Quinze ans après le 11-Septembre, tous les artéfacts ont été donnés

L'artiste Heath Satow (en noir) montre l'oeuvre qu'il... (Photo Damian Dovarganes, AP)

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L'artiste Heath Satow (en noir) montre l'oeuvre qu'il a sculptée à partir d'un morceau récupéré des bâtiments effondrés du World Trade Center.

Photo Damian Dovarganes, AP

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Adam Geller
Associated Press
NEW YORK

Derrière la clôture coiffée de fils barbelés, la camionnette blanche aux vitres éclatées et au toit enfoncé semble avoir une histoire à raconter. Mais exposée aux intempéries sur le tarmac de l'aéroport international John F. Kennedy, entre un vieux Boeing 727 et un hangar, elle a peu de chance d'attirer l'attention des automobilistes qui passent près d'elle.

Dans l'histoire des attentats du 11 septembre 2001, le véhicule abandonné représente toutefois un tournant.

Des tonnes de décombres, allant de poutres en acier tordues et de morceaux de béton empestant la fumée au moteur écrasé d'un camion d'incendie et à des chaussons fournis par une compagnie aérienne couverts de poussière, ont été recueillis sur le site du World Trade Center après les attaques terroristes.

Quinze ans plus tard, cette camionnette, qui appartenait à une agence gouvernementale et était probablement garée dans un stationnement derrière les deux tours, est le dernier artéfact à ne pas avoir trouvé preneur.

Lorsque le véhicule sera enfin réclamé, il permettra à la Ville de New York de respecter sa promesse de tourner la page sur les événements du 11-Septembre sans toutefois les oublier en partageant les reliques de la tragédie de même que les récits de sacrifice et de terreur qui les accompagnent.

Si cette décision a été à la fois louée et dénoncée au cours des années, son impact est cependant indéniable.

Plus de 2600 artéfacts ont été offerts à des services de police et d'incendie, à des écoles, à des musées et à des organismes à but non lucratif de partout à travers les États-Unis et dans au moins 8 autres pays.

Après les attentats, le sort de ces reliques n'était pas clair.

Les autorités portuaires de New York et du New Jersey, les propriétaires du World Trade Center, ont envoyé un architecte passer les ruines au peigne fin dans le but de préserver une partie des matériaux qui ont ensuite été entreposés dans le hangar 17 de l'aéroport JFK.

Un juge a plus tard déterminé que les artéfacts pourraient être donnés à ceux qui promettaient de s'en occuper. Mais par où commencer?

«Il y avait des piles et des piles, probablement aussi hautes que moi ou même plus hautes encore, de poutres en acier», a raconté Amy Passiak, l'archiviste embauchée pour établir le catalogue des vestiges, en se rappelant la première fois qu'elle était entrée dans le hangar en 2010.

Mme Passiak, qui était à l'école secondaire au moment des attaques, avait effectué un stage au musée de New York consacré aux événements du 11-Septembre, mais a confié que son expérience ne lui avait pas permis de se préparer à ce choc.

«Je me souviens être retournée chez moi ce jour-là et de me sentir épuisée, seulement en raison des quelques heures passées dans le hangar, tout simplement épuisée émotionnellement et incapable de comprendre tout le travail que ce processus allait exiger.»

À mesure que la nouvelle au sujet de dons d'artéfacts se répandait, les demandes se sont mises à affluer. À la fin du programme en août, 2629 reliques avaient été distribuées. Les autorités ont ensuite déplacé l'unique vestige restant, une camionnette Dodge Caravan blanche, sur le tarmac. Elle aussi sera sous peu donnée à un groupe, même si les responsables ont refusé de préciser lequel tant que la requête n'aurait pas été approuvée.

Amy Passiak, qui a récemment déménagé au Michigan pour travailler dans un musée d'art, a confié qu'elle aimerait un jour faire un voyage et s'arrêter à chaque endroit où un artéfact du 11-Septembre est exposé.

Selon elle, que ces vestiges soient loin ou proche de Manhattan ne change rien puisque les souvenirs qu'ils évoquent ne sont pas près de s'estomper.

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