Le FBI critiqué après la création d'un faux site internet

Le FBI était mercredi sous le feu des critiques d'organisations médiatiques... (Photo: AFP)

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Agence France-Presse
Washington

Le FBI était mercredi sous le feu des critiques d'organisations médiatiques furieuses d'apprendre que la police fédérale américaine avait monté de toutes pièces un faux site internet d'informations destiné à piéger un suspect dans un complot d'attentat.

Selon des documents dévoilés cette semaine, le FBI avait écrit un faux article de l'agence de presse Associated Press, comme s'il était paru dans le quotidien Seattle Times, pour amener un suspect à télécharger un virus qui révèlerait sa localisation.

L'affaire a été révélée par la puissante Union américaine de défense des libertés (ACLU). Elle remonte à 2007 et avait pour but, selon le FBI, «d'intervenir, avant que cela ne soit trop tard, dans une situation potentiellement dangereuse», en l'occurrence une menace d'attaque d'un lycée dans la région de Seattle, dans l'État de Washington.

Il s'agit d'une technique utilisée «en de très rares circonstances et seulement lorsque l'on a des raisons suffisantes de croire qu'elle permettra de résoudre une menace», s'est défendu mercredi l'agent du FBI Frank Montoya, dans un communiqué à l'AFP.

Selon lui, «tous les efforts déployés dans cette enquête visaient à empêcher des événements tragiques comme ceux (du lycée) de Marysville et de la Seattle Pacific University», où des fusillades ont fait respectivement deux et un mort, fin octobre et en juin de cette année.

L'article incriminé portait sur le suspect lui-même et avait été créé sur un site internet ressemblant en tout point à celui du Seattle Times, sans toutefois porter le nom du journal. Le FBI avait envoyé un lien sur le compte MySpace du suspect pour que ce dernier clique dessus et télécharge un logiciel de localisation.

«Quand le FBI se fait passer pour la presse, il est aussi irresponsable que la CIA qui crée des faux programmes d'immunisation. C'est complètement inacceptable», a déclaré un chercheur de l'ACLU, Christopher Soghoian.

L'agence AP tout comme le Seattle Times ont réagi avec autant de colère. «Ce stratagème est une violation du nom d'AP et sape sa crédibilité», a déclaré Paul Colford, un porte-parole d'Associated Press, dans un communiqué à l'AFP.

«Si l'épilogue est digne d'être salué --la condamnation d'un lycéen coupable de menaces d'attentat à la bombe - , cela ne justifie pas le mépris scandaleux du gouvernement pour la liberté de la presse», proclame un éditorial du Seattle Times.

«Combien d'autres médias (les forces de l'ordre américaines) ont-elles prétendu être? Et comment empêcher que des lecteurs innocents ne cliquent sur ces liens malveillants?» a demandé Trevor Timm de la Fondation pour la liberté de la presse, appelant le FBI et le ministère de la Justice à condamner cette «tactique sordide».

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