Hillary Clinton ne retient plus ses coups contre Bernie Sanders

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La force de Bernie Sanders, c'est son discours anti-élites et anti-Wall Street, dont les démocrates ont soudainement pris connaissance durant cette campagne.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

«Je m'étais préparée à une course serrée»: Hillary Clinton feignait l'assurance mercredi après une série de mauvais sondages, mais en pratique, la candidate démocrate à la Maison-Blanche juge son rival Bernie Sanders dangereux et a intensifié les attaques contre lui.

Comme l'admet elle-même Hillary Clinton, sur le fond, les deux candidats sont d'accord sur beaucoup de choses. Alors elle creuse dans le passé du sénateur de 74 ans pour tenter de persuader l'électorat démocrate de l'incohérence de son engagement sur certains sujets aujourd'hui chers à la gauche, comme les lois sur les armes à feu ou la modération des impôts, afin de «marquer le contraste».

La force de Bernie Sanders, c'est son discours anti-élites et anti-Wall Street, dont les démocrates ont soudainement pris connaissance durant cette campagne. Mais c'est aussi la première fois que la longue carrière du socialiste est passée au crible.

«Non, je ne suis pas inquiète du tout, je travaille dur», a assuré mercredi Hillary Clinton sur la chaîne NBC. La candidate de 68 ans a fait le tour des matinales.

«Je m'étais préparée à une course serrée, a-t-elle dit sur CBS. Et sur ABC: «Je ne fais pas attention aux sondages».

L'automne de la démocrate a été glorieux. Après un été difficile, elle avait réussi à neutraliser les attaques et consolider sa pole position.

Mais les sondages, depuis quelques jours, penchent du côté de Bernie Sanders dans les deux États qui lanceront les primaires en février, Iowa et New Hampshire. Ces États distribuent 2% des délégués à la convention d'investiture. Mais Hillary Clinton dit désormais qu'ils ne sont pas mathématiquement nécessaires pour remporter les primaires.

«Je veux gagner et j'ai une perspective longue pour y parvenir. J'ai construit une infrastructure de campagne dans les États qui viennent après, la Caroline-du-Sud, le Nevada et les suivants», explique-t-elle.

En 2008, Barack Obama avait empoché une victoire surprise en Iowa, ce qui avait fait bondir sa cote nationale. Le camp Clinton semble confiant que Bernie Sanders n'est pas le même genre de candidat, incapable de s'envoler dans le reste du pays.

Bernie Sanders et les armes 

Les deux candidats, plus l'ex-gouverneur du Maryland Martin O'Malley, débattront dimanche à Charleston, en Caroline-du-Sud. Lors des trois premières rencontres, Hillary Clinton avait dominé.

Elle reprochera à nouveau à Bernie Sanders sa supposée bienveillance passée envers les fabricants d'armes. En 2005, alors à la Chambre des représentants, il vota une loi donnant une immunité aux fabricants d'armes. L'élu du rural Vermont était alors soucieux de ne pas se mettre à dos ses électeurs chasseurs.

Il se dit aujourd'hui prêt à réexaminer la question, à l'heure où tout le parti et Barack Obama ont fait des armes à feu un thème central de campagne. Et il critique les revirements et ambiguïtés d'Hillary Clinton sur Wall Street, les accords commerciaux, l'environnement...

«Le sénateur Sanders a été un élu très fiable pour le lobby des armes à feu», a encore insisté Hillary Clinton mercredi.

Autre sujet: le système de santé. Bernie Sanders a proposé une révolution avec la création d'une assurance maladie à l'Européenne, unique et centralisée, mais sans détailler s'il financerait ou non la réforme par l'impôt, alors qu'Hillary Clinton est la seule à s'être engagée contre toute hausse d'impôts sur la classe moyenne.

«Ils ne peuvent pas faire comme s'il n'y avait pas d'implication fiscale», a critiqué un proche conseiller d'Hillary Clinton, Jake Sullivan, auprès de journalistes mercredi. «Hillary Clinton estime que la dernière chose dont on ait besoin est une augmentation des impôts sur la classe moyenne».

En réponse, le camp Sanders a défié Hillary Clinton sur le système public de retraite. Est-elle favorable à une hausse des cotisations des plus aisés, et à un relèvement de l'âge de la retraite?

«Le camp Clinton est très nerveux», s'est amusé Bernie Sanders mardi sur NBC. Sûr de son message, il a prédit qu'il rencontrerait un écho favorable en Iowa, dans le New Hampshire «et tous les États du pays».

Hillary Clinton, elle, martèle son message final: elle serait la plus capable d'être élue en novembre, plus solide et plus acceptable face à l'ultra-conservateur Ted Cruz ou le milliardaire Donald Trump.

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