Le général Norman Schwarzkopf meurt à 78 ans

Le général américain Norman Schwarzkopf.... (PHOTO David Longstreath, ARCHIVES AP)

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Le général américain Norman Schwarzkopf.

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Mathieu RABECHAULT
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le général américain Norman Schwarzkopf, héros de la guerre du Golfe en 1991 et «un des plus grands chefs militaires de sa génération» selon l'ancien président George H.W. Bush, est mort jeudi à l'âge de 78 ans dans sa maison de Tampa, en Floride.

Surnommé «l'Ours» ou encore «Norm la tempête», le général Schwarzkopf est passé à la postérité en chassant les forces de Saddam Hussein du Koweït début 1991 lors du premier conflit suivi en temps quasi réel par les médias.

Entre août 1990 et mars 1991, son physique de colosse (1,95 m, 120 kilos) s'est fréquemment invité sur les écrans de télévision américaine et du monde entier au côté de son acolyte, le général Colin Powell, alors chef d'état-major des armées et principal conseiller militaire du président George H.W. Bush.

Malade depuis de nombreux mois, l'ancien général est mort vers 14 h 20 dans des circonstances non précisées dans l'immédiat, a affirmé à l'AFP un responsable américain sous couvert d'anonymat.

De sa chambre d'hôpital de Houston, au Texas, où il se trouve en soins intensifs à la suite de complications dues à une bronchite, George Bush «père» a été le premier à réagir.

«Barbara et moi pleurons la mort d'un vrai patriote américain, l'un des plus grands chefs militaires de sa génération», affirme l'ancien président dans un communiqué, évoquant un «homme bon et honnête».

Pour le secrétaire à la Défense Leon Panetta, Schwarzkopf «a laissé une empreinte indélébile sur l'armée américaine et sur le pays».

Connu pour son franc-parler

Lorsque Saddam Hussein envahit le Koweït, ce général quatre étoiles de l'armée de Terre dirigeait le Centcom, le commandement américain chargé de tout le Moyen-Orient et de l'Asie du Sud-Ouest.

C'est à ce titre qu'il prit la tête des plus de 500 000 soldats américains déployés en Arabie saoudite et près de 200 000 hommes de la coalition internationale dans le cadre des opérations «Bouclier du désert» et «Tempête du désert».

La reconquête du Koweït en 100 heures après près de deux mois de raids aériens lui vaudra la gloire et permettra de chasser le spectre du bourbier vietnamien, qui était alors le dernier déploiement massif de troupes américaines à l'étranger.

Des historiens militaires lui reprochent cependant d'avoir autorisé les Irakiens à utiliser leurs hélicoptères à la fin des hostilités, leur permettant de mater l'insurrection chiite dans le sud et kurde dans le nord.

Ni colombe, ni faucon, il se décrivait comme une chouette, symbole de la sagesse: «Suffisamment sage pour comprendre qu'il faut tout faire pour éviter la guerre, et une fois résolu à la faire, suffisamment féroce pour parvenir le plus vite possible à la victoire». Avant le début de l'offensive, il avait prévenu: «Je ferai tout mon possible pour détruire l'ennemi brutalement et le plus rapidement possible».

Né le 22 août 1934, diplômé de l'académie militaire de Wespoint, Herbert Norman Schwarzkopf était connu pour son franc-parler. Il se plaisait lui-même à rappeler qu'au Vietnam, lorsqu'il n'était que capitaine, il avait pris sur lui la responsabilité d'annuler une mission dans laquelle ses hommes devaient être engagés après avoir appris que le soutien aérien et d'artillerie qu'on lui avait promis ne serait pas disponible.

Convoqué devant ses supérieurs, il avait expliqué qu'il n'entendait pas risquer gratuitement la vie des soldats dont il avait la charge dans des opérations mal montées.

Au cours de sa carrière, il reçut deux «Purple Hearts» pour des blessures reçues au Vietnam, trois «Silver Stars», trois «Bronze Stars» et la «Distinguished Service Medal», toutes remises pour sa conduite exceptionnelle au feu.

Il avait pris sa retraite en août 1991, quelques mois après la fin de la guerre du Golfe. En 2003, il a été consultant de la chaîne NBC à l'occasion de la guerre en Irak, à propos de laquelle il s'est montré critique à partir de 2004.

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