Climat: isolée, l'administration Trump s'en prend à l'Europe

Le 45e président des États-Unis, Donald Trump, croit-il au... (Photo Michael Holahan, AP)

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Le 45e président des États-Unis, Donald Trump, croit-il au réchauffement climatique? Son porte-parole Sean Spicer a esquivé la question hier: «Je n'ai pas eu l'occasion d'avoir cette discussion avec lui», a-t-il répondu.

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Agence France-Presse

Montrée du doigt, isolée sur la scène internationale, l'administration Trump a défendu vendredi son retrait de l'accord de Paris sur le climat, s'en prenant, pêle-mêle, aux Européens accusés de vouloir affaiblir l'économie américaine, et aux «exagérateurs du climat».

Les réactions ont fusé des quatre coins de la planète, dans la sphère politique mais aussi économique, entre stupeur, colère et effarement, après le discours du président des États-Unis annonçant l'abandon de ce texte emblématique conclu fin 2015 par 195 pays. Mais cette décision-choc a aussi provoqué un véritable sursaut aux États-Unis.

«Le président a pris une décision très courageuse (...) Nous n'avons aucune raison de nous excuser», a lancé Scott Pruitt, administrateur de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

Au moment où les pays européens s'affichaient, avec la Chine, comme les nouveaux porteurs de flambeau de la «diplomatie climat», l'exécutif américain accusait ces derniers de monter au créneau sur ce thème pour nuire aux États-Unis.

«La raison pour laquelle les dirigeants européens veulent que nous restions dans l'accord est qu'ils savent que cela va continuer à brider notre économie», a avancé M. Pruitt, dénonçant par ailleurs ceux qu'il a qualifiés d'«exagérateurs du climat».

Interrogé pour la énième fois sur la position du 45e président des États-Unis sur le réchauffement climatique, son porte-parole Sean Spicer a esquivé: «Je n'ai pas eu l'occasion d'avoir cette discussion avec lui», a-t-il répondu devant une salle de presse médusée.

«Sursaut»

De New York à la Californie, plusieurs dizaines de villes et d'États américains ont immédiatement organisé la résistance. L'ex-maire de New York Michael Bloomberg a assuré, depuis l'Elysée, que les engagements des États-Unis seraient tenus, en dépit des choix de Donald Trump.

«Nous ne permettrons pas à Washington d'être sur notre chemin, c'est le message que les citoyens, les entreprises et les États fédérés envoient ce soir», a-t-il souligné aux côtés du président français Emmanuel Macron et de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Le milliardaire, 10e fortune mondiale selon Forbes, a annoncé que sa fondation, Bloomberg Philanthropies, allait fournir au bureau de l'ONU chargé du climat les 15 millions de dollars qui équivalent à la contribution que devaient apporter les États-Unis.

L'objectif des États-Unis, fixé par l'administration Obama, est une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005.

Coïncidence des agendas, le sommet annuel UE-Chine organisé vendredi à Bruxelles a offert une tribune aux deux partenaires pour clamer haut et fort leur engagement commun. «Aujourd'hui, nous accroissons notre coopération sur le changement climatique avec la Chine», a assuré le président du Conseil européen à l'issue de la rencontre.

«Notre partenariat (avec la Chine) aujourd'hui est plus important que jamais», a souligné le patron de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. La Chine, plus discrète que l'UE, s'est tout de même dite prête à «chérir le résultat chèrement gagné» à Paris.

Aux côtés de Pékin, les États-Unis de Barack Obama avaient largement participé à la réussite de l'accord de Paris qui vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale «bien en deçà» de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Le retrait américain de cet accord pourrait, «dans le pire des scénarios», se traduire par une augmentation supplémentaire de 0,3 degré de la température du globe au cours du XXIe siècle, a estimé l'ONU.

«Les leaders ne quittent pas la table»

Dans le concert de condamnations, peu de voix discordantes se sont fait entendre. Parmi elles, le président russe Vladimir Poutine s'est refusé à «condamner» son homologue américain, plaidant pour un «travail en commun» avec les États-Unis.

Dans un long discours, Donald Trump avait affirmé jeudi que l'heure était venue pour son pays de quitter l'accord de Paris, tout en souhaitant pouvoir négocier un nouvel accord, idée à laquelle les Européens ont opposé une fin de non-recevoir très ferme.

Les Nations unies, qui chapeautent l'accord, ont fait part de leur «grande déception». «On ne peut pas arrêter l'action concernant le climat», pas plus que le changement climatique est indéniable, a noté le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

En opposition au président américain qui affiche sa volonté de soutenir les énergies fossiles au nom de la défense de l'emploi, les Européens, mais aussi le Brésil ou la Nouvelle-Zélande, ont réaffirmé leur conviction que la transition énergétique était un facteur de croissance.

Aux États-Unis, de nombreuses figures du monde économique ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement.

Dernier en date, Andrew Liveris, PDG du groupe d'agrochimie américain Dow Chemical en attente d'un feu vert sur sa fusion avec le rival DuPont, n'a pas mâché ses mots. «Les leaders ne quittent pas la table, ils y restent», a-t-il lancé sur la chaîne d'informations financières CNBC.




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