Trump dénonce les menaces «horribles» visant la communauté juive

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Donald Trump visitait mardi le musée de l'histoire afro-américaine, à Washington.

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Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Après avoir esquivé le sujet pendant plusieurs jours, Donald Trump a clairement dénoncé mardi les menaces «horribles» visant la communauté juive après une série d'incidents contre des centres communautaires ces dernières semaines aux États-Unis.

Profitant de sa première visite du musée de l'histoire afro-américaine de Washington, inauguré il y a moins de six mois par son prédécesseur Barack Obama, le président américain a appelé à combattre «le sectarisme, l'intolérance et la haine sous toutes ses formes».

Certains détracteurs du magnat de l'immobilier lui reprochent d'avoir, par sa rhétorique de campagne et ses propos virulents contre le «politiquement correct», libéré la parole dans toute une frange extrémiste aux États-Unis.

Mettant en avant mardi un message d'unité - «Nous allons rassembler ce pays» - le président américain a explicitement condamné la multiplication de fausses alertes à la bombe dans des centres juifs communautaires, qui font l'objet d'une enquête du FBI.

«Les menaces antisémites qui visent notre communauté juive (...) sont horribles et douloureuses et sont un triste rappel du travail qui reste à faire pour éliminer la haine et les préjugés», a-t-il déclaré.

Si sa fille Ivanka avait dénoncé ces menaces sur Twitter - «Les États-Unis sont une nation fondée sur le principe de la tolérance religieuse» - le président républicain était jusqu'ici resté muet sur le sujet.

Interrogé spécifiquement le 15 février, lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, sur la recrudescence des actes antisémites aux États-Unis depuis son élection, Donald Trump avait offert une réponse déconcertante, promettant «beaucoup d'amour» aux États-Unis ces prochaines années.

«Les personnes juives... tellement d'amis, et une fille qui est ici, un gendre, et trois beaux petits-enfants», avait-il lancé.

Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président américain, est de religion juive et Ivanka Trump s'est convertie au judaïsme avant de l'épouser en 2009.

De nouveau interrogé sur le même thème jeudi, il avait une nouvelle fois esquivé: «Je suis la personne la moins antisémite qui soit (...) et la personne la moins raciste qui soit», avait-il lancé avant de passer à une autre question.

Réaction «tardive»

Selon le Jewish Community Center Association of North America, 11 centres juifs à travers les États-Unis ont reçu de fausses alertes à la bombe nécessitant leur évacuation lundi. Au total, quelque 70 incidents du même type ont été recensés depuis début janvier dans 27 États américains et une province canadienne, selon la même source.

Dans le Missouri (centre), une centaine de tombes d'un cimetière juif de Saint Louis ont par ailleurs été profanées ce week-end, selon son responsable.

Le rabbin Jonah Dov Pesner, directeur du Religious Action Center of Reform Judaism, a jugé que la réaction du président était «bienvenue» mais aussi «tardive». «Le président Trump a été, de manière inexcusable, silencieux au moment où cette tendance d'antisémitisme se poursuivait et s'accélérait probablement», a-t-il regretté.

Sean Spicer, porte-parole de l'exécutif américain, a lui déploré que, quel que soit le nombre de fois où le président aborde le sujet, ce ne soit «jamais suffisant».

«Aujourd'hui, et tous les jours de ma présidence, je m'engage à faire tout ce qui est possible pour poursuivre la promesse de liberté pour les Afro-Américains et pour tous les Américains», a déclaré M. Trump à l'issue de sa visite du Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine, situé sur le National Mall, immense coulée verte menant au Capitole.

«Ce musée est un magnifique hommage à tant de héros américains», a-t-il martelé, précisant qu'il se rendrait «bientôt» également au Musée de l'Holocauste de Washington.

À l'occasion de la journée mondiale à la mémoire des victimes de l'Holocauste, le 27 janvier, le nouveau locataire de la Maison-Blanche avait rendu hommage aux «victimes, survivants et héros» de l'Holocauste sans citer nommément les Juifs, ce qui avait provoqué une polémique.

L'association Anti-Defamation League avait jugé cet oubli «déconcertant et inquiétant», rappelant qu'il marquait une rupture avec les mots utilisés par ses prédécesseurs, démocrates comme républicains.




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