Après Orlando, tolérance zéro pour les menaces contre des musulmans

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«Allez crever, putain de sacs à merde!», a entendu un journaliste de l'AFP devant l'Islamic Center de Fort Pierce.

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Thomas URBAIN, Anne RENAUT
Agence France-Presse
Orlando et Washington

Les autorités d'Orlando ont assuré mercredi qu'elles ne toléreraient plus de menaces contre des musulmans après la tuerie perpétrée par un homme ayant prêté allégeance au groupe État islamique et qui a engendré des messages de haine contre cette communauté, y compris dans la ville du tueur.

«Proférer ces menaces est non seulement mal mais, dans la plupart des cas, illégal. Il faut arrêter», a déclaré le procureur général Lee Bentley lors d'une conférence de presse.

L'attentat, le plus grave aux États-Unis depuis celui du 11-Septembre, a été perpétré dimanche matin dans un club gai d'Orlando par un Américain d'origine afghane, Omar Mateen, qui a été tué lors d'un échange de tirs avec la police. 49 autres personnes sont mortes et 53 ont été blessées, dont certaines sont encore dans un état grave.

«Ces menaces détournent l'attention de ce que les forces de l'ordre doivent faire», a ajouté le procureur.

Le représentant du FBI Ron Hopper a rappelé que les «violations des droits civiques sont une priorité pour le FBI», qui enquêtera «sur les incidents contre des individus (...) notamment en raison de leur race, leur religion et leur orientation sexuelle».

Mais les responsables ont refusé de s'exprimer sur des informations de presse selon lesquelles la femme de Mateen pourrait être poursuivie pour avoir eu connaissance du projet d'attaque de son mari et n'avoir pas prévenu les autorités.

Le procureur fédéral va présenter les éléments de son enquête sur cette femme devant un jury populaire, a rapporté la chaîne CNN, qui cite des sources policières non identifiées. Noor Salman aurait précédemment accompagné son mari chez un marchand d'armes ainsi que dans le club gai, où le tueur avait ses habitudes.

La femme a affirmé avoir essayé d'en parler avec son mari, mais elle n'était pas au courant d'une attaque imminente, selon CNN.

Voyage d'Obama «plein émotion» 

Le massacre d'Orlando a notamment mis sous le feu des projecteurs la petite communauté musulmane de Fort Pierce, où résidait l'auteur de l'attentat, au point d'en faire une cible facile.

«Allez crever, putain de sacs à merde!», a entendu un journaliste de l'AFP devant l'Islamic Center de Fort Pierce, une phrase lancée d'un pick-up.

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L'Islamic Center de Fort Pierce.

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Après les attentats de Paris en novembre et San Bernardino en décembre, le nombre de délits présumés motivés par la haine et visant des musulmans a triplé aux États-Unis, selon une enquête du New York Times.

L'islamophobie y a atteint un niveau sans précédent, selon des représentants musulmans, nourrie en outre par les propos du candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump, qui veut interdire temporairement l'entrée du pays aux musulmans.

Après l'attentat d'Orlando, Donald Trump a dit vouloir élargir son interdiction aux personnes venant de pays impliqués dans le passé dans des attentats contre les États-Unis ou leurs alliés.

Le président Obama, qui se rend jeudi à Orlando pour un déplacement «plein d'émotion» en hommage aux victimes, a mis en garde contre la tentation de condamner toute une communauté.

«Allons-nous commencer à traiter tous les musulmans américains différemment? Allons-nous les soumettre à une surveillance particulière? Allons-nous les discriminer en raison de leur foi? Jusqu'où cela ira-t-il?», a-t-il lancé mardi lors d'une allocution passionnée.

Le président américain va à Orlando «réconforter les familles», rencontrer le personnel médical et ceux qui ont agi «héroïquement» pour sauver des vies, a indiqué son porte-parole Josh Earnest mercredi.

Pour Obama, le tueur «était un jeune homme en colère, dérangé, et instable qui a été radicalisé».

Un centre d'aide aux familles des victimes a été installé dans un stade d'Orlando.

Pour les proches, l'après attentat est «très difficile», explique Sarita Figueroa, du département des Anciens combattants.

«Certains sont encore en train d'aller chercher des affaires sur le sol (de la boîte de nuit). Des lunettes, des montres, une mallette (...). Vous apprenez que vous venez de perdre quelqu'un et vous recevez un message qui vous dit d'aller récupérer ses affaires. C'est un autre processus», raconte-t-elle.

Le drame d'Orlando suscite toujours un débat enflammé sur l'accès aux armes entre démocrates et républicains. Mais mercredi Donald Trump a semblé assouplir sa position en suggérant de ne pas vendre d'armes à feu à des personnes figurant sur des listes de surveillance anti-terroriste. Sa rivale démocrate Hillary Clinton a suggéré qu'elle pourrait «être certainement d'accord» avec lui. «Si le FBI vous surveille pour de présumés liens terroristes, vous ne devez pas pouvoir acheter une arme», a-t-elle dit.

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