Les déclarations de Trump ne sont pas toujours des ordres

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Donald Trump a tenu jeudi soir dernier un rallye politique à Huntington, en Virginie-Occidentale, où il s'en est à nouveau pris à son ex-rivale Hillary Clinton.

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne
Washington

Quelque chose d'étrange se produit en ce moment à Washington: l'homme le plus puissant de la capitale américaine, le président des États-Unis, fait des déclarations sur des politiques qui sont aussitôt ignorées ou minimisées par sa propre administration.

L'émission dominicale du réseau Fox News a permis d'observer un exemple éloquent de ce phénomène.

Cette semaine, le président Donald Trump a déclaré lors d'un rassemblement partisan que le département de la Justice devrait enquêter sur les «33 000 courriels supprimés par Hillary Clinton», alors que la foule scandait le fameux slogan «Lock her up!».

Il n'en est pas question, a rétorqué le procureur général adjoint.

Rod Rosenstein a rejeté l'idée voulant que les déclarations du président soient perçues comme des ordres, mais il a aussi clairement dit que, même si le président lui faisait directement et formellement cette demande, il refuserait.

Selon lui, «il ne serait pas juste d'enquêter sur une personne», ajoutant que ce n'est pas de cette façon que le département fonctionnait.

Ce revers fait suite à un autre événement semblable survenu quelques jours plus tard, lorsque le président Trump a annoncé que les transgenres ne seraient plus admis dans l'armée.

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Rod Rosenstein

AFP

Ce message clair et net a provoqué son lot de questions, notamment sur la façon d'implanter une telle décision: qu'est-ce qui arrivera des transgenres déjà dans l'armée? Quelles conditions financières pourraient s'appliquer si ces personnes sont congédiées? Et finalement: est-ce que cette décision pourrait être contestée devant les tribunaux?

Mais l'armée a aussitôt dit que la politique ne serait pas mise en place.

Dans une note interne consultée par le site Politico, dans une déclaration du département de la Défense, et dans un échange avec les journalistes, une chose était claire : l'armée n'avait pas perçu le message du président comme une directive officielle.

«Ce que vous avez vu dans un micromessage est une annonce. Les ordres et les annonces sont des choses différentes et nous attendons un ordre du commandant en chef pour agir», a déclaré le capitaine de la Marine américaine, Jeff Davis.

Un militaire bien informé a confié, sous le couvert de l'anonymat, que cette discorde pourrait avoir des conséquences importantes: si le président donnait un ordre mal avisé de mener des frappes sur la Corée du Nord, l'armée pourrait refuser en disant qu'il s'agit d'un «ordre illégal».

Par exemple, un ordre illégal serait de mener une intervention militaire qui nécessite l'approbation du Congrès.

«Il y a un certain niveau de dysfonctionnement», a soutenu l'écrivain conservateur Ramesh Ponnuru, au réseau ABC.

«Le Pentagone semble essentiellement ignorer le micromessage du président (sur les transgenres). Et ce n'est pas quelque chose d'isolé au Pentagone. Le vice-président semble avoir sa propre politique sur la Russie. Le procureur général Jeff Sessions ne fait pas ce que le président lui dit de faire pour accuser ou enquêter sur Hillary Clinton.»




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