Anthony Ray Hinton: libéré après 30 ans dans le couloir de la mort

Un homme condamné pour deux meurtres dont il a finalement été disculpé devait... (Photo Alabama Dept. of Corrections, AP)

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Un homme condamné pour deux meurtres dont il a finalement été disculpé devait être libéré vendredi après avoir passé presque 30 ans dans le couloir de la mort en Alabama, ont annoncé jeudi ses défenseurs.

Toutes les charges retenues contre Anthony Ray Hinton ont été abandonnées jeudi par décision de la juge Laura Petro de la cour de district du comté de Jefferson, a indiqué l'organisation Equal Justice Initiative (EJI).

Anthony Ray Hinton est la 152e personne condamnée à mort à être innocentée depuis 1973 aux États-Unis et la deuxième en 2015, selon un décompte du Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

C'est l'un des prisonniers finalement innocentés qui a passé le plus de temps dans le couloir de la mort en Alabama.

En 1985, deux responsables de deux fast-food de la région de Birmingham avaient été tués par balles au cours de hold-up. La police n'avait relevé aucun indice.

Le 25 juillet 1985, le patron d'un restaurant de la même région, à Bessemer, avait été légèrement blessé par balles lors d'un vol.

Anthony Hinton, 29 ans à l'époque, un Noir, avait été arrêté et reconnu par le patron.

L'homme, qui a toujours affirmé son innocence, travaillait au moment des faits à quelque 25 km de là dans un entrepôt. Son superviseur et ses collègues de travail avaient témoigné en sa faveur et un détecteur de mensonges l'avait également exonéré.

Toute l'accusation menée, selon l'EJI, par un procureur connu pour «ses préjugés raciaux» avait reposé sur la découverte, chez la mère de l'accusé, d'une arme qui, pour les experts appointés par l'État, avait servi aux attaques.

La défense n'avait pas pu présenter, faute de moyens, d'expert crédible et l'accusé avait été condamné à mort.

L'an dernier, la Cour Suprême des États-Unis avait annulé la condamnation et la juge Petro avait ordonné un nouveau procès.

L'organisation EJI s'était emparé de son cas en 1999, bataillant depuis pour prouver son innocence. En 2002, des experts dont un ancien responsable du FBI avait témoigné du fait que l'arme saisie ne pouvait pas avoir tiré les balles des meurtres.

«La race, la pauvreté, une défense inadéquate et le mépris de l'innocence montré par l'accusation font de cette affaire un cas d'école de l'injustice», a affirmé dans un communiqué Bryan Stevenson, avocat du condamné et directeur de l'organisation EJI.

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