Un juge ordonne à un couple de lesbiennes de renoncer à adopter

April Hoagland et Beckie Peirce sont mariées et... (Photo Steve Griffin/The Salt Lake Tribune via AP)

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April Hoagland et Beckie Peirce sont mariées et élèvent déjà deux enfants biologiques de cette dernière.

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Agence France-Presse
Los Angeles

Un juge américain a ordonné à un couple de lesbiennes vivant dans l'Utah d'abandonner la garde du bébé qu'il devait adopter, expliquant qu'il serait meilleur pour l'enfant d'être élevé dans une famille hétérosexuelle.

April Hoagland et Beckie Peirce, qui prévoyaient d'adopter la petite fille âgée de 1 an qu'elles ont accueilli trois mois plus tôt, ont une semaine pour se conformer à la décision du juge notifiée mardi lors d'une audience de routine, à leur plus grand étonnement.

«Nous l'aimons et elle nous aime, et nous n'avons rien fait de mal», a expliqué Beckie Peirce au Salt Lake Tribune.

«Et la loi, telle que je la comprends, stipule que tout couple marié peut accueillir et adopter» un enfant, a-t-elle ajouté.

De son côté, sa femme April Hoagland a indiqué que le juge du tribunal pour enfant, Scott Johansen, a fondé sa décision sur «une étude qui soutient que les enfants s'en sortent mieux au sein de foyers hétérosexuels».

Lors de l'audience, le juge n'a pas donné de détail concernant l'étude, a déploré le couple marié qui élève déjà les deux enfants biologiques de Mme Peirce et qui prévoit de faire appel.

Le juge Johansen n'était pas joignable jeudi mais une porte-parole du tribunal a confirmé auprès de l'AFP qu'il avait bien rendu une décision dans cette affaire.

Selon les deux femmes, le juge aurait été influencé par ses convictions religieuses.

«Il n'a jamais mis les pieds chez nous, jamais passé du temps avec l'enfant dans notre maison ou avec nos autres enfants, donc il n'en sait rien», a conclu Mme Peirce dans une interview à la chaîne de télévision locale KUTV.

La décision a choqué aux États-Unis, des groupes de défense des droits des homosexuels à la sphère politique.

«Nous avons été stupéfaits par ça», a par exemple expliqué jeudi à l'AFP Troy Williams, directeur d'Equality Utah qui a mis en avant le fait que l'adoption avait été validée par les services de l'enfance locaux et soutenue par la mère biologique du bébé.

Même le gouverneur de l'Utah, Gary Herbert, pourtant opposé au mariage gai, s'est dit troublé par la décision.

«Il n'aime peut-être pas la loi, mais il devrait la suivre», a-t-il reconnu devant des journalistes.

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