La police de Ferguson accusée de racisme, son chef démissionne

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Le chef de la police Thomas Jackson est la sixième personne à quitter ses fonctions dans l'onde de choc du rapport accablant du ministère de la Justice.

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Fabienne FAUR
Agence France-Presse
Washington

Une semaine après un rapport accablant détaillant des pratiques policières racistes quasiment routinières, le chef de la police de Ferguson, au Missouri, théâtre d'émeutes l'été dernier après la mort d'un jeune Noir tué par un policier, quitte ses fonctions.

La ville de Ferguson et le chef de la police Thomas Jackson sont «convenus mutuellement d'une séparation se traduisant par la démission du chef de la police», a annoncé mercredi la ville dans un communiqué.

La démission du policier sera effective le 19 mars, a précisé quelques heures plus tard le maire de la ville James Knowles lors d'une conférence de presse.

Le policier est un «homme honorable», a-t-il dit, «qui a reconnu que son départ était nécessaire pour aller de l'avant». Il recevra un an d'assurance santé et son salaire annuel d'un peu moins de 100 000 dollars comme indemnités de licenciement.

Mais «nous entendons garder notre département de police», a ajouté l'édile, en écho à une déclaration du ministre de la Justice Eric Holder qui s'était dit vendredi prêt à démanteler ce service.

Un chef par intérim, Al Eickhoff, a été nommé et la ville, qui va engager des réformes, entend «devenir l'exemple d'une ville qui va de l'avant face à l'adversité», a ajouté le maire, excluant pour sa part de quitter son poste.

La démission du chef de la police, à laquelle appelaient de nombreux militants et organisations des droits civiques, intervient une semaine après la publication d'un rapport accablant du ministère de la Justice détaillant les pratiques racistes de la police et de la municipalité de Ferguson, ville à majorité noire mais dont les responsables sont blancs.

Une enquête fédérale avait été lancée après la mort le 9 août 2014 de Michael Brown, 18 ans, non armé, tué par le policier Darren Wilson. Des semaines de manifestations et d'émeutes avaient suivi.

Un premier rapport, sur la mort du jeune homme, avait conclu que l'enquête fédérale ne montrait pas «de comportement susceptible de poursuite judiciaire» du policier, déjà exonéré de poursuites au pénal par un jury local.

Mais un second rapport, dévastateur, s'était penché sur les pratiques policières au quotidien dans la ville montrant, chiffres à l'appui, l'inégalité de traitement réservée aux Noirs.

Il pointait également un système violant parfois la légalité, où la police «sous pression de la municipalité, n'était plus un service public mais un outil pour gagner de l'argent» en générant toujours plus d'amendes, les Noirs là encore étant principalement les victimes.

Des courriers racistes étaient également échangés entre policiers ou employés de la ville.

Les parents de Michael Brown «soulagés» 

Dans une lettre publiée par le journal local St. Louis Post-Dispatch, le policier avait annoncé un peu plus tôt dans la journée «avec tristesse» sa démission, ajoutant que «ce fut un honneur et un privilège de servir cette grande ville et vous tous».

Thomas Jackson est la sixième personne à quitter ses fonctions dans l'onde de choc de ce rapport, publié mercredi dernier.

Le juge municipal Ronald Brockmeyer et le secrétaire général de la ville John Shaw ont aussi démissionné respectivement lundi et mardi.

Une responsable du tribunal municipal, accusée d'être l'auteur de courriels racistes, a été licenciée et deux policiers, soupçonnés également d'en avoir envoyés, ont démissionné.

Benjamin Crump, l'avocat des parents de Michael Brown, a indiqué sur CNN que «le père et la mère de Michael Brown sont soulagés de voir que des mesures sont prises pour répondre aux conclusions inquiétantes du rapport» du ministère.

«Ils estiment que ce que le ministère de la Justice a trouvé a beaucoup à voir avec la mort de leur fils», a-t-il ajouté.

Après la publication du rapport, la famille avait annoncé qu'elle allait porter plainte au civil contre le policier Darren Wilson -- qui a depuis quitté la police -- et la municipalité pour «mort injustifiée».

Dans un pays où le spectre du racisme vis-à-vis de la population noire est toujours présent, le président Barack Obama, premier président noir des États-Unis, avait reconnu que le problème dépassait largement Ferguson.

«Je ne pense pas que ce (qui se passe à Ferguson) soit typique de ce qui se passe dans le pays mais ce n'est pas un incident isolé», a-t-il notamment affirmé la semaine dernière.

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