Andre De Grasse prêt à se mesurer aux meilleurs

L'Ontarien de 20 ans Andre De Grasse s'apprête... (Photo Mark Blinch, archives Reuters)

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L'Ontarien de 20 ans Andre De Grasse s'apprête a courir contre les meilleurs sprinters de la planète aux Championnats du monde d'athlétisme présentés à Pékin.

Photo Mark Blinch, archives Reuters

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Lori Ewing
La Presse Canadienne
Pickering, Ontario

Quand Usain Bolt a remporté ses trois médailles d'or aux Jeux de Pékin, en 2008, Andre De Grasse avait 13 ans et rêvait de la NBA.

Il a grandi en jouant au soccer et au basketball. Il pouvait nommer tous les meilleurs joueurs de la Premier League et était un grand partisan de Vince Carter et des Raptors de Toronto. Il savait qui était Bolt, mais il se souciait bien peu du double recordman mondial.

Les choses n'ont pas changé tant que ça tandis que l'Ontarien de 20 ans s'apprête a courir contre les meilleurs sprinters de la planète aux Championnats du monde d'athlétisme présentés à Pékin.

«Je ne pense pas qu'il sera intimidé par Tyson (Gay, triple champion du monde) ou Bolt, a déclaré son entraîneur, Tony Sharpe. Il ne parle jamais de (Justin) Gatlin, Bolt, (Asafa) Powell. Jamais. Ce genre de naïveté ne peut pas nuire. Parfois, ça enlève un peu de pression.

«Mais il y a un je-ne-sais-quoi avec Andre en termes de compétitivité qui ne peut pas être enseigné.»

C'est en raison de cet inexplicable je-ne-sais-quoi que De Grasse a pu enlever le 200 m des Jeux panaméricains, le mois dernier, à Toronto, même s'il s'est élancé pour cette sixième course en trois jours du couloir no 8.

«Je n'ai pas peur de dire que ce 200 m est la plus incroyable course livrée du couloir no 8 que j'ai vue dans ma vie, a dit Sharpe. Habituellement, quand le coureur du corridor extérieur est rattrapé par les autres, c'est terminé. Mais il n'a jamais abandonné. Il est venu de l'arrière avec 10 mètres à franchir. Ça n'arrive jamais. Jamais.»

Si d'accéder au podium à Pékin semble être un défi de taille pour De Grasse, qui sort d'une longue saison en NCAA et qui a couru plusieurs distances aux Panam, Sharpe ne le compte jamais pour battu.

«Si on tient compte qu'il a couru trois 100 m de qualité (à Toronto), il a dû puiser son énergie pour cette victoire au 200 m très loin. Ça ne s'enseigne pas. Le gars refuse simplement de perdre. Je ne miserais jamais contre lui, peu importe la course.»

De Grasse a fait une ascension vertigineuse des classements mondiaux depuis que Sharpe l'a découvert lors d'une rencontre d'athlétisme au secondaire. Sa mère, Beverly De Grasse, a réalisé très tôt qu'il était doté d'une vitesse au-delà de la moyenne. Que ce soit avec un ballon aux pieds ou dans les mains, il distançait facilement ses adversaires. Et il était déjà un fier compétiteur.

«Quand son équipe tirait de l'arrière et qu'elle avait vraiment be soin de lui pour l'emporter, il n'abandonnait jamais, s'est-elle rappelé. Il a toujours eu ce côté très compétitif en lui.»

Deux mois après avoir choisi l'athlétisme, il battait déjà les meilleurs sprinters du secondaire au pays. Un an plus tard, en 2013, il a couru le 100 m en 10,25 pour établir la marque nationale junior.

«Quand vous pensez à tous les grands sprinters qui ont couru leurs années junior au Canada (Donovan Bailey et Bruny Surin, entre autres), d'accomplir cela, à 18 ans, avec le peu d'entraînement qu'il avait eu, vous saviez qu'il était voué à un brillant avenir», a indiqué Sharpe.

Mais ce n'est pas avant sa brillante performance lors des Championnats de la NCAA de cette année que De Grasse a attiré l'attention. Il a alors remporté le 100 m et le 200 m pour les Trojans de l'USC, avec moins de 45 minutes de pause entre les deux courses et avec des temps - légèrement aidés par les vents - qui ont fait de lui un prétendant sérieux aux podiums mondial et olympique.

De Grasse est ensuite devenu le visage des Jeux, sa photo se retrouvant sur les posters et tableaux d'affichage partout autour de Toronto. Mais Beverley ne s'inquiète pas trop sur la réaction de son fils face à toute cette nouvelle publicité.

«Nous sommes très près, lui et moi. Quand quelque chose l'ennuie, il n'a pas peur de venir m'en parler. C'est de cette façon que je l'ai élevé. Je lui dis souvent qu'il n'a que 20 ans et qu'il a encore toute la vie devant lui. Alors mes attentes pour les Mondiaux sont modestes. Je ne m'attends pas à ce qu'il y gagne le 100 m. Je veux seulement qu'il fasse le mieux possible lors de cette journée et qu'il soit content de lui.»

La finale du 100 m aura lieu dimanche. De Grasse ne sera pas du 200 m, mais il courra le 4x100 m.

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