À 100 jours des Jeux de Rio, la flamme olympique est brésilienne

Le président du comité olympique hellénique, Spyros Kapralos... (Photo Alkis Konstantinidis, Reuters)

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Le président du comité olympique hellénique, Spyros Kapralos (à gauche), a passé la flamme olympique au président du comité organisateur des Jeux de Rio, Carlos Nuzman, lors d'une cérémonie au stade de marbre d'Athènes, mercredi.

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Odile Duperry, Hélène Colliopoulou
Agence France-Presse
Athènes

À 100 jours pile des JO, la flamme olympique a officiellement été remise à une délégation brésilienne, mercredi à Athènes, première étape d'un long périple qui la conduira à Brasilia le 3 mai puis, enfin, dans la ville-hôte, Rio de Janeiro.

Ce passage de flambeau, au sens littéral de l'expression, a eu lieu à 15h45 GMT (11h45 heure du Québec), lors d'une cérémonie au décorum antique organisée au stade de marbre d'Athènes, théâtre des premiers Jeux olympiques modernes en 1896.

Allumée à Olympie le 21 avril, la flamme a été transmise au président du Comité organisateur des Jeux de Rio, Carlos Nuzman, par le numéro 1 du Comité olympique hellénique, Spyros Kapralos.

«Le Brésil attend la flamme avec excitation et passion», a assuré M. Nuzman, dont le pays est actuellement en pleine tourmente politique, en promettant des JO pleins de «musique, de poésie, d'amour».

Avant d'arriver à Brasilia, la capitale brésilienne, le 3 mai, la flamme fera un détour par la Suisse, pays-hôte du Comité international olympique (CIO).

Vendredi, elle sera présentée à l'ONU à Genève puis rejoindra le Musée olympique de Lausanne par le lac Léman à bord d'un bateau d'aviron, sport cher à Pierre de Coubertin, l'inventeur des Jeux modernes.

Samedi et dimanche, elle brillera dans la vasque Rio 2016 installée à l'entrée du Musée olympique. Face au feu olympique qui brûle en permanence sous le regard de la statue du baron de Coubertin.

Lueur dans la crise?

Lundi en fin de journée, direction le Brésil, pour un long périple jusqu'au 5 août et l'entrée dans le mythique stade du Maracana à Rio.

Portée par 12 000 relayeurs, la flamme va arriver dans un pays en pleine crise politique et sociale: sa présidente, Dilma Rousseff, est sur un siège éjectable et risque la destitution, accusée par l'opposition d'avoir maquillé les comptes publics.

Si, à 100 jours du coup d'envoi, les stades sont prêts, ces incertitudes politiques suscitent des inquiétudes. Et les projecteurs sont braqués sur le pays où, dans l'indifférence générale, des milliers d'ouvriers s'affairent aux ultimes préparatifs des premiers Jeux olympiques de l'histoire en Amérique du Sud.

Cette semaine encore, les mauvaises nouvelles se sont accumulées. Parmi elles, le cri d'alarme sur la mort de 11 ouvriers de divers chantiers olympiques.

«C'est l'équivalent d'une équipe de soccer en morts. Tout vient du manque de planification, sans doute. Et de la course contre la montre au moment de finir», a estimé Elaine Castilho, responsable de l'audit sur les travaux olympiques.

Mercredi, l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International s'est émue d'autres morts: elle a dénoncé «la multiplication des homicides commis par des policiers» à Rio.

91 000 cas de Zika

«Les habitants de nombreuses favelas de Rio de Janeiro vivent dans la terreur après au moins 11 homicides par arme à feu imputables à des policiers depuis le début du mois» d'avril, a affirmé Amnesty, en reconnaissant toutefois ne pas pouvoir faire un lien direct avec les préparatifs des Jeux olympiques.

Selon Amnesty, les homicides résultant d'interventions policières ont augmenté de 54% entre 2013 et 2015 dans l'ensemble de l'État de Rio de Janeiro. En 2014, année où le Brésil avait accueilli la Coupe du monde de soccer, 580 personnes avaient trouvé la mort au cours d'opérations policières dans cet État.

La question sanitaire est également l'objet de préoccupations, avec l'annonce mardi de plus de 91 000 cas probables de contamination au virus Zika dénombrés au Brésil, où l'épidémie de chikungunya a parallèlement connu une forte hausse par rapport à 2015.

La microcéphalie des nouveaux-nés (crâne anormalement petit) est une malformation largement liée à Zika: 1198 cas ont été confirmés par le ministère depuis le début de ses relevés en octobre 2015 et 3710 cas suspects sont encore examinés.

Si l'on ajoute à tout cela la récession économique, le tableau est bien sombre à 100 jours des JO de 2016. À un point que personne n'imaginait lorsque Rio a été choisie comme ville-hôte, en octobre 2009.

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