La frénésie olympique éclipse la question du harcèlement sexuel

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En octobre, des femmes ont accusé le président du Comité olympique canadien Marcel Aubut de harcèlement sexuel. Il a été forcé de démissionner, bien qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui.

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Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
OTTAWA

L'attention portée aux préparatifs entourant les Jeux olympiques de Rio semble avoir aveuglé les députés des Communes la semaine dernière dans un autre dossier qui préoccupe la communauté olympique canadienne: les retombées des allégations de harcèlement sexuel au sein du Comité olympique canadien (COC).

En octobre, des femmes ont accusé le président du COC, Marcel Aubut, de harcèlement sexuel. Il a été forcé de démissionner, bien qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui.

Ces allégations ont mené à une révision interne, qui a permis d'apprendre que plus de 100 employés du COC avaient été victimes ou témoins de harcèlement durant la présidence de M. Aubut. Les détails de cette révision n'ont pas été rendus publics, mais huit recommandations qui en découlent sont présentement mises en oeuvre.

Dans la foulée de l'«affaire Aubut», deux dirigeants et un gestionnaire du COC ont été congédiés. Jean-Luc Brassard, le chef de mission des Jeux olympiques de Rio, qui dénonçait la situation, a démissionné un peu plus tard.

Mais lorsque les députés ont eu l'occasion d'interroger une délégation du COC à ce sujet lorsqu'elle s'est présentée devant eux aux Communes, les élus n'ont pas abordé la question.

Le COC est traditionnellement invité à comparaître devant le Comité permanent du patrimoine canadien avant la tenue de Jeux olympiques, a indiqué un responsable de l'organisation. Les Jeux de Rio auront lieu en août.

Les députés ont questionné la délégation sur le dopage, le virus Zika, le marketing, les droits de diffusion et toute une série d'autres sujets. Le député libéral Darrell Samson a indiqué que tous ces sujets étaient importants.

Pourquoi le harcèlement sexuel n'en faisait-il pas partie?

«Je ne crois pas que c'était le travail du comité», a-t-il répondu.

Un autre député libéral, Seamus O'Regan, a dit qu'il ne savait pas pourquoi ses collègues et lui ne l'avaient pas fait. «Je souhaite que nous ayons eu plus de temps à notre disposition».

La professeure de l'Université de Toronto Helen Lenskyj, qui s'est longuement penchée sur les questions de genre concernant les Jeux olympiques, explique qu'il existe un «silence radio» sur les mauvaises nouvelles dans les semaines précédant les Jeux.

«Les députés, en particulier, voudront éviter de jouer les rabat-joie en soulevant le problème du harcèlement sexuel au sein du COC», a dit Mme Lenskyj.

Contrairement au Comité olympique américain, créé en vertu d'une loi fédérale, le COC est un organisme sans but lucratif indépendant du gouvernement, souligne Rachel Corbett, cofondatrice de Sport Law & Strategy Group, qui aide le COC à mettre en application plusieurs changements.

Les députés n'ont donc pas à s'immiscer dans les affaires internes du COC, estime-t-elle.

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