Boston: «Une ville ne peut jamais être trop propre», dit le maire

«Ce qui me rend fier, c'est notre plan... (Photo Rose Lincoln, collaboration spéciale)

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«Ce qui me rend fier, c'est notre plan d'affaires, l'accent que l'on met sur le développement économique», dit le maire de Boston, Marty Walsh.

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(Boston) Le démocrate Marty Walsh est devenu le 54e maire de Boston en janvier dernier. Il est le successeur de Thomas Menino, un maire plus grand que nature qui a régné sur la ville pendant plus de 20 ans. À la tête d'une ville en pleine relance, M. Walsh a livré à La Presse certains des secrets du succès de Boston.

Les Montréalais adorent Boston, mais détestent les Bruins. Est-ce que les Bostoniens ont le même rapport avec Montréal et le Canadien?

(Rire) Il y a en effet beaucoup de similitudes entre nos deux villes. Nous avons des gens très passionnés. Nous avons aussi des amateurs de hockey très passionnés. Ainsi, quand l'équipe joue bien, tout le monde va bien et la ville en profite. C'est vrai à Montréal et c'est vrai à Boston.

Il y a en effet beaucoup de similitudes entre Montréal et Boston, ce sont deux cités-régions dynamiques, deux villes universitaires, deux villes qui vivent dans l'ombre d'une grande métropole.

Vous avez raison. J'ajouterais qu'on retrouve aussi une ambiance qui se ressemble dans les deux villes. On peut marcher facilement partout, il y a une grande diversité ethnique, une histoire riche et un amour partagé des citoyens pour leur ville. C'est pour ça que Boston et Montréal ont un bon rayonnement.

J'ai l'impression qu'une différence qui distingue Montréal de Boston est le traitement de métropole qui est réservé à cette dernière, tant par l'État que par le gouvernement fédéral.

Oui. Cela a beaucoup à voir avec notre emplacement. Boston est la capitale du Massachusetts, mais en raison de son emplacement géographique, Boston est aussi la capitale de la Nouvelle-Angleterre et du nord-est des États-Unis. Les deux gouvernements comprennent que la santé de Boston décide de celle de l'État et même de celle de la région. Cela nous donne un sérieux avantage.

Quelle est l'essence de Boston? Qu'est-ce qui le rend spécial?

D'abord et avant tout, ce sont ses gens. On l'a vu avec le mouvement Boston Strong, qui a suivi l'attentat du marathon. Les gens se sont serré les coudes, la communauté s'est prise en main, les victimes ont eu l'appui de tout le monde. Par ailleurs, la stabilité du gouvernement, le leadership de ses dirigeants sont aussi des particularités de Boston, qui profite ainsi d'une situation fiscale très saine. Lors de la dernière crise économique, Boston a été moins frappée que les autres grandes villes américaines.

Boston est une très belle ville, harmonieuse, cohérente, bien préservée. Mais c'est aussi une ville très propre, c'est ce qui frappe le Montréalais qui y déambule. Quel est le secret?

Comme c'est doux à mes oreilles! Je crois que nous avons encore du chemin à faire, mais c'est vrai que nous mettons beaucoup d'énergie dans le maintien de la propreté. Une ville, après tout, ne peut jamais être trop propre. Cela dit, cette propreté s'explique par le travail qu'effectue la Ville, mais aussi par l'implication des entreprises et de la collectivité en général. C'est important que les gens d'affaires et les citoyens éprouvent un respect pour leur propre ville qui les incite à agir en conséquence.

Boston est aussi une ville qui se marche, beaucoup plus que Montréal, à mon avis. On y retrouve beaucoup plus d'espaces et de parcours destinés aux piétons, comme l'Emerald Necklace, ce chapelet de parcs et d'espaces publics qui s'étire sur une dizaine de kilomètres. Comment faites-vous?

Pour la marche, c'est un travail de fond qui s'étale sur des décennies. On travaille sur l'Emerald Necklace depuis longtemps, par exemple, et on a planifié de le connecter à terme. L'important est de ne pas développer la ville projet par projet, mais plutôt selon une vision d'ensemble et un horizon lointain. Il faut se demander à quoi on souhaite que ressemble la ville dans 20 ans, dans 30 ans. Et ainsi, on peut bâtir en prévoyant le contexte dans lequel chaque projet s'inscrira.

Qu'est-ce que le maire de Montréal pourrait apprendre de Boston?

Ce qui me rend fier, c'est notre plan d'affaires, l'accent que l'on met sur le développement économique. Nous avons des services qui s'occupent de différents aspects de la question. Par exemple, nous avons l'Office of New Bostonians, qui incite les immigrants à s'installer ici et qui les aide à le faire. On a l'Office of Women's Advancement, qui s'assure que les femmes reçoivent un traitement équitable et qu'elles trouvent leur place au sein de l'administration. Nous avons un département de travaux publics très solide, qui a vraiment à coeur la propreté de la ville et la qualité des infrastructures. L'important, à mon avis, est de se concentrer sur cinq ou six enjeux et de les prioriser.

Un autre élément qui distingue Montréal de Boston est la décentralisation de la gouvernance. Boston n'est qu'une petite ville dans une région qui en compte une centaine. Est-ce un avantage ou un inconvénient?

Je me concentre beaucoup sur le développement d'une pensée régionale. À mon avis, c'est important que les partenaires municipaux travaillent ensemble. Ça n'a pas toujours été le cas, mais on voit aujourd'hui qu'au-delà des préoccupations que chaque maire a pour sa ville et ses concitoyens, il y a des enjeux plus larges, régionaux, dont il faut s'occuper ensemble.

Et qui gagnera la première partie de hockey entre les Bruins et le Canadien?

Ça m'importe peu, qui gagne le premier match, je veux juste que Boston gagne le dernier...

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