

Intrigués, des journalistes du site d'information sportive Deadspin.com enquêtent. Les photos de Lennay Kekua sont en réalité celles d'une jeune femme, Diane O'Meara. Toutes les photos de Lennay avaient été volées sur les comptes Facebook et Instagram d'O'Meara... sauf une. Diane O'Meara la reconnaît: il y a quelques mois, Ronaiah Tuiasosopo, un ancien camarade de classe, lui avait demandé une photo d'elle pour remettre à un cousin qui la trouvait jolie. Elle a envoyé la photo et n'en a plus entendu parler. Jusqu'à aujourd'hui.

ACTE CINQ

Les masques tombent

Devant s'expliquer, le camarade de classe bafouille. Au téléphone avec O'Meara, Tuiasosopo avoue avoir inventé Lennay Kekua et trompé Manti Te'o. «Il m'a dit qu'il voulait finir cette relation entre Lennay et Manti, mais que Manti ne voulait pas, a raconté O'Meara. Il a dit qu'il avait tenté de mettre fin à ce jeu plusieurs fois.»

ACTE SIX

Te'o se confie

Cette semaine, Manti Te'o a donné une longue entrevue au réseau ABC. En vérité, Manti et Lennay s'étaient rencontrés sur Twitter en 2011. Ils avaient parlé souvent au téléphone. Lorsqu'ils avaient tenté de se parler par vidéo, la caméra de Lennay ne fonctionnait pas. Ils ne s'étaient jamais vus en personne... Manti Te'o, mortifié, a balayé les spéculations à propos de son orientation sexuelle: non, il n'est pas gai, et il était persuadé de parler avec une femme. Il a rendu publics trois messages vocaux de «Lennay» où, en effet, le ton de la voix est fort semblable à celui d'une femme. En décembre, Ronaiah Tuiasosopo l'a appelé pour s'expliquer. «J'ai eu peur, a raconté Manti. Je ne savais pas quoi faire.»

ÉPILOGUE

Harcelé par les journalistes, Ronaiah Tuiasosopo reste coi. Son avocat, Milton Grimes, a tenté d'expliquer son geste. «Ce n'était pas un coup monté par pur plaisir, a-t-il dit. C'était une personne à la vie mouvementée qui essayait de tendre la main, de communiquer et d'entrer en relation avec quelqu'un.»

-Avec Deadspin.com, Slate, Associated Press

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