Déversement d'eaux usées: «la seule option»

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Après avoir analysé la question durant deux jours, l'administration Coderre a tranché qu'elle n'avait pas d'autre choix que de maintenir sa décision d'aller de l'avant avec le déversement direct de huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent durant sept jours cet automne.

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Le diamètre des intercepteurs varie entre 1,8 et 5,4 mètres. Leur profondeur atteint 35 mètres sous terre. 

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Même si elle est incapable de chiffrer le niveau de contamination du fleuve, la Ville assure qu'il n'y aura aucun impact sur la qualité de l'eau potable des municipalités en aval de Montréal. Lors d'une présentation qui a duré une heure à l'hôtel de ville, fonctionnaires et élus sont toutefois restés muets sur l'impact qu'aurait le déversement sur la faune et la flore du Saint-Laurent. La pêche, la baignade et les activités nautiques sont toutefois interdites.

« Personne ici n'est en train de vous dire que ce qu'on fait là, c'est l'idéal. Mais c'est qu'on vous dit c'est que c'est le meilleur de ce que l'on peut faire dans les circonstances », a déclaré le président du comité exécutif Pierre Desrochers.

Le déversement des eaux domestiques usées aura lieu en continu durant sept jours à partir du 18 octobre. Ce déversement a lieu dans le cadre des travaux d'abaissement de l'autoroute Bonaventure. La construction d'une nouvelle chute à neige nécessite la purge d'un intercepteur de 30 kilomètres. Cet intercepteur (sud-est) représente un tiers du réseau à Montréal et dessert le secteur compris entre LaSalle et Rivière-des-Prairies Pointe-aux-Trembles.

Les intercepteurs sont d'immenses conduites qui ceinturent l'île de Montréal. Ils servent à pomper les eaux usées vers la station d'épuration de la métropole. Très souvent, les chutes à neige sont directement branchées sur les intercepteurs. 

« C'est un choix éclairé qui va permettre de réaliser des travaux, qui à terme, vont éviter qu'on transporte de la neige directement dans le fleuve et nous permettre un meilleur écoulement », a expliqué M. Desrochers.

Le diamètre des intercepteurs varie entre 1,8 et 5,4 mètres. Leur profondeur atteint 35 mètres sous terre. Il est nécessaire de vider complètement la portion sud-est du tuyau pour réaliser les travaux afin de protéger les employés des émanations et des accidents de travail. La Ville affirme que lorsque les travaux seront exécutés, une plus grande quantité d'eau pourra être traitée et la quantité d'eaux usées qui déborde dans le fleuve, en période de pluie abondante par exemple, sera réduite.

L'eau sera vidée à 23 différents points le long de l'intercepteur pour favoriser la dispersion des eaux usées dans l'eau.

«Où est le maire de Montréal?»

L'opposition officielle à l'hôtel de ville s'est indignée de « l'indifférence » du maire Coderre en matière d'environnement.

«La première responsabilité en environnement pour le maire c'est le fleuve Saint-Laurent», a déclaré le chef de Projet Montréal Luc Ferrandez. «La seule solution qu'on peut trouver en deux jours c'est une solution de relation publique. L'explication est donnée par des experts et le maire est seulement là pour les bonnes nouvelles. La question à se poser aujourd'hui c'est: où est le maire de Montréal? Si on avait annoncé qu'il y avait un troisième match préparatoire de baseball au stade olympique, il serait présent pour cette annonce!»

Pas idéal, mais acceptable, dit Heurtel

La Ville de Montréal a demandé l'autorisation au ministère de l'Environnement pour réaliser ce projet il y a plus d'un an.

Après avoir analysé le dossier, le Ministère a conclu que la solution est «loin d'être idéale», a indiqué le ministre de l'Environnement, David Heurtel. Mais aucune autre option n'est possible, si bien qu'il «faut quand même aller de l'avant».

M. Heurtel a aussi affirmé que le projet n'entraînera aucune conséquence pour l'approvisionnement en eau des municipalités qui longent le fleuve. Son ministère a exigé des mesures de mitigation, ce qui va amoindrir l'impact sur la faune et la flore du fleuve.

«Tant les experts du ministère de l'Environnement que les experts du ministère de la Faune ont analysé la proposition de la Ville, ont proposé des mesures de mitigation que la Ville va mettre en oeuvre, a indiqué M. Heurtel. Et avec ces mesures, ils considèrent que le projet de la Ville est acceptable d'un point de vue environnemental et faunique.»

Suspension demandée 

L'opposition du Parti québécois demande au gouvernement Couillard d'exiger la suspension du projet de l'administration Coderre. Le député Mathieu Traversy souhaite connaître l'ensemble des impacts environnementaux du projet avant que Québec autorise le projet pour de bon. Il souhaite aussi explorer des mesures alternatives qui permettraient d'éviter le déversement des égouts dans le fleuve. 

«On tape sur les doigts des gens qui jettent des déchets aux abords de nos cours d'eau, a noté M. Traversy. Mais on va accepter que Montréal déverse 8 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve qui est notre patrimoine commun pour le Québec et une source importante d'approvisionnement en eau potable pour nos municipalités.» 

M. Traversy rappelle que plusieurs villes situées le long du fleuve - Sorel-Tracy, Trois-Rivières, par exemple - ont exprimé des réserves quant à l'impact du projet de Montréal. Une experte de l'École Polythechnique a aussi prévenu le débit du Saint-Laurent est insuffisant pour complètement dissoudre les déchets qui seront rejetés.

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