La Maison-Blanche rêve de pouvoir oublier le «nuage» russe

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Si James Comey a décrit publiquement Donald Trump comme un menteur peu digne de confiance, la Maison-Blanche pense pouvoir utiliser son témoignage pour alléger la pression sur son administration.

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Andrew BEATTY
Agence France-Presse
WASHINGTON

Du témoignage à charge de l'ex-chef du FBI, la Maison-Blanche ne voudrait retenir qu'une chose : la confirmation que le président américain ne fait pas l'objet d'une enquête. L'exécutif espère que cela aidera Donald Trump à traverser la tempête. Un voeu qui pourrait rester pieux.

Si James Comey a décrit publiquement le président comme un menteur peu digne de confiance, la Maison-Blanche pense pouvoir utiliser son témoignage pour alléger la pression sur l'administration Trump.

Durant son audition sous serment, l'ancien premier policier des États-Unis a accompli exactement ce que le président lui avait demandé... mais qu'il ne pouvait pas faire lorsqu'il était en poste : il a révélé au public que le milliardaire n'était pas personnellement visé par une enquête dans la tentaculaire affaire de l'ingérence russe présumée dans la présidentielle américaine.

Le « nuage » russe, comme M. Trump l'aurait lui-même appelé selon M. Comey, a jeté une ombre sur sa victoire électorale, a fait chuter sa cote de popularité, a mis la Maison-Blanche sur le pied de guerre et a conduit le FBI et le Congrès à lancer plusieurs enquêtes.

« Il ne fait aucun doute que si les membres de l'administration sont concentrés sur les enquêtes, cela les détourne de notre agenda législatif », a noté Marc Short, l'un des conseillers de Donald Trump.

Obstruction pénale

Comme le dossier Iran-Contra avait empoisonné le second mandat de Ronald Reagan, au cours duquel 11 responsables avaient été inculpés, l'administration actuelle est préoccupée et sur la défensive.

Ainsi, même avec un Congrès républicain, les victoires du président milliardaire jusqu'à présent résultent surtout de destructions, plutôt que de réalisations politiques : il a ainsi conduit le pays à quitter le traité transpacifique et à sortir de l'accord de Paris sur le climat.

L'audition de James Comey laisse donc de l'espoir aux républicains, qui hurlent au complot de gauche et présentent comme des « fausses informations » les allégations de collusion entre M. Trump et les Russes.

Cependant, l'ancien chef du FBI a souligné que si le président n'était pas personnellement l'objet d'une enquête lorsque M. Comey a été limogé le 9 mai, les choses ont peut-être changé depuis.

Il a aussi pris soin de noter que ce serait au procureur spécial Robert Mueller, qui a repris l'enquête et lui aussi un ancien chef du FBI, de décider si Donald Trump devra faire l'objet d'une enquête pour obstruction à la justice, pour avoir essayé de noyer l'enquête sur la Russie et renvoyé James Comey.

Selon le témoignage de ce dernier, le président américain a cherché à faire dérailler l'enquête concernant son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, personnage central du dossier, ce qui apparaît au mieux comme un mauvais calcul politique, et qui pourrait au pire constituer une obstruction pénale.

« Faux témoignages et mensonges »

M. Comey a aussi été clair : plusieurs membres de la Maison-Blanche, dont certains sont toujours en poste, pourraient avoir de sérieux problèmes.

Tout cela annonce probablement une très longue enquête.

Face à cette perspective, la Maison-Blanche a tenté de se mettre en retrait du scandale, laissant l'avocat personnel du président Marc Kasowitz et l'expert en relations publiques républicain Mark Corallo répondre aux allégations de James Comey.

Une stratégie assez décalée quand Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, mettait en avant « la semaine des infrastructures » jeudi, alors que le tout-Washington était pendu aux lèvres de James Comey, dont l'audition était retransmise en direct sur les télévisions américaines.

Et puis, bien sûr, Donald Trump a tweeté.

« Malgré tant de faux témoignages et de mensonges, confirmation totale et complète... et WOW, Comey organise des fuites ! », a-t-il écrit sur le réseau social vendredi matin, redirigeant les projecteurs vers la Maison-Blanche. Et prenant au passage de nouveaux risques en accusant tout bonnement l'ancien directeur du FBI de parjure.

Autant dire qu'après cela, les infrastructures n'occupaient pas beaucoup de conversations.

La Maison-Blanche voudrait tirer un trait sur ce scandale, mais Donald Trump, plus que jamais décidé à prouver sa légitimité et à avoir le dernier mot, ne semble guère enclin à jouer le jeu.




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