Oklahoma: sursis de dernière minute pour un condamné à mort

Richard Glossip... (PHOTO DÉPARTEMENT CORRECTIONNEL DE L'OKLAHOMA/REUTERS)

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Richard Glossip

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Agence France-Presse
WASHINGTON

La justice américaine a accordé un sursis de deux semaines à un condamné à mort qui devait être exécuté mercredi, après une forte mobilisation de ses nombreux soutiens convaincus de son innocence.

Richard Glossip, un Blanc de 52 ans, devait subir une injection létale à 15h00, mais l'exécution est repoussée au 30 septembre, a indiqué la Cour d'appel criminelle de l'Oklahoma, État du Sud connu pour son conservatisme.

Les juges ont expliqué dans leur décision accorder ce délai pour «assurer un examen équitable» de nouveaux recours déposés par la défense de Glossip, qui clame son innocence depuis 18 ans.

Il bénéficie d'une vaste campagne en sa faveur, rassemblant des personnalités comme l'actrice Susan Sarandon ou le milliardaire Richard Branson.

Se disant «tellement heureuse» de ce revirement obtenu in extremis, Susan Sarandon a confié son espoir, «fondé sur le fait qu'il y a en Oklahoma des gens prêts à accepter de nouvelles informations» susceptibles d'aider Glossip.

Les avocats du condamné à mort dénoncent les lacunes de son dossier judiciaire et affirment disposer de nouveaux éléments de preuve qui devraient suffire à renverser le verdict.

L'homme a été reconnu coupable d'avoir commandité en 1997 le meurtre du propriétaire d'un motel dont il assurait la gestion. Il avait recruté un jeune de 19 ans, Justin Sneed, qui avait avoué l'homicide.

Les soutiens de Richard Glossip dénoncent le fait que sa condamnation se soit fondée sur l'unique témoignage de Justin Sneed qui, en plaidant coupable et en impliquant Glossip, a pu éviter la peine de mort pour lui-même et a négocié une réclusion à perpétuité.

La gouverneure de l'Oklahoma, Mary Fallin, avait elle refusé d'accorder un dernier sursis à Richard Glossip, ne voyant «aucune raison de mettre en doute le verdict de culpabilité décidé par le jury».

L'annonce du sursis, quelques heures seulement avant l'exécution prévue, a suscité une très forte émotion parmi les soutiens du condamné, réunis dans la ville de McAlester où il est détenu.

«Le sursis n'est que de 14 jours donc il nous faut redoubler d'efforts pour Richard. Impliquez-vous ! Nous pouvons sauver la vie de cet homme !», a réagi sur place Helen Prejean, une religieuse catholique américaine connue pour son combat contre la peine de mort.

«Ce dossier est une nouvelle illustration que la peine de mort -- en plus d'être immorale et inefficace -- prend son lot de vies humaines innocentes et qu'elle continuera à en prendre», avait jugé dans un éditorial mercredi le New York Times.

En 2014, l'exécution d'un condamné dans l'Oklahoma, mort dans d'atroces souffrances après 40 minutes d'agonie à la suite d'une injection ratée, avait suscité un vif émoi et relancé un débat sur les méthodes d'exécution.

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