Harvey: les sinistrés se tournent vers l'État

Un ouvrier participe au nettoyage d'une maison de... (PHOTO JAY JANNER, AP/AUSTIN AMERICAN-STATESMAN)

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Un ouvrier participe au nettoyage d'une maison de Houston en éliminant les matériaux endommagés par les inondations, le 1er septembre.

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Delphine TOUITOU
Agence France-Presse
WASHINGTON

Qui va payer la facture astronomique laissée par l'ouragan Harvey aux États-Unis ? La plus grande partie des dommages n'étant pas couverte par les assurances, les sinistrés se tournent vers l'État fédéral et la charité publique.

Maisons noyées par l'eau boueuse, voitures bonnes à mettre à la casse, réseaux électriques coupés, infrastructures endommagées, les coûts des dégâts provoqués par l'ouragan, qui a frappé le Texas et une partie de la Louisiane, devraient compter parmi les cinq plus élevés jamais enregistrés dans le pays.

Selon la Maison-Blanche, quelque 100 000 foyers ont été touchés par la catastrophe.

Les spécialistes font de leur côté état de dégâts matériels allant de 30 à 100 milliards de dollars.

« Cela va prendre au moins un an avant que nous ayons recueilli suffisamment de données pour déterminer précisément l'impact de Harvey, et pour distinguer ce qui relève directement de la tempête », reconnaît Chuck Watson, fondateur de l'agence de modélisation Enki Research.

Pour l'heure, il évalue les dégâts à 78 milliards de dollars.

S'agissant du seul État du Texas, deuxième du pays et importante région pétrolière, Harvey a généré 58 milliards de dollars de dégâts, a estimé de son côté une équipe d'experts allemands des catastrophes naturelles.

Aux États-Unis, la couverture pour les dégâts des eaux est distincte du contrat multirisque habitation. Et, les cartes de zone à risque n'ayant pas toujours été mises à jour, « deux tiers des zones inondées ne se trouvent pas dans celles considérées comme à risque », selon Chuck Watson.

Mais même dans celles-ci une minorité de propriétaires aux États-Unis (12 %), et à peine plus dans le sud (14 %) étaient assurés en 2016 contre les dégâts des eaux, selon l'Insurance Information Institute.

Sans aide du gouvernement, les victimes pourraient se retrouver ruinées.

Aux États-Unis, la couverture pour les dégâts des eaux est distincte du contrat multirisque habitation. Et, les cartes de zone à risque n'ayant pas toujours été mises à jour, « deux tiers des zones inondées ne se trouvent pas dans celles considérées comme à risque », selon Chuck Watson.

Aussi les sinistrés n'ont-ils d'autre choix que de se tourner vers les organismes d'État à l'instar de l'Agence fédérale des situations d'urgence (FEMA) et de son fonds national d'assurance contre les inondations (National Flood Insurance Program) qui est censé régler l'essentiel des réparations.

« La FEMA a reçu plus de 427 000 demandes d'assistance. Plus de 117 000 personnes et foyers ont reçu une approbation pour une aide représentant plus de 76 millions de dollars », a indiqué vendredi à l'AFP un porte-parole de la FEMA.

Le programme contre les inondations a pour sa part enregistré 51 000 demandes au Texas, a-t-il ajouté, soulignant que des aides de 5000 à 10 000 dollars allaient être débloquées par dossier.

Des millions de dollars de dons

Or les médias américains ont pointé du doigt la grande fragilité financière de ce fonds faisant peser une menace sur le financement de la réparation pour les rescapés qui vont commencer à nettoyer leurs maisons ou pour les entreprises qui vont devoir remettre en état leurs installations.

De son côté, la Maison-Blanche a annoncé vendredi qu'elle allait demander au Congrès de débloquer près de huit milliards de dollars pour venir en aide aux victimes de la tempête. L'objectif est de fournir rapidement des ressources au fonds de la FEMA afin que celui-ci demeure approvisionné.

Pour l'ouragan Katrina qui avait ravagé la Nouvelle Orléans et la côte du golfe du Mexique en 2005, l'État fédéral avait consacré quelque 100 milliards de dollars au secours et au redressement de ces régions. Katrina avait fait plus de 1800 morts.

Outre l'aide publique, plusieurs célébrités américaines, de Beyoncé à Sandra Bullock, en passant par le joueur de football J.J. Watt ont déjà annoncé avoir mis la main à la poche pour soutenir les victimes de Harvey.

Michael Dell, un Texan qui a fait fortune dans l'informatique, et son épouse Susan ont quant à eux dévoilé vendredi un don personnel immédiat de 18 millions de dollars pour lancer un Fonds de reconstruction du Texas.

Le monde du sport américain s'est également mobilisé: la NBA et ses joueurs ont ainsi fait don de millions de dollars aux victimes de la tempête.

Donald Trump, qui doit revenir au Texas samedi, a lui promis de faire un don personnel d'un million de dollars.

Au-delà des dégâts matériels, les économistes de Barclays ont estimé vendredi que Harvey pourrait ôter de 1,0 à 1,5 point de pourcentage au taux de croissance de l'économie américaine au troisième trimestre.




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