Après huit mois d'arrêt, l'Oklahoma exécute à nouveau

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En 2008, la Cour suprême a décrété la méthode d'injection létale conforme à la Constitution. Mais depuis, la plupart des États n'utilisent plus les mêmes produits, en raison d'une pénurie.

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Agence France-Presse
Washington

Après huit mois d'arrêt, et le feu vert de la Cour suprême, l'Oklahoma, État du Sud des États-Unis, a exécuté jeudi le condamné qui devait mourir le 29 avril dernier, jour de la longue agonie d'un autre détenu.

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Charles Warner

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À 19h28 (heure locale), un peu plus d'une heure après le rejet de son ultime recours par la Cour suprême, Charles Warner, 47 ans, a été déclaré mort par injection létale pour le viol et le meurtre de la fillette de 11 mois de sa compagne, a indiqué à l'AFP Jerry Massie, porte-parole des prisons de l'Oklahoma.

Au même moment, la Floride a procédé à l'exécution de Johnny Kormondy, 42 ans, pour le meurtre d'un père de famille lors d'un cambriolage. Son décès a été prononcé à 20h16 (1h16 GMT vendredi), McKinley Lewis.

En Oklahoma, l'exécution de Charles Warner avait été initialement programmée il y a huit mois, deux heures après celle de Clayton Lockett qui avait suscité un vif émoi. Lockett avait succombé dans d'apparentes souffrances 43 minutes après le début de l'injection.

Par cinq voix contre quatre, la Cour suprême a refusé d'arrêter l'exécution de Charles Warner et de se saisir de la controverse de l'injection létale.

Charles Warner et trois autres condamnés à mort de l'Oklahoma avaient demandé à la haute Cour de s'interroger sur la constitutionnalité de l'injection du midazolam, un barbiturique utilisé dans trois exécutions accompagnées de souffrances.

En 2008, la Cour suprême a décrété la méthode d'injection létale conforme à la Constitution. Mais depuis, la plupart des États n'utilisent plus les mêmes produits, en raison d'une pénurie.

Jeudi, les quatre juges progressistes de la haute Cour ont indiqué, dans un document dont l'AFP a eu copie, qu'ils auraient accordé un sursis, estimant que «les produits que l'Etat doit utiliser pour exécuter (les plaignants) méritent l'attention de la Cour».

«Tôt ou tard dans l'avenir proche, la Cour devra réexaminer la question de l'injection létale» a réagi l'avocat de Warner, Dale Baich, dans un communiqué.

«Les produits ou leur combinaison utilisés aujourd'hui pour les exécutions varient énormément entre les juridictions. Cette expérimentation a conduit à la conclusion tragique, mais prévisible de plusieurs exécutions ratées. Nous avons besoin urgemment d'instructions de la Cour sur les pratiques actuellement utilisées en matière d'injection létale».

«Nous ne saurons jamais si (Warner) a subi une souffrance intolérable pendant l'exécution. Ce que nous savons c'est que l'Oklahoma est prêt à courir le risque de violer l'interdiction constitutionnelle du châtiment cruel et inhabituel», a déclaré Alexandra Ringe de l'Union de défense des libertés (ACLU).

Les avocats ont demandé que l'Oklahoma conserve toutes sortes de preuves de l'exécution, depuis l'impression de l'électrocardiogramme, les seringues usagées, jusqu'à des prises de sang et tissus de la dépouille mortelle, au maximum deux heures après le décès.

L'Oklahoma n'a pas conduit d'exécution depuis le 29 avril 2014 et le calvaire de Clayton Lockett. L'État avait immédiatement décrété un moratoire de six mois et une révision de son protocole d'exécution. Une enquête avait établi que l'intraveineuse servant à injecter le cocktail de produits mortels avait mal été placée et insuffisamment surveillée.

La commission des droits de l'Homme de l'Organisation des États américains (OEA) avait demandé de suspendre l'exécution de Warner.

Les exécutions de Floride et de l'Oklahoma ont été conduites le jour du souvenir de Martin Luther King, qui s'était prononcé contre la peine capitale. Il s'agit des deuxième et troisième exécutions de l'année aux États-Unis.

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