Moteur caché dans les vélos: l'UCI montre les muscles

La nouvelle méthode de scannage utilise une tablette,... (Photo Fabrice Coffrini, AFP)

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La nouvelle méthode de scannage utilise une tablette, un boîtier, un adaptateur et un programme développé pour l'occasion, qui permettent à l'opérateur de contrôler un vélo complet «en moins d'une minute», explique l'UCI.

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Éric Bernaudeau
Agence France-Presse
Aigle

Moteur caché, aimant, batterie dissimulée dans un cadre... À deux mois du Tour de France et après la découverte du premier cas prouvé, l'Union cycliste internationale (UCI) met en garde les tricheurs et assure que grâce à la résonance magnétique, elle va pouvoir détecter toute forme de tricherie mécanique.

Ce n'était jusqu'alors qu'une rumeur confortée par des images troublantes de coureurs accélérant de façon étrange. Et puis en janvier un premier cas a été révélé: la Belge Femke Van den Driessche, championne de cyclo-cross, avait dissimulé un moteur dans son vélo, lors des Championnats du monde à Zolder.

À la fin avril, la jeune femme de 19 ans était suspendue 6 ans et annonçait qu'elle mettait fin à sa carrière.

Ce premier cas avéré a mis en ébullition la presse mondiale spécialisée. Et à quelques jours du Giro et quelques semaines du Tour de France, il fallait que les instances mondiales montrent qu'elles prennent ce problème à bras le corps.

Mardi, l'UCI a ainsi convoqué la presse pour promouvoir son système qui a permis de trouver ce premier moteur caché, un système de résonance magnétique, capable de détecter «toute forme» de fraude technologique, a assuré mardi son président Brian Cookson, lors sa présentation à la presse à Aigle, au siège de l'instance internationale.

La nouvelle méthode de scannage préférée aux rayons X, à l'imagerie thermique ou aux ultrasons, utilise une tablette, un boîtier, un adaptateur et un programme développé pour l'occasion, qui permettent à l'opérateur de contrôler un vélo complet, ses roues, son cadre, son groupe et autres composantes «en moins d'une minute», explique l'UCI.

«Nous vous attraperons»

Le scanner crée un champ magnétique et la tablette détecte ensuite toute interruption de ce dernier qui serait causée par la présence d'un moteur, d'un aimant ou d'un objet solide comme une batterie dissimulée dans un cadre ou un autre composant. La technologie a été développée avec le concours de la société Typhoon, basée à Monaco et dirigée par l'Irlandais Harry Gibbings.

Le dopage mécanique «est une question que nous prenons très au sérieux. Nous envoyons un message pour dire aux tricheurs: "Si vous utilisez cette méthode, nous vous attraperons"», a insisté M. Cookson, qui n'a pas souhaité donner de précisions sur le montant investi par l'UCI dans la mise au point de ce système, «une somme importante certes, mais c'est un nombre à moins de 7 chiffres».

«Nous sommes conscients de l'intérêt des médias au cours des dernières semaines», a ajouté M. Cookson, faisant allusion à un reportage d'une émission sportive de la télévision française qui, avec des caméras thermiques, a alimenté les soupçons sur l'ampleur du phénomène.

«Nous estimons que notre système est plus efficace que celui qu'ils ont utilisé», a ajouté M. Cookson, estimant que «l'imagerie thermique n'est pas aussi fiable que notre technologie».

L'UCI a également testé la technique des rayons X qui s'est avérée «peu pertinente en raison de la complexité des problèmes logistiques inhérents à sa mise en oeuvre» ainsi que celle des ultrasons «prometteuse en théorie mais qui s'est révélée inefficace en raison de l'épaisseur et de la densité très différentes des cadres des vélos et de leurs composants».

Depuis le début de l'année, a précisé Mark Barfield, son directeur technique, l'UCI a procédé à «2500 tests et d'ici à la fin de l'année nous aurons procédé à un total de 10 000 et 12 000 tests».

Sur le Tour de Romandie qui vient de s'achever dimanche à Genève avec la victoire du Colombien Nairo Quintana, l'UCI a procédé à «des contrôles inopinés» et «a contrôlé 507 vélos (...) Aucune fraude technologique n'a été détectée».

Cette année, 274 tests ont été effectués pendant les Championnats du monde sur piste à Londres, 216 au Tour des Flandres ou 232 sur Paris-Roubaix.

Les équipes professionnelles «réclamaient ces tests», a encore assuré M. Barfield qui assure avoir eu «une bonne coopération» avec des dernières.

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