Avec les obsèques du juge Scalia s'ouvre la bataille pour la Cour suprême

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Aux sons des orgues et de la messe, célébrée entre autres par son fils, prêtre, les obsèques du juge Antonin Scalia offraient un moment de calme recueilli dans l'âpre bataille politique déclenchée par sa soudaine disparition.

Photo Doug Mills, Reuters

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Elodie CUZIN
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le vice-président américain Joe Biden et de nombreuses personnalités ont participé samedi à Washington aux obsèques d'Antonin Scalia, juge de la Cour suprême dont le décès a ouvert la porte à un processus de nomination très politisé, en pleine année électorale.

Absent remarqué parmi les quelque 4000 assistants annoncés: le président Barack Obama. Il s'est recueilli vendredi, avec son épouse Michelle, devant le cercueil drapé du drapeau américain du juge décédé samedi dernier à 79 ans, qui avait été installé à l'intérieur de la Cour suprême.

Cette cérémonie d'hommage publique était la plus appropriée pour le président, a assuré la Maison-Blanche sans toutefois parvenir à faire taire les critiques suscitées par son absence samedi. Critiques d'autant plus vives que Barack Obama a fait savoir qu'il passerait plutôt une grande partie de son week-end à étudier les candidats possibles pour remplacer le juge Scalia au sein de la plus haute instance judiciaire américaine.

«Je me demande si le président Obama se serait rendu aux obsèques du juge Scalia si elles étaient organisées dans une mosquée? Très triste qu'il n'y soit pas allé!», a écrit le prétendant républicain à la Maison-Blanche Donald Trump sur Twitter pendant la cérémonie.

Sous escorte policière, le corbillard noir est arrivé peu avant 11 h devant la basilique du sanctuaire national de l'Immaculée Conception, la plus grande église catholique d'Amérique du Nord.

Le vice-président Joe Biden, lui-même catholique, et son prédécesseur républicain Dick Cheney figuraient parmi les personnalités réunies aux côtés de la famille d'Antonin Scalia, un fervent catholique, sous la grande coupole bleue et dorée de la basilique.

Aux sons des orgues et de la messe, célébrée entre autres par son fils, prêtre, les obsèques du juge offraient un moment de calme recueilli dans l'âpre bataille politique déclenchée par sa soudaine disparition.

«Enjeu trop important»

Défenseur de la détention d'armes individuelles, ouvertement opposé à l'avortement, à l'union homosexuelle et à la discrimination positive, Antonin Scalia laisse quatre juges nommés par des présidents républicains et quatre autres nommés par des démocrates.

D'où l'importance du choix de son successeur qui pourrait faire basculer l'équilibre, alors que la Cour suprême doit trancher prochainement d'épineuses questions comme l'avortement et l'immigration.

Barack Obama, qui a déjà nommé deux juges progressistes à la Cour suprême, s'est dit déterminé à choisir celui qui le remplacera.

Il étudiera ce week-end des dossiers minutieusement préparés par son équipe. Signe éventuel de sa volonté de trouver un candidat de consensus, «le président consultera un vaste éventail d'individus qui ont eux-mêmes un vaste éventail de points de vue», a souligné le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest.

Mais les républicains dominent le Sénat, et le chef de la majorité, Mitch McConnell, en contrôle l'ordre du jour. Il a prévenu qu'il ne soumettrait aucune nomination au vote des sénateurs tant que Barack Obama serait à la Maison-Blanche, arguant qu'il était traditionnel que le Sénat ne confirme pas de juge de la Cour suprême lors d'une année électorale - ce que les démocrates contestent, avec pour preuve la confirmation du juge Anthony Kennedy, nommé par Ronald Reagan, en février 1988.

La bataille autour du siège vacant galvanise à la fois les démocrates et les républicains. Le sénateur du Texas Ted Cruz, qui est aussi candidat aux primaires républicaines pour la Maison-Blanche, en a fait un des éléments centraux de sa campagne, et a tenu à participer aux obsèques à Washington, bien que ce soit jour de primaire en Caroline du Sud, à 600 kilomètres de la capitale.

«L'enjeu est trop important», a aussi dit Marco Rubio, sénateur de Floride et candidat aux primaires républicaines, sur Fox News samedi. «Nous n'allons pas donner une occasion de plus à un Barack Obama sur le départ de saper notre Constitution, c'est très simple».

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