Le nombre d'attaques terroristes en hausse de 35% en 2014

Le rapport attribue la hausse du nombre d'attaques... (PHOTO /SAFIN HAMED, ARCHIVES AFP)

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Le rapport attribue la hausse du nombre d'attaques à une intensification du terrorisme en Irak (ci-dessus), en Afghanistan et au Nigeria, tandis que l'alourdissement du bilan découle des attaques de plus en plus meurtrières commises dans ces pays et ailleurs.

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Nicolas REVISE
Agence France-Presse
WASHINGTON

Avec près de 33 000 morts en 2014 dans des «attaques terroristes», le monde a connu une hausse vertigineuse du nombre de personnes tuées par des attentats, s'est alarmée vendredi la diplomatie américaine.

Dans un rapport mondial glaçant, le département d'État analyse également l'émergence fulgurante du groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie, concédant qu'il faudra des années pour en venir à bout.

Ce panorama statistique annuel, qui s'arrête au 31 décembre 2014, décompte 13 463 «attaques terroristes» l'an dernier -- une augmentation de 35 % par rapport à 2013 -- ayant provoqué la mort de 32 727 personnes, l'équivalent de la population d'une ville moyenne en France.

Cela représente une hausse de 81 % du nombre de tués sur un an.

Dans cette avalanche macabre de chiffres, Washington relève que 95 pays ont été frappés par des actes «terroristes» en 2014, mais que plus de 60 % d'entre eux se sont produits en Irak, au Pakistan, en Afghanistan, en Inde et au Nigeria. Et 78 % des personnes qui ont perdu la vie se trouvaient en Irak, Syrie, Afghanistan, Pakistan et au Nigeria.

Cette poussée effarante du nombre de morts s'explique par le fait qu'«en 2014 il y a eu 20 attaques qui ont tué (chacune) plus de 100 personnes, contre deux du même type en 2013», selon le ministère américain des Affaires étrangères.

Un total de 34 791 personnes ont également été blessées dans ces attentats et 9428 autres ont été prises en otage.

Concept idéologique, sujet à de multiples controverses, le «terrorisme» est défini juridiquement par le gouvernement américain comme un acte «de violence prémédité, aux mobiles politiques, perpétré par des groupes sous-nationaux ou des agents clandestins, contre des cibles non combattantes».

EI, un groupe «sans précédent»

Ce rapport préparé pendant des mois par une armée d'experts et de diplomates américains a été publié avec plusieurs semaines de retard et établit une photographie la plus complète possible du «terrorisme» mondial: pour 2014, il met l'accent sur le groupe djihadiste EI qui contrôle depuis juin 2014 de larges pans de la Syrie et de l'Irak.

Les États-Unis ont mis sur pied depuis septembre une coalition militaire internationale qui a effectué des milliers de frappes contre les bastions de l'EI, mais Washington reconnaît que cette organisation islamiste ultraradicale sunnite est «sans précédent» dans l'histoire du terrorisme.

«Nous avons remporté des succès contre l'EI en Irak et en Syrie», a assuré devant la presse le porte-parole du département d'État, John Kirby. Mais «est-ce terminé? Non. Et nous avons dit avec franchise que cela prendrait de trois à cinq ans», a-t-il reconnu.

De même dans le cas de l'organisation rivale Al-Qaïda, dorénavant supplantée par l'EI, «ses dirigeants ont été largement affaiblis, mais cela ne veut pas dire qu'ils ont disparu», a averti M. Kirby.

À cet égard, l'émissaire du gouvernement américain en matière d'antiterrorisme, Tina Kaidanow, a fait aveu d'impuissance devant la presse: «Nous sommes confrontés à des défis en matière de terrorisme qui évoluent rapidement et nous ne pouvons pas prévoir avec précision ce que sera le paysage dans une décennie, voire dans un an».

Dans ce tableau noir, Washington n'a pas non plus oublié Téhéran.

Les États-Unis font bien le distinguo depuis des mois entre le processus historique diplomatique pour trouver un accord sur le programme nucléaire de l'Iran et la dénonciation du rôle «déstabilisateur» de la puissance chiite au Moyen-Orient.

Car la République islamique «a continué de soutenir des groupes terroristes tout autour de la planète», a fustigé Mme Kaidanow.

Téhéran figure en effet depuis 1984, aux côtés de la Syrie et du Soudan, sur une liste noire de la diplomatie américaine d'«États soutenant le terrorisme». Cuba en a été retiré fin mai.

Le rapport du département d'État pointe notamment le rôle des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, et l'appui militaire apporté par Téhéran aux régimes syrien et irakien. Dans la ligne de mire des États-Unis, on trouve pèle-mêle le soutien de l'Iran au Hezbollah chiite libanais, à plusieurs milices chiites irakiennes ou encore aux groupes palestiniens du Hamas et du djihad islamique.

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