Deux Montréalaises à l'ère du design antigaspillage

Les Montréalaises Élyse Leclerc (à gauche) et Gabrielle... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Les Montréalaises Élyse Leclerc (à gauche) et Gabrielle Falardeau ont fondé le studio de design d'objets et d'espaces Jarre.

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Lucie Lavigne
Lucie Lavigne
La Presse

À l'heure où la création d'objets pour la cuisine fait fureur, Élyse Leclerc et Gabrielle Falardeau se distinguent avec des accessoires conçus pour préserver les fruits, les légumes et les condiments, tout en les mettant à portée de main. Du design culinaire qui permet d'éviter d'oublier certains aliments (au frigo) et, surtout, de ne pas les gaspiller ! Tandem inspiré.

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La Denise II

PHOTO FOURNIE PAR JARRE

Qui sont-elles? Deux jeunes femmes de 26 ans, cofondatrices de Jarre.

Les deux fondatrices de Jarre partagent un grand atelier, à deux pas du quartier Mile-Ex, à Montréal. Un loft au style bohème, ultra-branché. Complices, les deux jeunes femmes - vives, rieuses, passionnées - forment une équipe de jeunes entrepreneuses depuis l'enfance.

Depuis l'enfance ? « Dès l'âge de 1 an, nous étions ensemble à la même garderie, dans le Plateau Mont-Royal, précise Élyse, sourire en coin. Ensuite, nous avons été inséparables tout au long de notre primaire et avions toujours des projets en tête. »

Les années ont passé. Élyse a entrepris un bac en design de l'environnement à l'UQAM et Gabrielle, de son côté, a choisi la production cinématographique à l'Université Concordia. Après leur deuxième année de bac, les amies se lancent un défi : un service de traiteur pour étudiants baptisé Turquoise & Échalote. « On trouvait qu'il manquait de nourriture saine et abordable autour des universités. »

Au gré des achats au marché, elles découvrent une réalité : le gaspillage alimentaire. Élyse se passionne aussi pour le travail de la Coréenne Jihyun Ryou, qui a imaginé du mobilier inspiré d'anciennes pratiques de conservation. Un projet baptisé Save Food From The Fridge.

« Wow ! J'ai tripé sur ses créations. C'est une grande source d'inspiration. Je me suis dit qu'il fallait réinterpréter ce concept au Québec », précise-t-elle. En 2012, le prototype d'une armoire murale pour conserver les fruits et les légumes est élaboré : La Denise. Après une année de formation en ébénisterie, le tandem crée, à l'été 2014, son studio de design culinaire Jarre. « Jarre, parce que c'est l'un des plus anciens pots de conservation », expliquent-elles. Dans la foulée, La Denise II est mise au point. « C'est un bol en céramique rehaussé de lattes de bois qui permet d'hydrater quotidiennement les fruits et légumes qui y sont déposés », explique Gabrielle. Une belle façon de présenter des aliments tout en les préservant quelques jours durant, à l'air libre. « L'idée n'est pas de condamner les réfrigérateurs, mais plutôt de mettre des fruits, des légumes et des condiments bien à la vue et de les consommer rapidement ! », ajoute Élyse.

« Notre volonté est de faire évoluer la cuisine à travers nos produits qui permettent de mettre les fruits et les légumes à la vue et d'en prendre soin grâce à des techniques ancestrales de conservation. L'idée n'est pas de les laisser sur le comptoir bien longtemps, mais plutôt de les consommer rapidement et d'éviter le gaspillage des aliments, trop souvent oubliés dans le frigo », disent Élyse Leclerc et Gabrielle Falardeau.

« Et pourquoi ne pas repenser notre façon d'acheter les réfrigérateurs ? Faut-il nécessairement en choisir un énorme et le remplir complètement ? », se demande Gabrielle.

Leur démarche, dans l'air du temps, s'inscrit dans un courant antigaspillage alimentaire qui fait de plus en plus d'adeptes et qui est encouragé par plusieurs chefs au Québec.

L'été dernier, les deux jeunes femmes ont lancé une campagne de financement participatif. « C'était pour l'achat et la fabrication de moules », indique Gabrielle. Selon elle, le prix des « Denise » est relativement élevé, car leur production « est locale et artisanale », explique-t-elle. 

Déterminées et créatives, Élyse et Gabrielle ne cessent d'expérimenter afin de trouver de nouvelles solutions pour conserver d'autres types d'aliments (comme les fines herbes et les laitues) et pour abaisser le coût des produits. « On aimerait réaliser une collection en feutre, pour la conservation, qui serait plus abordable », concluent-elles.

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