La Cour suprême permet l'exécution d'un handicapé mental au Texas

Robert Ladd avait été condamné à mort pour... (Photo AP)

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Robert Ladd avait été condamné à mort pour le viol et le meurtre par strangulation en septembre 1996 d'une jeune femme dont la maison avait été mise à sac et incendiée.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Après avoir interdit par deux fois la peine capitale pour les handicapés mentaux, la Cour suprême des États-Unis a laissé exécuter, jeudi au Texas, un condamné dont le retard intellectuel était établi depuis son enfance.

Robert Ladd, doté d'un QI de 67, a été exécuté par injection létale à 19h02 dans la chambre de la mort de Huntsville, Texas, a-t-on appris auprès d'une porte-parole du ministère de la Justice texan.

Peu avant, la Cour suprême des États-Unis avait rejeté ses deux appels et donné son accord à l'exécution de ce Noir de 57 ans, selon de brèves décisions, sans commentaire.

Par deux fois, la haute Cour avait interdit la peine de mort pour les handicapés mentaux dans Atkins v. Virginia en 2002 et Hall v. Florida en 2014. Mais elle a laissé à chaque État le soin de définir le retard intellectuel.

En autorisant l'exécution de Robert Ladd, la haute Cour a ainsi tacitement confirmé l'arrêt de la Cour pénale d'appel du Texas, qui s'était rangée à l'avis de l'État jugeant «beaucoup trop subjectifs» les critères retenus pour Robert Ladd.

La Cour texane avait cité le personnage intellectuellement déficient du livre Des souris et des hommes de John Steinbeck «comme exemple de quelqu'un auquel les citoyens du Texas pourraient» épargner l'exécution, selon un document de justice.

«De fait, ce cas est plus bizarre que la fiction. N'importe où ailleurs dans ce pays, le QI à 67 de M. Ladd aurait signifié la prison à vie, et non la mort», a déclaré Brian Stull, l'avocat de la puissante Union américaine de défense des libertés (ACLU), qui le soutenait. «Le sort de Robert Ladd ne devrait pas dépendre d'un roman».

Sa vie «est pleine de preuves de son handicap intellectuel», a ajouté l'avocat. Dès l'âge de 13 ans, il avait été jugé «de toute évidence retardé» par un psychiatre du Texas. À 18 ans, il avait été pris en charge par un centre spécialisé dans le retard mental et avait occupé un emploi handicapé, selon un document judiciaire.

Maurie Levin, une autre avocate du prisonnier, avait attaqué sans succès la procédure d'injection létale utilisée au Texas, le pentobarbital.

Ladd avait été condamné à mort pour le viol et le meurtre par strangulation en septembre 1996 d'une jeune femme dont la maison avait été mise à sac et incendiée. Il se trouvait alors en liberté conditionnelle après 16 ans de prison pour avoir tué une femme et ses deux enfants, également dans un incendie.

La Cour suprême avait déjà refusé d'arrêter l'exécution d'un handicapé mental mardi en Géorgie.

Il s'agit de la sixième exécution de l'année aux États-Unis, dont deux au Texas --l'État qui exécute le plus avec 520 condamnés depuis le rétablissement de la peine de mort dans le pays en 1976.

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