Les émissions de GES révisées à la hausse au pays

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Pour Patrick Bonin, de Greenpeace, les nouvelles méthodes de calcul des émissions de GES devraient inciter les gouvernements à y penser deux fois avant d'autoriser l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste.

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(QUÉBEC) Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada et du Québec ont été revues à la hausse dans un rapport rendu par Ottawa aux Nations unies. La raison: les scientifiques avaient sous-estimé la contribution du méthane aux changements climatiques.

L'Inventaire canadien des GES a été calculé à partir de nouvelles directives du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). Ce comité scientifique avait recommandé de réviser le «potentiel de réchauffement planétaire» accordé au méthane, car celui-ci contribuerait davantage aux changements climatiques qu'on le croyait.

Le dernier rapport remis à l'ONU par Ottawa présente donc un bilan révisé. Pour l'année 2012, les émissions de GES ont été revues à la hausse de 2,4% pour s'établir à 715 mégatonnes, plutôt que 699.

Pour l'année 2013, les émissions ont encore augmenté à 726 mégatonnes.

Bilan québécois en cause

Les nouveaux calculs d'Ottawa mettent en cause le bilan publié par le gouvernement Couillard il y a une dizaine de jours. Le 10 avril, peu avant le sommet des premiers ministres provinciaux sur le climat, Québec a rendu public l'Inventaire québécois des émissions de GES. Ce rapport avançait que les émissions du Québec étaient de 78 mégatonnes en 2012.

Or, révèle l'inventaire fédéral, les émissions du Québec ont plutôt totalisé 81,6 mégatonnes cette année-là. Il s'agit d'un écart de près de 5% par rapport aux chiffres rendus publics par Québec il y a quelques jours à peine.

Selon le rapport fédéral, les émissions ont augmenté au Québec en 2013 pour s'établir à 82,6 mégatonnes.

Au bureau du ministre de l'Environnement, David Heurtel, on a défendu le rapport publié il y a 10 jours, affirmant que ses données sont «plus précises» que celles du fédéral. On fait valoir que, grâce au marché du carbone, les entreprises québécoises doivent déclarer leurs émissions de GES. Elles sont donc plus faciles à compiler.

Québec reconnaît toutefois ne pas avoir utilisé les nouvelles méthodes de calcul du GIEC.

«Pour l'inventaire québécois des émissions de GES 2013 [le rapport de l'an prochain], le Ministère utilisera les mêmes méthodologies que le GIEC», a indiqué le porte-parole du ministre Heurtel, Guillaume Bérubé.

Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace, souligne que les derniers travaux du GIEC ont entraîné une nouvelle révision du potentiel de réchauffement planétaire du méthane d'environ 50%. Cela veut dire que le bilan canadien va vraisemblablement s'alourdir rétroactivement dans les prochaines années.

Pour M. Bonin, les nouvelles méthodes de calcul des émissions de GES devraient inciter les gouvernements à y penser deux fois avant d'autoriser l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste, responsables d'émissions fugitives de méthane.

«Dans le contexte québécois, où le gouvernement lorgne des ressources énergétiques non conventionnelles comme le gaz de schiste et le pétrole de schiste, c'est un signal supplémentaire qui dit que le Québec a plus intérêt à investir pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles au lieu de nous y enfoncer», a dit M. Bonin.

En chiffres

Émissions de GES du Canada en 2012

  • Ancienne méthode de calcul: 699 mégatonnes
  • Nouvelle méthode: 715 mégatonnes

Émissions de GES du Québec en 2012

  • Ancienne méthode de calcul: 78 mégatonnes
  • Nouvelle méthode: 81,6 mégatonnes

Émissions en 2013

  • Canada: 726 mégatonnes
  • Québec: 82,6 mégatonnes

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