Obama déplore les «attaques scandaleuses» des candidats républicains

Le président Obama effectue lundi et mardi une... (PHOTO EVAN VUCCI, AP)

Agrandir

Le président Obama effectue lundi et mardi une visite en Éthiopie, au lendemain d'un séjour de 48 heures au Kenya, pays natal de son père.

PHOTO EVAN VUCCI, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Andrew BEATTY
Agence France-Presse
ADDIS ABEBA

Barack Obama a fait la leçon lundi depuis l'Éthiopie au parti républicain, qui selon lui tolère des propos outranciers à son égard et empêche le débat sur le nucléaire iranien de se dérouler sereinement, à 15 mois de la présidentielle.

À plus de 11 000 km de Washington, en déplacement en Éthiopie, le président américain n'a pu s'empêcher de saisir la perche d'une journaliste qui lui proposait de réagir, en fin de conférence de presse, aux propos du candidat aux primaires républicaines Mike Huckabee, qui a affirmé que l'accord avec l'Iran conduirait les Israéliens aux «portes des fours» crématoires.

«Les commentaires particuliers de M. Huckabee s'inscrivent dans une tendance générale qui serait considérée ridicule si elle n'était pas si triste», a déclaré Barack Obama, qui cite rarement par leurs noms des adversaires politiques, a fortiori quand il est à l'étranger.

Il a relevé que John Kerry avait été qualifié de Ponce Pilate par un sénateur (le républicain Tom Cotton), et qu'un autre, candidat aux primaires présidentielles (Ted Cruz), avait affirmé que l'administration Obama allait devenir le premier financier du terrorisme anti-américain dans le monde en débloquant des fonds iraniens gelés.

«Ce sont des leaders du parti républicain», a déploré Barack Obama. «Ce genre de rhétorique attire peut-être l'attention, et peut-être qu'ils ne le font que pour prendre la place de M. Trump à la une, mais ce n'est pas la sorte de dirigeants dont a besoin l'Amérique actuellement».

Et de dénoncer le deux-poids, deux-mesures du parti républicain, illustré selon lui par les réactions à Donald Trump, l'homme d'affaires qui a monopolisé la campagne des primaires depuis sa candidature en juin, jusqu'à arriver en tête des sondages.

«Quand il conteste l'héroïsme de M. McCain, un homme qui a enduré la torture et s'est conduit avec un patriotisme exemplaire, le parti républicain est choqué», a dit Barack Obama. «Mais cela résulte d'une culture où ce type d'attaques scandaleuses sont devenues monnaie courante et sont diffusées sans arrêt sur l'internet, à la radio et aux informations. Et quand des propos scandaleux comme ceux-ci sont tenus contre moi, beaucoup se taisent alors qu'ils se disaient scandalisés quand ils étaient tenus contre M. McCain».

Appel au «sérieux»

La présidentielle américaine aura lieu en novembre 2016, mais la campagne des primaires a bien démarré, avec pas moins de 16 candidats à l'investiture républicaine.

Un seul, Donald Trump, a réussi à s'imposer dans le débat au-dessus de tous les autres. Pas par ses propositions, mais en multipliant les déclarations fracassantes, sur les clandestins mexicains, la frontière avec le Mexique, ses multiples rivaux [des idiots ou des perdants] et John McCain, ancien prisonnier de la guerre du Vietnam.

La concomitance de la campagne présidentielle a rendu le débat sur l'Iran ultra-partisan, alors que le Congrès a jusqu'en septembre pour évaluer l'accord signé le 14 juillet à Vienne.

Le Congrès a le pouvoir d'empêcher Barack Obama de lever les sanctions économiques américaines contre l'Iran, contrepartie de Washington aux concessions iraniennes sur le nucléaire. Les élus voteront en septembre et la majorité républicaine est nettement opposée, a fortiori les quatre sénateurs qui sont également candidats à la Maison-Blanche.

Le secrétaire d'État John Kerry a été accusé jeudi lors d'une audition au Sénat de s'être fait embobiner par les Iraniens.

Parmi tous les candidats aux primaires, beaucoup se sont publiquement engagés à annuler l'accord avec l'Iran dès leur premier jour à la Maison-Blanche, en janvier 2017.

«Les Américains méritent mieux», a conclu le président américain. «Dans 18 mois, je rends les clés. Je veux être sûr que je donne les clés à quelqu'un de sérieux pour faire face aux défis sérieux auxquels le pays et le monde sont confrontés».

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer