Passion vintage

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Le loft de Stéphane St-Arnaud, propriétaire du magasin Du design, du rétro et du kitsch

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Muriel Françoise

Collaboration spéciale

La Presse

Ils sont antiquaires et collectionneurs. Ils consacrent leur vie à chercher la pièce rare ou singulière à laquelle ils donneront une nouvelle jeunesse. Mise en lumière de ces passionnés qui font l'âme de nos villes et de nos maisons.

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L'antiquaire Pei Lei est propriétaire de la boutique PEI mobilier moderne 20e siècle, qui partage un ancien entrepôt du Mile End avec Style Labo.

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Pei Lei: Le collectionneur professionnel

La boutique PEI mobilier moderne 20e siècle, qui partage un ancien entrepôt du Mile End avec Style Labo, est une halte obligatoire pour les amateurs de design scandinave. Rencontre avec son propriétaire, Pei Lei, et confessions sur le divan, de collection.

Vous définiriez-vous plutôt comme un collectionneur ou comme un professionnel au flair aiguisé?

Je pense que je suis plutôt collectionneur. J'ai commencé comme ça en collectionnant des meubles vintage. Quand je n'ai plus eu de place chez moi, j'ai commencé à en revendre, et c'est devenu un métier. Mais un peu dangereux, car je peux décider de garder certaines belles pièces pour moi.

Quel chemin vous a mené au design vintage?

J'ai fait des études en art et communications. Grâce à celles-ci, je me suis intéressé à l'histoire du design. En sortant de l'université, j'ai travaillé sur un plateau de télévision. On faisait une émission sur les années 60 dont la déco venait de la rue Amherst. À partir de ce moment, toutes mes payes y sont passées. J'achetais, j'accumulais sans savoir que je montais une collection. Après une dizaine d'années comme assistant d'un photographe, j'ai subi une opération qui m'a empêché de travailler pendant un an. Lorsque j'ai appris, en 2009, qu'un local intéressant était à louer rue Ontario, j'ai saisi ma chance, et j'ai ouvert ma première boutique.

Vous souvenez-vous de votre première acquisition?

La première pièce que j'ai achetée, à 27 ans, était un ensemble de salle à manger: une table et quatre chaises du style «Tulipe» du designer finlandais Eero Saarinen fabriquées par une firme québécoise. À l'époque, l'ensemble coûtait 575 $, et je ne parvenais pas à croire que je me permettais cet achat.

Quelle origine ou époque vous attire le plus dans l'histoire du design?

Je dirais le mobilier scandinave de la fin des années 50 jusqu'à la fin des années 60, très avant-gardiste et minimaliste. Le mobilier américain et européen, en particulier italien, de cette époque m'attire beaucoup aussi.

Quel est le meuble que vous préférez chez vous?

Je suis assez fier de mes commodes Raymond Loewy, un designer d'origine française. Celle de notre chambre est dans des dégradés de rouge et d'orange, et celle du salon, achetée à un confrère de la rue Amherst, de gris et de vert. J'ai mis trois mois à payer la première. Mes amis me traitaient de fou, car avec son plastique et ses couleurs vives, on aurait dit un mobilier de chambre pour enfant.

Pour quelles raisons recommanderiez-vous votre boutique à un ami?

Pour le conseil. J'aime prendre le temps d'expliquer pourquoi une pièce est plus intéressante qu'une autre, a une plus grande valeur ou est une rareté afin que les gens fassent un bon achat. Je vais parfois leur déconseiller un meuble parce qu'il n'ira pas chez eux, et même les diriger vers un confrère si je n'ai pas ce qu'ils cherchent.

Quels conseils donneriez-vous aux gens à la recherche d'objets vintage?

Quand on sait ce qu'on cherche, le secret consiste à aller souvent dans les boutiques, et à ne pas hésiter quand on voit la pièce qu'on veut à un bon prix, parce qu'elle peut partir très vite et ne jamais revenir. Il faut aussi bâtir une relation de confiance avec un vendeur, se laisser guider par lui, par exemple pour savoir qu'il s'agit d'une pièce originale et non d'une copie, et acheter de la qualité.

Quelle est la plus belle surprise que vous ait amenée votre passion?

Je dirais la rencontre de ma femme il y a cinq ans. Elle venait d'arriver à Montréal et devait meubler son appartement. Je lui ai vendu quelques meubles et, de fil en aiguille, elle est devenue ma conjointe et la mère de mon fils.

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Stéphane St-Arnaud habite un loft situé dans une ancienne biscuiterie du quartier Hochelaga-Maisonneuve.

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Stéphane St-Arnaud: Le chasseur rétro

Le loft de Stéphane St-Arnaud, dans une ancienne biscuiterie, est à l'image de son magasin Du design, du rétro et du kitsch dans le quartier d'Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Visite d'un lieu ordonné avec coeur et anecdotes triées sur le volet.

Vous définiriez-vous comme un collectionneur ou comme un professionnel au flair aiguisé?

Plutôt comme un professionnel au flair aiguisé. Pour moi, ce qui est important, c'est la chasse ou la quête des objets. Une fois que je les ai, je les oublie. Ma blonde est plus collectionneuse que moi. Quand je trouve un objet, c'est toujours elle qui a le premier choix. En tant que designer, elle aime être entourée de belles choses.

Quel chemin vous a mené au design vintage?

L'intérêt pour le vintage m'est venu très jeune, car enfant, je faisais les ventes de garage avec mon père les fins de semaine. J'ai ensuite étudié l'animation 3D, et travaillé pour une entreprise qui fabriquait des jeux pour enfants. J'ai commencé à me passionner pour le vintage quand j'ai découvert eBay, en 1998. J'ai acheté un vieux radio 5 $ que j'ai revendu plus de 200 $. Je me suis mis à vendre de petits objets, beaucoup de lampes, et à apprendre. Quand j'ai commencé à accumuler trop de choses, j'ai décidé d'aller aux puces. J'ai profité d'une vague de licenciements dans la firme où j'avais travaillé une douzaine d'années pour essayer de vivre de ma passion, et j'ai ouvert ma première boutique dans la rue Amherst en 2005.

Quelle origine ou époque vous attire le plus dans l'histoire du design?

J'aime beaucoup ce qu'on appelle le «Space Age», le design en plastique des années 70, très coloré avec, souvent, des formes arrondies. J'aime mélanger le teck, plus austère, avec des choses de la culture pop.

Quel est le meuble que vous préférez chez vous?

Je pense que c'est le secrétaire de Raymond Loewy dans notre chambre. Je l'ai trouvé à un prix dérisoire dans une brocante. Je n'avais aucune idée de ce que c'était, mais, une heure plus tard, un marchand me proposait de le racheter. Mon intuition m'a dit de le garder. Et j'ai bien fait, Raymond Loewy est un designer célèbre qui a, entre autres, créé le logo de Shell et l'intérieur du Concorde.

Pour quelles raisons recommanderiez-vous votre boutique à un ami?

Pour le propriétaire, parce qu'il est sympathique et gentil [sourire]. Je partage volontiers mes connaissances si le client le demande. Je pense aussi avoir une offre variée. On ne sait jamais sur quoi on va tomber dans la boutique. Il y a du design scandinave, mais si quelqu'un cherche un espadon de huit pieds de long, j'en ai un en ce moment. J'ai aussi un distributeur Coca-Cola des années 50.

Quels conseils donneriez-vous aux gens à la recherche de pièces vintage?

Le premier serait de passer souvent en boutique si on cherche quelque chose de particulier même si nous affichons beaucoup sur Facebook, car nous n'avons pas toujours le temps de tout prendre en photo. Si possible, il faut venir en semaine. Je ferme les lundi et mardi pour restaurer des meubles. Il y a donc des chances qu'il y ait de nouvelles pièces sur le plancher le mercredi matin.

Quelle est la plus belle surprise que vous ait amenée votre passion?

C'est grâce à une chaise que j'ai rencontré ma conjointe. Je venais d'emménager dans son immeuble. Elle a vu mon activité sur la page Facebook des habitants, et m'a écrit qu'elle cherchait une chaise berçante vintage Eames. Nous avons fait connaissance, puis fini par partager le même loft, et je lui ai offert la chaise à Noël. Depuis ce jour-là, elle reçoit une chaise pratiquement à chaque Noël, car c'est son point faible.

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La boutique Spoutnik

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Des adresses vintage

Montréal fourmille de boutiques vintage dont l'offre dépend souvent des coups de coeur de leurs propriétaires. Voici cinq adresses à visiter aussi dans la métropole.

Spoutnik

Sylvie Rochon, propriétaire de la boutique Spoutnik, rue Amherst, s'embarrasse peu des tendances. «Il faut vivre avec les objets qu'on aime», clame-t-elle. Cette ancienne peintre scénique, diplômée en design graphique et d'intérieur, aligne ses trésors dans sa boutique depuis 1998. On y trouve beaucoup de lampes étonnantes, y compris ses créations d'abat-jour dans des tissus vintage. À y regarder de plus près, on constate que plusieurs modèles ont un air de famille avec les créations de jeunes designers. «Tout revient, c'est pour cette raison qu'il faut s'entourer d'objets uniques», explique Sylvie.

Hus atelier

Hus («maison», en suédois et en danois) propose du mobilier scandinave vintage, mais aussi neuf et fabriqué au Québec. «En 2011, je suis parti à Copenhague pour comprendre le mode de vie des Danois», raconte François Tremblay, qui a fait des études de théâtre avant d'ouvrir sa boutique dans le quartier de Rosemont, il y a cinq ans. Depuis, il conçoit des meubles de salle de bains, des lits et des banquettes aux lignes épurées correspondant aux exigences d'aujourd'hui et modulables, une priorité pour les Scandinaves. Il promet bientôt des lampes en céramique.

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La boutique L'Allumeur

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L'allumeur

À 17 ans, Roger Greffard frottait des lampes pour un antiquaire. Il possède aujourd'hui une boutique de luminaires dont les vitrines donnent de l'éclat à la Petite-Bourgogne. Modèles Art nouveau, Art déco, mid-century, classiques ou rococo... tout est là, à partir de 80 $. Le lampiste répare et crée aussi des luminaires avec des pièces apportées par ses clients. «Ne jetez pas les lampes de vos grands-mères!», martèle-t-il. Depuis deux ou trois ans, il vend beaucoup de lustres de cristal aux habitants de condos modernes. «Il faut une antiquité pour mettre une touche de vie dans une maison», assure-t-il.

Chez Lamothe

Après 20 années passées dans l'univers de la mode, Jean-François Lamothe a transformé son passe-temps, notamment pour Showroom Montréal, en profession. Il a ouvert, en septembre dernier, une adresse vintage près de la Plaza Saint-Hubert. Il y propose des meubles de différentes essences de bois aux lignes scandinaves, dont beaucoup sont d'origine canadienne et parfois neufs, ainsi qu'un beau choix de céramiques et d'objets de petite décoration. Il distribue également les créations de Lavoie luminaires aux côtés de modèles d'époque. Peu de grands noms, mais de belles pièces à prix doux et le sourire!

Showroom Montréal

C'est une référence pour les esthètes et les collectionneurs, mais aussi pour les gens à la recherche de la salle à manger coordonnée (table, chaises, buffet). Dans cette boutique ouverte en 2008 dans Hochelaga-Maisonneuve par Éric Duchesne, la préférence est donnée aux meubles signés. Børge Mogensen, Arne Jacobsen, Hans J. Wegner, Verner Panton, Harry Bertoia comptent parmi les grandes pointures du design qui ont pris place chez l'antiquaire très couru. Les restaurations de qualité assurent une longue vie à ces pièces rares qui, si elles ont un certain prix, devraient conserver une bonne valeur de revente, le cas échéant.




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