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Longueuil: du diesel dans l'eau potable

Les tablettes des épiceries ont rapidement été vidées... (PHOTO PATRICK SANSFAÇON, LA PRESSE)

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Les tablettes des épiceries ont rapidement été vidées par les citoyens.

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Après une journée marquée par les problèmes de communication et de distribution d'eau, la mairesse de Longueuil a confirmé en fin d'après-midi hier la présence d'hydrocarbure dans l'eau potable à Longueuil, Saint-Bruno et Boucherville. L'avis d'interdiction de consommer l'eau pour quelque 300 000 personnes a donc été maintenu.

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La mairesse Caroline St-Hilaire

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Dans les heures qui ont suivi la découverte de la fuite de 28 000 litres de diesel dans le réseau d'égout de Longueuil et dans le fleuve Saint-Laurent mercredi, la Ville avait pourtant insisté pour dire que les réservoirs d'eau potable n'étaient pas touchés.

Toutefois, hier matin, les citoyens se sont rapidement inquiétés lorsqu'ils ont senti une odeur étrange dans l'eau et y ont perçu un goût particulier. Ce n'est qu'à 16h45 que la mairesse Caroline St-Hilaire a confirmé ce que le nez de plusieurs citoyens avait flairé.

«On vient d'avoir les résultats préliminaires des tests qui nous confirment qu'il y aurait une présence d'hydrocarbure [dans l'eau potable]», a-t-elle déclaré. L'avis préventif de non-consommation d'eau diffusé en matinée a été maintenu pour une durée indéterminée. Les villes de Saint-Lambert et Brossard, tout comme les secteurs de Greenfield Park et de LeMoyne, ne sont pas touchés.

Au moment de publier, Jean-Pierre Richard, directeur du service du génie à la Ville de Longueuil, indiquait que l'avis serait en vigueur pour encore «plusieurs heures». La Ville doit faire le point ce matin à 7h. Un peu plus tôt en matinée hier, M. Richard a expliqué qu'une fuite d'un réservoir de diesel qui alimente la génératrice d'un puits de pompage d'eau brute (l'eau prélevée du fleuve avant traitement) est à l'origine de l'incident.

Tant que l'avis est en vigueur, l'eau ne doit pas être bue ou utilisée pour préparer des boissons, pour laver des aliments ou se brosser les dents. Il n'y a pas de risque cependant pour la douche, a indiqué le Dr Jean Rodrigue, directeur de la Santé publique de la Montérégie lors du point de presse de la mairesse. Faire bouillir l'eau est inutile pour ce type de contamination.

En cas d'ingestion, certaines personnes «plus sensibles» pourraient avoir des symptômes mineurs comme des nausées, des étourdissements ou encore des maux de tête. «On pense que ça devrait toucher une faible proportion des gens étant donné la faible concentration [du diesel]», a expliqué le Dr Rodrigue. En début de soirée hier, aucun cas n'avait encore été répertorié. Une bonne nouvelle pour les citoyens. Plusieurs étaient toutefois trop occupés à faire la file dans le froid devant les centres de distribution d'eau pour se réjouir.

Des centres à sec

La mairesse avait annoncé, un peu avant midi hier, la mise sur pied de centres de distribution en après-midi. Mais vers 13h, les personnes qui commençaient à affluer ont rapidement appris que les centres étaient à sec. «On se fout bien de nous», a déclaré un citoyen qui repartait les mains vides du centre situé sur le boulevard Maricourt dans l'arrondissement de Saint-Hubert.

À l'aréna Jean-Béliveau, plusieurs personnes avaient du mal à contenir leur frustration. «Les personnes de 65 ans et plus d'abord», a déclaré un employé de la Ville. «Et pour les parents des bébés?», a crié un père qui attendait l'eau pour faire boire son nourrisson de 10 mois.

«Ça n'a pas de bon sens, a déploré Mario Gauthier, président du syndicat des cols bleus de Longueuil. On nous dit de distribuer l'eau, il n'y en a même pas... On a dit à nos membres de ne pas argumenter avec les citoyens, la situation est déjà assez difficile», a-t-il déclaré à La Presse.

Ce n'est qu'à 16h15 que les familles ont commencé à recevoir les deux bouteilles de 4 litres auxquelles elles avaient droit, contrairement aux trois bouteilles annoncées. Entre-temps, une imposante file s'était formée à l'extérieur.

«Au niveau de la distribution d'eau, il y a eu des problèmes, c'est le moins qu'on puisse dire, a reconnu la mairesse. Comment se fait-il qu'à 9h je commande de l'eau et qu'à 14h on ne sache pas où est rendue notre commande? J'ai appelé partout, je n'ai pas de retour [...] je suis la première à être frustrée.»

Elle a toutefois nié être dépassée par les événements. Aux quatre centres de distribution à Longueuil, quatre casernes de pompiers, quatre centres à Boucherville et un autre à Saint-Bruno se sont ajoutés pour répondre à la demande.

La mairesse a aussi été critiquée par de nombreux citoyens pour avoir tardé à lancer l'avis de non-consommation de l'eau, malgré les nombreuses plaintes. «On ne peut lancer un avis sans avoir le début de commencement d'un doute. Si j'avais fait ça de manière irresponsable à 6h du matin [...] j'aurais eu l'air encore plus irresponsable [...] Imaginez tous les impacts. Peut-être qu'on aurait pu le prendre un peu plus rapidement, mais pas à 6h», s'est-elle défendue.

Le ministère de l'Environnement a déployé un laboratoire mobile pour fournir très rapidement des résultats des analyses des eaux. Le ministère tente de déterminer les endroits précis de la contamination. «Nous serons sur place jusqu'à ce que la situation soit rétablie», a indiqué Daniel Savoie, responsable de la Montérégie au ministère de l'Environnement.

Mercredi, le ministère de l'Environnement avait critiqué la Ville de Longueuil pour avoir mis plus de 4 heures à lui signaler la fuite. Le Ministère publiera un avis de non-conformité et a d'ores et déjà exigé qu'une enquête soit réalisée. La mairesse St-Hilaire a confirmé hier matin qu'une enquête interne serait menée. La mairesse et M. Richard, du service du génie, ont été incapables de dire si des mesures extraordinaires de surveillance de l'eau potable avaient été mises en place entre le constat de la fuite et les plaintes des citoyens.

Les écoles approvisionnées

La mairesse de la Ville de Longueuil a affirmé hier soir que les écoles de son territoire devaient être approvisionnées en eau aujourd'hui. Hier matin, avant même que Longueuil n'interdise la consommation d'eau, la commission scolaire Marie-Victorin avait publié des avis d'interdiction de consommation d'eau, à titre préventif.

Les événements, en cascade

Mercredi 14 janvier

4h : Les premiers signes d'un déversement de diesel sont détectés au Centre d'épuration Rive-Sud , mais c'est seulement quatre heures plus tard que l'on confirme la présence d'un contaminant dans l'eau des égouts.

8h30 : Des employés se dirigent au puits de pompage d'eau brute et constatent une fuite dans le réseau d'alimentation d'une génératrice. Le diesel tombait sur le plancher pour couler vers un drain relié aux égouts.

9h : Longueuil dit avoir avisé Urgence-Environnement de la découverte de la fuite.

16h30 : Longueuil publie un communiqué affirmant que, malgré l'incident, l'eau potable est propre à la consommation. «Rien ne permettait de penser qu'il y avait une contamination de l'eau potable», indique Jean-Pierre Richard, directeur du service du génie de Longueuil.

Jeudi 15 janvier

8h : La Ville de Longueuil reçoit des plaintes de citoyens au sujet du goût et de l'odeur de l'eau potable. Des employés se rendent à la station de pompage et ne constatent pas d'odeur.

10h30 : Les employés retournent au puits de pompage et observent alors des traces de diesel à la surface de l'eau dans l'une des deux cellules alimentant les pompes. Celles-ci sont aussitôt arrêtées et des opérations de nettoyage débutent. «De toute évidence, il y a eu une certaine contamination», admet Jean-Pierre Richard.

10h33 : Longueuil publie un avis de ne pas consommer l'eau potable.

16h : Début de la distribution d'eau à Longueuil, Boucherville et Saint-Bruno.

16h30 : La mairesse Caroline St-Hilaire indique que des analyses ont confirmé la présence d'hydrocarbures dans l'eau potable de Longueuil.

«Physiquement impossible» à Montréal

Mercredi 14 janvier

4h : Les premiers signes d'un déversement de diesel sont détectés au Centre d'épuration Rive-Sud , mais c'est seulement quatre heures plus tard que l'on confirme la présence d'un contaminant dans l'eau des égouts.

8h30 : Des employés se dirigent au puits de pompage d'eau brute et constatent une fuite dans le réseau d'alimentation d'une génératrice. Le diesel tombait sur le plancher pour couler vers un drain relié aux égouts.

9h : Longueuil dit avoir avisé Urgence-Environnement de la découverte de la fuite.

16h30 : Longueuil publie un communiqué affirmant que, malgré l'incident, l'eau potable est propre à la consommation. «Rien ne permettait de penser qu'il y avait une contamination de l'eau potable», indique Jean-Pierre Richard, directeur du service du génie de Longueuil.

Jeudi 15 janvier

8h : La Ville de Longueuil reçoit des plaintes de citoyens au sujet du goût et de l'odeur de l'eau potable. Des employés se rendent à la station de pompage et ne constatent pas d'odeur.

10h30 : Les employés retournent au puits de pompage et observent alors des traces de diesel à la surface de l'eau dans l'une des deux cellules alimentant les pompes. Celles-ci sont aussitôt arrêtées et des opérations de nettoyage débutent. «De toute évidence, il y a eu une certaine contamination», admet Jean-Pierre Richard.

10h33 : Longueuil publie un avis de ne pas consommer l'eau potable.

16h : Début de la distribution d'eau à Longueuil, Boucherville et Saint-Bruno.

16h30 : La mairesse Caroline St-Hilaire indique que des analyses ont confirmé la présence d'hydrocarbures dans l'eau potable de Longueuil.

Mesures préventives à Varennes

Une contamination de l'eau potable de Montréal en raison du déversement survenu à Longueuil serait «physiquement impossible», les prises d'eau de la métropole se trouvant en amont du déversement, indique un porte-parole, Philippe Sabourin. La principale prise d'eau de Montréal se situe près des rapides du canal de Lachine, soit à plus de 15 kilomètres à l'ouest de la station de pompage où est survenu le déversement. Et comme l'eau du fleuve s'écoule vers le nord-est, une contamination est ainsi impossible.

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