Homicides et agressions en recul depuis 30 ans aux États-Unis

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Plusieurs grandes villes, dont surtout la capitale fédérale Washington ou encore les villes de Baltimore et Chicago vivent cependant ces derniers mois une forte montée du nombre d'homicides.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les homicides et les agressions ont nettement diminué aux États-Unis depuis les dernières décennies, mais restent très élevés, notamment dans certaines grandes villes qui connaissent un regain de violence.

Au niveau national, le taux d'homicide est tombé d'un pic de 10,7 pour 100 000 habitants en 1980 à 5,1 en 2013, soit une baisse de plus de 50% tandis que celui des agressions aggravées a reculé d'un maximum de 442 pour 100 000 en 1992 à 242 en 2012 (-45%), selon une recherche publiée mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Cette baisse importante ne masque cependant pas un taux de criminalité qui reste très élevé: on compte encore plus de 16 000 homicides et 1,6 million d'agressions par an ayant à travers les États-Unis, ayant entraîné des blessures nécessitant une visite au service des urgences hospitalières, précisent les auteurs de la recherche.

Par ailleurs, les principales agglomérations américaines ont connu cette année un fort accroissement des homicides après deux décennies de réduction, le taux étant tombé en 2013 au plus bas en un demi-siècle.

Plusieurs grandes villes, dont surtout la capitale fédérale Washington ou encore les villes de Baltimore et Chicago vivent ces derniers mois une forte montée du nombre d'homicides. La capitale américaine a déjà enregistré 87 meurtres depuis janvier, bien plus que les 69 pour la même période en 2014 (+ 26%). Quant à Baltimore, la ville a été endeuillée par 45 homicides en juillet, nombre le plus élevé pour ce mois depuis 1972.

Première cause de mortalité chez les Noirs

Les chefs de la police de plusieurs grandes villes du pays se sont retrouvés lundi à Washington pour discuter de cette flambée de violence meurtrière afin de rechercher des solutions pour l'enrayer.

Outre les homicides et agressions, le JAMA indique qu'annuellement plus de 12 millions d'adultes aux États-Unis subissent des violences conjugales. Les chercheurs rapportent aussi que plus de dix millions d'enfants et adolescents sont victimes chaque année de mauvais traitements de la part de leurs parents ou de leurs tuteurs, allant du manque de soins à des abus sexuels.

Seul un petit pourcentage de ces actes violents est signalé à la police, à des médecins ou à des agences de protection de l'enfance, relève le Dr Steven Sumner des Centres de contrôle des maladies et de prévention (CDC), l'un des principaux auteurs de cette recherche.

Ces chercheurs expliquent que le fait de subir de telles agressions accroît la vulnérabilité à un ensemble de problèmes de santé mentale et physique tout au long de la vie. Ils citent des méta-analyses indiquant qu'un enfant victime d'abus physique voit ses risques de souffrir de symptômes dépressifs augmenter de 54%. Ses chances de contracter une maladie transmise sexuellement grimpent elles également de 78%. Les victimes sont également 32% de plus à devenir obèses.

Les taux de violence varient selon les âges, les lieux, le sexe et la race ou encore le groupe ethnique où il y a d'importantes disparités.

L'homicide est la première cause de mortalité chez les Noirs non hispaniques âgés de moins de 44 ans, mais seulement la cinquième parmi des Blancs non hispaniques dans les mêmes tranches d'âge.

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