Obama se prépare à une rentrée difficile

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Le bilan législatif de Barack Obama, huit mois après le début de son second mandat, reste vide.

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Tangi QUEMENER
Agence France-Presse
Washington

Les vacances présidentielles furent courtes, et l'automne s'annonce difficile: Barack Obama retrouve dimanche Washington où les semaines à venir devraient être marquées par de nouvelles graves crises sur le budget et la dette.

Le dirigeant américain doit revenir en fin de soirée de Martha's Vineyard, île huppée du Massachusetts où il aura passé huit jours.

Sa seule intervention formelle a été consacrée à la situation en Égypte, lorsqu'il a dénoncé jeudi la répression sanglante des manifestations par l'armée.

Tout en gardant à l'esprit les développements dans un pays «sur un chemin dangereux», et à part une parenthèse internationale au G20 en Russie début septembre, M. Obama devrait beaucoup se consacrer à la politique intérieure d'ici à octobre.

Le Congrès, où les républicains règnent sur la Chambre des représentants et disposent d'une minorité de blocage au Sénat, va devoir se mettre d'accord sur les recettes et les dépenses avant l'entrée dans la nouvelle année budgétaire le 1er octobre.

Faute de consensus, l'État fédéral sera contraint de fermer ses services administratifs «non-essentiels». Depuis que les républicains ont reconquis la Chambre en 2011, leurs différends avec M. Obama ont plusieurs fois failli déclencher une telle paralysie, avant des accords de dernière minute.

Mais certains républicains ont menacé de ne pas céder cette fois-ci, car le 1er octobre doit aussi entrer en vigueur un volet majeur de la réforme de l'assurance-maladie, pièce maîtresse du bilan social du président.

Les Américains dépourvus de couverture santé pourront en effet s'inscrire pour en bénéficier. Les républicains de la Chambre, qui ont organisé 40 votes symboliques pour abroger la réforme, ont menacé de ne pas voter un budget qui la financerait.

Le pire n'est pas sûr, estime toutefois Thomas Mann, spécialiste du Congrès à l'institut Brookings de Washington. «Les républicains ont le même genre de moyen de pression qu'un auteur d'attentat-suicide» et risquent de souffrir des conséquences d'un blocage lors des prochaines élections, explique-t-il à l'AFP.

Cet expert se dit aussi «réconforté par le nombre grandissant de républicains qui qualifient de folle et suicidaire la stratégie du Tea Party», leur influente aile conservatrice opposée au compromis.

Austérité toujours en vigueur

«Fermer les services de l'État, uniquement pour empêcher 30 millions de personnes d'avoir accès à une couverture maladie, est une mauvaise idée», a mis en garde le président, qui va repartir sur le terrain en autocar jeudi et vendredi pour défendre sa vision de l'économie.

M. Obama propose de supprimer des niches fiscales pour financer des investissements en faveur de la classe moyenne. Mais les républicains ne veulent pas entendre parler d'un nouveau plan de relance.

L'incapacité chronique des deux camps à s'entendre au sujet des impôts a déjà débouché en mars sur une cure d'austérité forcée, synonyme de programmes fédéraux gelés et de congés sans solde.

La menace de crise budgétaire se double de la nécessité de relever le plafond légal de la dette, là aussi une prérogative du Congrès. Le Trésor a affirmé ne pouvoir tenir que jusqu'à la mi-octobre.

Or, le président de la Chambre, John Boehner, a lié un tel relèvement à de nouvelles coupes dans les dépenses, rappelant sa position de l'été 2011 quand les États-Unis avaient évité d'un cheveu de se retrouver en situation de défaut de paiement.

Le bilan législatif de M. Obama, huit mois après le début de son second mandat, reste vide, et la Maison-Blanche espère voir la Chambre emboîter le pas au Sénat en adoptant une remise à plat du système d'immigration cet automne.

Mais là aussi, certains républicains, les yeux déjà rivés sur les législatives de la mi-mandat en novembre 2014, sont méfiants vis-à-vis de mesures s'apparentant selon eux à une «amnistie» pour les clandestins.

«Ce n'est pas joué sur l'immigration, mais pas hors d'atteinte. Si la réforme échoue, ce sont les républicains (...) qui en paieront le prix», prédit M. Mann.

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