Trump veut une «grande enquête» sur de prétendues fraudes électorales

Aucune preuve de fraudes lors des élections présidentielle... (ARCHIVES AFP)

Agrandir

Aucune preuve de fraudes lors des élections présidentielle et législatives du 8 novembre n'a, à ce jour, été rendue publique.

ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Antoine BAUDOUX
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump a annoncé mercredi qu'il allait demander «une grande enquête» sur de prétendues fraudes électorales lors des scrutins de novembre, pour lesquelles aucune preuve n'a été rendue publique à l'heure actuelle.

«Je vais demander une grande enquête sur les fraudes électorales, notamment sur les électeurs inscrits pour voter dans deux États, les clandestins et même ceux enregistrés sur les listes électorales et qui sont décédés (et pour certains depuis longtemps)», a-t-il indiqué sur Twitter au petit matin.

«En fonction des résultats, nous renforcerons les procédures de vote», a écrit le président.

M. Trump a réitéré mardi aux chefs du Congrès que selon lui, jusqu'à cinq millions de personnes pourraient avoir voté illégalement le 8 novembre.

«Selon ses propos, de trois à cinq millions de personnes pourraient avoir voté illégalement, un chiffre basé sur les études que nous avons vues», avait expliqué mardi le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer.

Aucune preuve de fraudes lors des élections présidentielle et législatives du 8 novembre n'a, à ce jour, été rendue publique. Si ces affirmations étaient vérifiées, cela constituerait le plus gros scandale politique de l'histoire du pays.

Cependant, a noté M. Spicer, Donald Trump a confiance dans le résultat de l'élection.

«Voter est le droit le plus sacré que nous ayons en tant qu'Américains», a repris le porte-parole de l'exécutif mercredi, de nouveau interrogé sur le sujet. «C'est l'une des fondations de notre démocratie et nous assurer que chaque vote de chaque personne compte de la même manière que celui de tout autre citoyen est probablement l'une des meilleures choses que nous puissions faire».

«Je ne veux pas commencer à avancer des chiffres mais il y a beaucoup de gens décédés qui sont inscrits sur les listes électorales. Il y a des gens enregistrés dans deux États différents, parfois dans trois États différents», a encore affirmé M. Spicer. «Analyser la situation et comprendre l'ampleur de ce problème, puis dans un second temps résoudre ce problème à l'avenir, est clairement dans le meilleur intérêt». 

«Laisser tomber» 

L'entêtement de Donald Trump sur ce sujet est d'autant plus étonnant que ses propres avocats, dans des documents relatifs au scrutin du 8 novembre, affirmaient fin 2016 qu'il n'y avait aucune preuve d'une quelconque fraude, quand la candidate écologiste Jill Stein avait demandé à recompter des voix dans plusieurs États.

Un rapport des agences du renseignement américain a pointé début janvier l'ingérence de la Russie dans la campagne électorale, le Kremlin cherchant ainsi à affaiblir Hillary Clinton et à aider Donald Trump, mais il ne fait nulle mention d'éventuelles fraudes lors du scrutin lui-même.

Le magnat de l'immobilier semble particulièrement vexé d'avoir perdu le vote populaire contre son adversaire démocrate Hillary Clinton le 8 novembre. Celle-ci a remporté 2,9 millions de voix de plus mais, grâce à la répartition des grands électeurs État par État, Donald Trump a réussi à remporter l'élection (304 grands électeurs contre 227 pour Mme Clinton).

Le milliardaire estime que sans les votes illégaux, il aurait également remporté le scrutin populaire: «En plus de gagner de manière écrasante le collège électoral, j'ai remporté le vote populaire si l'on déduit les millions de personnes qui ont voté illégalement», avait-il affirmé sur Twitter le 27 novembre, pointant des irrégularités notamment en Virginie, dans le New Hampshire et en Californie. Sans donner aucun élément tangible.

Interrogé lundi sur d'éventuelles irrégularités lors du scrutin, le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, Paul Ryan, a convenu qu'il n'avait «vu aucune preuve» permettant d'appuyer cette théorie.

Et un autre ténor républicain, Lindsey Graham, a même conseillé à Donald Trump de «laisser tomber»: «Les gens vont commencer à douter de vous si vous continuez à lancer des accusations visant notre système électoral sans preuve», a-t-il prévenu.

Un avertissement que le nouveau président ne semble pas avoir entendu.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer