Dopage: l'IAAF maintient la pression sur les tricheurs

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a révélé que 28... (Photo archives Reuters)

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La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a révélé que 28 athlètes ont fait l'objet de tests positifs après que l'organisme eut procédé à de nouvelles analyses des échantillons prélevés aux Championnats du monde de 2005 et 2007.

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Frédéric Bourigault
Agence France-Presse
Paris

À 11 jours des Mondiaux de Pékin, la pression sur les tricheurs s'est encore accentuée avec les réanalyses d'anciens échantillons et l'annonce par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) de 28 cas de dopage lors des championnats du monde 2005 et 2007.

Mais rien à voir a priori avec les accusations récentes des médias allemand et britannique. En pleine tourmente face à ces révélations de pratiques dopantes dans le milieu de l'athlétisme, l'IAAF a rendu publique une démarche visant les Mondiaux 2005 et 2007 et initiée en avril dernier. Donc bien avant les reportages de la chaîne de télévision ARD et du Sunday Times.

Grâce aux progrès de la science et au nouveau code mondial antidopage qui permet d'effectuer des réanalyses sur des échantillons jusqu'à 10 ans après les épreuves, 32 contrôles positifs concernant 28 athlètes ont été mis à jour par l'instance internationale, avec l'aide du laboratoire de Lausanne, mandaté pour l'occasion.

Des chiffres à mettre en rapport avec le nombre de participants à ces Mondiaux: 1688 à Helsinki, 1800 à Osaka.

Pour des raisons juridiques, l'IAAF ne peut pas révéler l'identité des athlètes contrôlés positifs à posteriori.

Mais, première conclusion d'importance, elle précise que cela ne concerne «aucun des athlètes qui participeront à Pékin» aux prochains Mondiaux du 22 au 30 août.

Gatlin pas concerné

Pas de Gatlin donc parmi les fautifs. L'Américain, suspendu cinq ans au total pour dopage, dont quatre ans entre 2006 et 2010, fait bien partie de la sélection de 130 athlètes américains qui ira en Chine. Il avait crevé l'écran en 2005 à Helsinki, avec le doublé 100-200 m.

«Une grande majorité des 28 athlètes concernés a pris sa retraite, certains d'entre eux ont déjà été sanctionnés, et une très petite partie reste active dans le sport», précise l'IAAF dans un communiqué.

Ceux qui restent en activité sont d'ores et déjà suspendus par la fédération internationale, ajoute l'instance.

Deuxième conclusion: les réanalyses sont bien une arme de dissuasion massive contre les tricheurs actuels.

Car l'IAAF avait déjà diligenté des réanalyses sur des échantillons de Helsinki-2005 en mars 2013, avec à la clé six résultats positifs.

C'est ainsi que les Russes Olga Kuzenkova (médaillée d'or au lancer du marteau), Tatyana Kotova (argent en longueur), ainsi que les Biélorusses Ivan Tikhon, Vadim Devyatovskiy (respectivement or et argent du lancer du marteau), Nadzeya Astapchuk (or au poids) et Andrei Mikhnevich (6e du lancer du poids) avaient été rattrapés par la patrouille, après coup.

Dans ces conditions, tricher ne dure donc qu'un temps. Ces 28 cas annoncés mardi sont de nouveaux cas, qui s'ajoutent aux neuf autres déjà recensés sur l'ensemble des réanalyses effectuées sur des Championnats du monde.

«Certains continuent de tricher»

«L'IAAF ne se voile pas la face face au fait que certains athlètes continuent de tricher (...) mais nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir, et utiliserons tous les outils disponibles pour protéger les athlètes propres, qui forment la majeure partie de notre sport», conclut l'IAAF.

L'annonce des résultats intervient à un moment clé, si près des Mondiaux et alors que le monde de l'athlétisme est fortement secoué par plusieurs scandales de dopage.

Dans un documentaire diffusé au début du mois, et détaillé par le Sunday Times, la chaîne publique allemande ARD avait construit ses accusations de dopage sur une base de données de 12 000 échantillons sanguins prélevés entre 2001 et 2012 sur 5000 athlètes et les analyses faites par deux spécialistes australiens.

Samedi dernier, l'IAAF a accusé de «naïveté» ces deux experts, Michael Ashenden et Robin Parisotto, en qualifiant leurs allégations d'«inexactes».

Elle a aussi apprécié le soutien d'un autre scientifique, le professeur Arne Ljungqvist, selon qui les accusations la visant sont «tout à fait injustes».

«L'IAAF a fait plus que les autres, avant les autres, et elle est aujourd'hui accusée de n'en avoir pas fait assez, par des gens qui n'ont aucune connaissance de son travail», avait regretté le professeur Ljungqvist, ancien président de la commission médicale du Comité international olympique (2003 à 2014) et ancien vice-président de l'AMA (2008 à 2013).

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