Nouveaux citoyens au pays de Trump

La main droite levée, Erica Kagan récite le serment d'allégeance aux... (Photo Mary Altaffer, Associated Press)

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Richard Hétu

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) La main droite levée, Erica Kagan récite le serment d'allégeance aux États-Unis, ultime étape du long processus qui permettra à cette Canadienne de revendiquer la citoyenneté américaine.

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Erica Kagan et 14 autres personnes ont récité le serment d'allégeance aux États-Unis, mardi, au Lower East Side Tenement Museum de New York.

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Samantha Power, ambassadrice des États-Unis à l'ONU

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« Je déclare, par le présent acte, renoncer et faire abjuration d'obéissance et de fidélité à toute puissance étrangère, prince, potentat, État ou souverain, desquels j'ai été le sujet ou le citoyen », débite la native de Toronto avant de s'engager notamment à « prendre les armes pour les États-Unis si la loi l'exige ».

Si le triomphe électoral de Donald Trump pousse certains Américains à rêver d'immigrer au Canada, Erica Kagan a choisi de mener à terme le parcours inverse, mardi, une semaine jour pour jour après le scrutin présidentiel.

« L'élection a certainement provoqué la division, mais ce pays a tant à offrir qui inspire vraiment la reconnaissance », a dit l'étudiante en sociologie avant le début d'une cérémonie de naturalisation à laquelle 14 autres candidats à la citoyenneté ont participé dans la salle d'accueil du Lower East Side Tenement Museum, à New York.

« Et je pense que ce qui est arrivé la semaine dernière est le signe que nous devons prêter attention à ce qui est vraiment important. De nombreuses personnes sont en colère. Le défi est de chercher à comprendre pourquoi et de dialoguer plutôt que de protester. En même temps, ce qu'il y a de bien, avec les États-Unis, c'est que c'est aussi un endroit où l'on peut protester. »

Survivre à Donald Trump

Installée à New York depuis 1998, Erica Kagan s'est refusée à tout commentaire négatif à propos de Donald Trump. D'autres nouveaux citoyens américains ont fait preuve de la même réserve. C'était le cas notamment d'Omar al-Khattab, médecin originaire d'Irak, où il a travaillé aux côtés de militaires américains avant d'immigrer aux États-Unis, il y a six ans.

Quand on a demandé à ce musulman âgé de 37 ans s'il ne craignait pas pour son avenir au pays de Donald Trump, il a esquissé un sourire avant de répondre : « Je suis optimiste. La peur de l'inconnu ne me décourage pas. Je vois les occasions durant les heures les plus sombres. »

« Et vous savez quoi ? Si vous êtes capable de survivre à l'Irak, vous pouvez survivre à tout, y compris Donald Trump », affirme Omar al-Khattab, médecin originaire d'Irak.

Né en Belgique il y a 37 ans et installé aux États-Unis depuis 2007, Yves Cochez fait pour sa part confiance aux institutions américaines.

« La campagne présidentielle a été affreuse, mais il faut respecter le vote des citoyens, un vote de ras-le-bol comme on en voit souvent en Europe », a déclaré ce chef des stratégies de placement d'une banque privée. « Au bout du compte, il y a un Congrès, un président, une Cour suprême. Le système fonctionne depuis plus de deux siècles et il fonctionnera encore longtemps. »

Ce n'était pas la première fois que le Service de la Citoyenneté et de l'Immigration des États-Unis organisait une cérémonie de naturalisation au Tenement Museum, musée consacré aux immigrés qui sont arrivés à New York à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Mais les dirigeants de l'agence fédérale invitent rarement les médias à assister aux cérémonies se déroulant à cet endroit exigu. D'où l'impression qu'ils ont voulu passer un message contrastant une semaine après l'élection de Trump. Avant le serment d'allégeance aux États-Unis, le juge Robert Katzmann, petit-fils de Juifs russes, a d'ailleurs émis un commentaire caustique en faisant référence au test de citoyenneté que les candidats ont dû passer.

« Vous en savez plus sur le pays que bien des personnes qui ont voté », a-t-il lancé.

Les grands principes américains «remis en question»

Honorée au cours de la cérémonie, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU Samantha Power a livré un message encore plus pointu en évoquant une campagne présidentielle où les grands principes américains « ont été remis en question ».

« J'imagine que cette période récente a peut-être poussé certains d'entre vous à vous demander si c'était l'Amérique à laquelle vous pensiez vous joindre. Cette période a peut-être même incité certains d'entre vous à vous demander si vous vouliez être citoyens », a déclaré Power, qui a quitté l'Irlande à l'âge de 9 ans pour s'installer à New York avec ses parents.

Si les Kagan, al-Khattab et Cochez ont entretenu les idées mentionnées par Power, ils se sont bien gardés de le dire.

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