«Vous ne mourrez pas ce soir»: un héros ordinaire de la tuerie de Las Vegas

Des enquêteurs scrutent le terrain où avait lieu... (Photo Marcio Jose Sanchez, Associated Press)

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Des enquêteurs scrutent le terrain où avait lieu le festival.

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Cyril Julien
Agence France-Presse
Las Vegas

«Vous ne mourrez pas ce soir, je le promets»: Bruce Ure a sauvé trois personnes gravement blessées dans la fusillade de Las Vegas, mais il assure être un héros ordinaire, comme des dizaines d'autres dimanche soir.

À quelques mètres du site de l'hôtel-casino Mandalay Bay, quelques bouquets de fleurs, des ballons rouges en forme de coeur, des bougies allumées rendent hommage aux 59 victimes du carnage perpétré par Stephen Paddock, un comptable à la retraite de 64 ans, joueur invétéré et habitué des casinos.

La zone était toujours bloquée mardi par la police pour laisser les enquêteurs du FBI rechercher des indices, sous l'oeil de nombreuses caméras de télévision. Au-dessus d'eux, on peut encore apercevoir la fenêtre béante du 32e étage, là où le tireur «fou» a visé la foule.

«On était en arrière-scène, dans la section la plus proche du Mandalay Bay», explique Bruce Ure, shérif adjoint de la police de Seguan, au Texas.

Venu dans la cité du Nevada pour assister au concert géant de musique country, il porte encore le ruban du carré VIP à son poignet droit.

«Soudain, j'ai cru entendre des pétards, puis soudain j'ai entendu le sol éclater tout autour de nous. Comme dans les westerns, quand on tire sur le sol pour faire danser», raconte-t-il.

«C'était la dernière soirée de concert, la grande soirée, explique le policier. Si quelqu'un voulait faire quelque chose de gros, c'était ce soir-là».

«Un carnage»

Et puis, le shérif adjoint se rend compte que les balles, «au moins 50 coups par rafale», viennent d'en haut et de derrière lui. «Je portais du noir, c'est peut-être cela qui m'a sauvé», dit-il, avouant avoir vu «un carnage, des flaques de sang» quand il tentait de se mettre à l'abri.

C'est là qu'il voit «un jeune homme d'une vingtaine d'années, touché à la cuisse droite. Il était en train de mourir» et le tire hors de portée du tireur.

Alors qu'il tente de contenir le sang, deux autres femmes s'approchent. L'une blessée à la poitrine, l'autre dans le dos.

Bruce Ure raconte alors qu'il arrête une voiture qui passe. «J'ai dit au conducteur: "J'ai besoin de votre voiture, j'ai trois personnes en sang". Il n'y a pas pensé à deux fois, ce gars est un héros, et des héros comme lui il y en avait partout ce soir-là», dit-il la voix tremblante d'émotion malgré une carrière de 33 ans dans la police.

Dans la voiture qui file vers l'hôpital le plus proche, le shérif du Texas a constamment tenu la main d'une des deux femmes. «Tout le monde pleurait, moi aussi, et la dame gémissait "On va mourir"», dit-il, et j'ai répondu: «"pas ce soir, vous ne mourrez pas ce soir, vous allez vous en sortir"».

Bruce Ure et son chauffeur d'un soir ont réussi à arriver à l'hôpital à temps et les blessés ont survécu. «Je sais qu'ils vont bien, mais je ne connais pas leur nom», dit-il.

Inconnu des services de police, Stephen Paddock a accumulé dans la plus grande discrétion un arsenal de 42 fusils et armes de poing, des explosifs et des milliers de munitions, et assassiné 59 personnes dimanche soir, plus qu'aucun tireur dans l'histoire récente des États-Unis. Plus de 500 personnes ont aussi été blessées.

Interrogé sur la question des armes, le shérif adjoint refuse toutefois de commenter.» Ce n'est pas mon domaine, dit-il. Je suis celui qui essaie d'arranger les choses, pas celui qui doit dire qui est responsable».




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