La frustration des homosexuels d'Orlando, interdits de donner leur sang

Les homosexuels d'Orlando ont été la cible du massacre, ont perdu des proches,... (PHOTO AP)

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Daniel WOOLLS
Agence France-Presse
Orlando

Les homosexuels d'Orlando ont été la cible du massacre, ont perdu des proches, des amis, mais en vertu de la loi fédérale américaine, ils ne peuvent pas donner leur sang et clament leur frustration d'être tenus à l'écart de l'élan de solidarité.

Dans une boîte de nuit de la ville, 49 personnes ont péri et 53 ont été blessées dimanche dans la pire attaque jamais perpétrée dans le monde contre la communauté homosexuelle.

Le lendemain, des habitants patientaient des heures dans la chaleur torride de la Floride pour donner leur sang aux victimes. Mais les hommes ayant eu des rapports homosexuels durant l'année écoulée sont exclus de cette collecte en raison d'une loi destinée à éviter la contamination des réserves de sang par le virus du sida.

«Je suis marié. Je suis homosexuel et j'ai une sexualité active avec mon mari évidemment. Mais je ne suis pas éligible pour donner mon sang», se désole Rob Domenico, en charge de la collecte de fonds à The Center, le principal centre communautaire LGBT d'Orlando.

«Au moment où on a le plus besoin de moi pour sauver mes frères et soeurs, je ne peux rien faire. C'est très frustrant», poursuit-il dans les locaux de The Center, pleins à craquer depuis la tuerie perpétrée par Omar Mateen au Pulse, le club gai le plus connu d'Orlando.

«Je ferais n'importe quoi» 

Des bénévoles y ont mis en place des rendez-vous pour les personnes ayant besoin d'une aide psychologique et pour envoyer de l'aide - nourriture ou même produits de toilettes - aux familles des victimes.

Les membres d'une ONG ont aussi amené des Golden Retrievers avides de caresses: une technique thérapeutique visant à réconforter les personnes choquées et déjà utilisée après le massacre de Sandy Hook où 26 personnes, dont 20 enfants de CP, avaient été abattus en 2012.

Devant The Center, Chris Callen un ancien drag-queen du Pulse, explique avoir perdu plusieurs amis dans le club où il avait l'habitude de se produire.

«J'en ai perdu sept, un total de sept et en fait je viens juste d'avoir un appel m'apprenant qu'un autre est mort», raconte-t-il désemparé.

Le jeune homme de 34 ans indique qu'il ne donnera pas son sang car il a le sida depuis près de sept ans. Mais il se souvient encore de sa révolte en 2001, lorsqu'il était en bonne santé et n'avait pas pu participer à la collecte.

«Quand les tours jumelles sont tombées, il y avait tout un pan de la communauté homosexuelle qui voulait se mobiliser et donner son sang. Et ils ne pouvaient pas», se souvient-il.

«Je ferais n'importe quoi pour aider les miens», conclut-il. 

3500 dons en une journée 

Les restrictions sur les dons de sang étaient plus sévères jusqu'à très récemment. Ainsi l'Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) stipulait que tout homme ayant eu un rapport sexuel avec un autre homme depuis 1977 ne devait pas donner son sang, rappelle Pat Michaels, porte-parole de OneBlood, un réseau de collecte de sang dans le sud des États-Unis.

OneBlood a fait pression sur la FDA pendant des années pour modifier cette règle, explique Susan Forbes, une autre représentante de l'ONG, estimant que le changement est allé dans le bon sens.

Dès dimanche, quelques heures après le massacre, quelque 3500 personnes avaient donné leur sang à cette ONG, contre 1000 pour un jour ordinaire de collecte, rapporte Pat Michaels.

Les homosexuels ne sont pas les seuls à s'insurger face aux restrictions qu'ils subissent. Pour Herb Voyles, un photographe hétérosexuel dont plusieurs amis fréquentaient le «Pulse», la loi est incompréhensible.

Puisque l'on peut détecter la présence du virus du sida dans les poches de sang après un don, les homosexuels ne devraient pas être écartés de la collecte, estime le quadragénaire installé dans un fauteuil où l'on prélève son sang O».

«C'est une petite (contribution). Mais si ça peut sauver la vie de quelqu'un, ça en vaut la peine», estime-t-il.

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